‹ Vergniaud (volume 2)Chapitre 85 sur 86 · C. DUPATY (lie · texte numérisé non relu

C. DUPATY (lie

Statuaire,

Membre de rinsUlut Royal.

On se rappelle que la signature de la lettre de Vergniaud au Président du Paly, qui provient de la même source puisqu'elle nous a été communiquée par M. le général du Pal,y de Clam, petit-fils du Président, est aussi effacée.

Il est probable que semblable précaution avait été prise pour toutes les lettres de Vergniaud que la famille pouvait posséder. Nous répétons que, pour nous, c'est un indice du prix qu'on y attachait, sans quoi il eût été plus simple et moins dangereux de les détruire.

Nous avons peu de lettres de Vergniaud se rapportant à la fin de l'année 1784. Celle-ci doit se placer entre le n** 79 et le n° 80; elle est datée de Limoges, pendant les vacances qui précédaient le Jour de Tan et qui duraient de la fin de novembre aux Kois (p. 56 ci-dessus).

On voit par la lettre du 14 juin 1784 que la position de Vergniaud au barreau était encore fort précaire. Tout en donnant quelques paroles rassurantes à iM. Alluaud, il lui avoue qu'il a été forcé de contracter des dettes, qu'il est loin de pouvoir se suffire, et il ajoute : a II faut de la constance dans tous les états, mais je pense que c'est celui d'avocat où on en a le plus besoin. » Ces idées expliquent suffisamment le langage qu'il tenait à M. du Paty et le découragement qui lui faisait qualifier de folie son retour à Bordeaux.

Voltaire a publié en 1762, parmi les prétendus contes de Guillaume Vadé un de ses pseudonymes, un poème intitulé Macare et Théième, t. XIV, p. 65, de l'édition de Kehl, in-8<». C'est un de ces charmants bad mages à l'aide desquels Voltaire savait déguiser

des pensées philosophiques sous des rimes légères. La jeune Thélème (en grec, le Désir) cherche vainement de contrée en contrée son amant Macare (le Bonheur), et lorsqu'elle rentre fatiguée de ses longs voyages, elle trouve Macare qui l'attend chez elle.

Enfin Thélème au désespoir.

Lasse de chercher sans rien voir, Dans sa retraite alla se rendre.

Le premier objet qu'elle y vit Fut Macare auprès de sou lit.

Qui l'attendait pour la surprendre.

Vivez avec moi désormais.

Dit-il, dans une douce paix

Vergniaud fait allusion à ces personnifications allégoriques qui rappellent de loin Tisle des Macréons et l'Abbaye de Thélème de Rabelais.

Les remontrances dont il est parlé ensuite doivent être relatives à redit sur les Corvées. (F. ci-dessus, p. 98.)

Il y a dans la banlieue de Limoges un village de Poulouzat. M. Guibert, qui nous donne ce renseignement, dit aussi qu'une famille du Limousin portait ce nom au xvi® et xvii® siècle.

La fin de la lettre est remarquable par les sentiments que Vergniaud exprime envers M. du Paty et sa famille, en termes aussi affectueux que délicats.

Fragment des Mémoires de M. AUuaud.

(Tiré de la Notice de M. Dubédat. — Voyez ci-dessus, p. 93.)

Addition à la page 7.

« Nous étions habillés en sans-culottes : une ceinture nous

eignait le corps et un bonnet rouge nous couvrait la tète. C'est

dans ce costume que j'allai voir mon oncle avec le fidèle Cotlon.

Au besoin, je devais passer pour un parent du chef-infirmier de la prison, dont Vergniaud occupait l'appartement. En traversant le guichet de la prison, l'un des gardiens du greffe s'écria : a A la bonne heure ! Voilà un bon républicain ! » Enhardi par cette parole, Cotton répliqua : « C'est le neveu de Vergniaud, qui l'a mis au pensionnat de Léonard Bourdon, et qu'on accuse de manquer de civisme. » — « Tant mieux pour lui, dit un autre greffier. » Et je passai sans opposition.

Les pièces occupées par les Girondins étaient au premier étage de la première cour de la prison. J'arrivai aux appartements de l'infirmerie. A ce moment Vergniaud se faisait coiffer, et aussitôt qu'il m'aperçut il m'embrassa et me dit : « Eh bien! Francis, veut-on aussi me tuer à ta pension? » Quand sa toilette fut terminée, nous passâmes dans une pièce à côté, dont les murs étaient simplement blanchis à la chaux, et qui servait de salle à manger et de salon aux malheureux Girondins; la conversation des huit ou dix compagnons de Vergniaud roula sur les malheurs de la France et sur leur douloureuse destinée. Un dîner frugal fut servi à deux heures, et sur la fin du repas on apprit la condamnation du général Custine, et on disait : a Les services rendus à la patrie ne sont plus comptés; nous subirons le même sort (1). » L'un d'eux, en s'entretenant de Léonard Bourdon et de moi, dit à Vergniaud : « Votre beau-frère ne peut laisser là cet enfant. »

/ajournée s'avançait ; j'avais le cœur ulcéré de ce que j'avais vu et entendu. Mon oncle me donna congé et je l'embrassai pour la dernière fois.

