DEUXIÈME PROPOSITION
La procédure d'Henriette Dutroy ne prouve rien contre le sieur Labeyrie; on dit plus, elle contient sa justification.
(Ici, une nouvelle subdivision en deux parties) : La plainte, l'information.
Article premier. — La plainte.
1" Fait.
2« Fait, etc.
Article deux. — L'information, l*» Procédure du sieur Labeyrie, etc.
Le mémoire se termine ainsi :
Varius, espagnol, accuse Scaurus; Scaurus, prince du Sénat, nie ; Romains, qui croirez-vous?
Tel fut le plaidoyer de Scaurus, et son accusateur fut obligé de se retirer couvert des huées du peuple. C'étoit donc tout à Rome que d'être homme de bien. Ne sera-ce rien en France, ajoute le savant auteur du Dictionnaire des Arrêts, qui rapporte cette anecdote au mot accusation. Sans doute, c'est beaucoup aussi, surtout dans des tribunaux qui rendent à la vérité le culte le plus constant.
Quoi, M. le Baron, on a déclaré calomnieuse l'accusation intentée contre vous ! On vous a relaxé de cette accusation ! Vous qui vous êtes servi de l'ascendant que vous aviez sur un homme lâche pour le faire coopérera la publicité de la honte de sa propre sœur! Il a fallu, en effet, pour vous complaire, que l'arrachant à l'asile secret qu'elle avoit choisi, il l'eut forcée de venir avouer publiquement au miUeu de ses concitoyens qu'elle étoit indigne de leur estime.
Vous êtes relaxé ! vous qui avez abusé de votre autorité pour traîner une fdle malheureuse devant un Juge qui répugnoit à son cœur et que la loi n'exigeoit pas qu'elle regardât comme le sien ! Vous qu'une foule de présomptions accusent d'avoir mis dans la bouche de cette fille égarée par vos promesses ou par vos menaces, lorsqu'elle fît sa déclaration, non pas le nom de l'amant auquel elle avoit sacrifié sa pudeur, mais celui de l'ennemi que vous méditiez de sacrifier à votre haine! Vous qui du moins avez voulu que dans cette maison où ont vécu avec tant d'honneur vos ancêtres, se fit cette déclaration infâme contre votre pasteur !...
Vous êtes relaxé!... mais nous n'avons pas parlé des menaces que vous avez faites aux témoins qui ont déposé.
Vous êtes relaxé î mais vous êtes-vons lavé des dépositions du S6^ et du 77^ témoin. Ils vous accusent d'avoir fait servir Henriette à vos plaisirs, avant de la faire servir à vos vengeances, de vous être introduit chez elle la nuit en prêtre, et d'avoir pris la précaution de faire trouver là des gens pour leur faire croire que c'étoit l'abbé Labeyrie.
Yous êtes relaxé ! mais vous êtes donc dispensé de respecter le sacerdoce. 11 vous est donc peraais de fouler aux pieds la