Volume /, page 56, n" 33, et volume 11 ^ page 65.

L'abbé Morellet a publié un écrit sur l'affaire Durieux, intitulé : Mémoire des Députés de la ville de Tulle ^ relatif aux troubles du bas Limosin, 17U0, in-8°. Il en rend compte longuement dans

(1) La condamnation de Custine est du 27 août 1793, mais le jugemci.l ne fut rendu qu'à neuf hei:res du soir, aux flaniboaux, il ne put ('onc être connu que le lendemain 28, jour de l'exécution. {Voyez \c Compte rendu de dnme Guillotine, par Tisset, p. tfis.) Telle est la date de la visite faite à Vergniaud par son neveu.

ses Mémoires (vol. \, p. 383 à 388), parce que ce fut cette publication qui devint la cause de sa rupture avec M""' Helvétius, chez laquelle il demeurait depuis plus de trente années. L'abbé Morellet était lié avec FÉvêque de Chartres, dont le beau-frère, M. de Glairac, possédait une maison à Alassac, l'un des villages, théâtre de Tinsurrection. L^Évêque de Chartres avait pressé l'abbé Morellet de rédiger un mémoire au nom de certaines paroisses qui demandaient le rétablissement des Juridictions Prévôtales et la punition des coupables. « Un de ces misérables, dit l'abbé Morellet, appelé Durieux, habitant de la ville de Brives, était détenu

dans les prisons de Tulle Après avoir pris communication des

pièces authentiques, je fis le mémoire »

C'était bien l'affaire Durieux dans laquelle Vergniaud plaida. On comprend que ni la thèse, ni le langage du champion des Cours Prévôtales ne fussent du goût de la société de madame Helvétius, dont Cabanis faisait partie.

Nous avons cherché, mais en vain, ce mémoire à la Bibliothèque nationale; il n'existe pas dans ses collections, nous le regrettons ; il eût été curieux de voir Vergniaud et l'abbé Morellet se rencontrant sur le champ de bataille de la polémique et défendant deux thèses contraires.

P. 178. — Jean Devaines qui, après avoir été simple commis des finances, mourut Conseiller d'Élat et Membre de l'Institut, est encore un exemple de la sollicitude de Turgot pour ceux de ses administrés chez lesquels il avait reconnu des dispositions heureuses. C'est le troisième, à notre connaissance, avec Vergniaud et Cabanis.

Voici ce qu'en dit Parny, qui avait succédé à Devaines à l'Institut, et lui consacra, suivant l'usage, son discours de réception :

a La circonstance de sa vie qui a eu l'influence la plus heureuse sur sa destinée, c'est sa liaison avec Turgot, alors Intendant de Limoges. Devaines avait la direction des domaines de cette ville. Il vit Turgot, qui fut étonné de trouver dans un jeune homme beaucoup d'instruction, d'amour des lettres et une grande capacité dans les affaires. Une telle conformité de goûts ne pouvait manquer de les attacher l'un à l'autre, et celte union fut le

principe non-seulement de la fortune de Devaines, mais peut-être de la direction que prit son esprit.

c Turgot avait quelque chose de si profond dans les sentiments, de si imposant dans son caractère et de si réfléchi dans ses opinions, de si sincère dans son langage, qu'il était difficile de ne pas être entraîné jusqu'à un certain point dans le cercle de ses idées. Il aimait par dessus tout les sciences et la littérature ; de toutes les sciences, celle qu'il avait le plus cultivée, c'était l'économie politique. Devaines trouva dans l'habitude de vivre avec cet homme rare de nouveaux motifs de fortifier son goiit pour les lettres et une occasion d'acquérir des idées générales d'administration que n'avaient pu lui faire naître les détails des emplois subalternes. »

(Discours de M. le chevalier Parny à l'Institut, le 20 fév. 1804.)

P. i 6i . — Villiers rapporte un fait analogue, d'après un secrétaire de Robespierre, à propos de la motion de ce dernier sur le célibat des prêtres ; une avalanche de félicitations en prose et en vers en avait été la suite. Il dit, p. 5 :

« Je n'ai trouvé qu'un reçu de 271 livres 13 sous pour frais de port de lettres pendant un mois ; c'était celui des envois de remerciements. Alors les Députés étaient remboursés de leurs frais de poste sur l'exhibition des enveloppes , ils avaient aussi alors la franchise de contre-seing, dont ces messieurs usaient bien. »

TABLE ALPHABETIQUE

DU

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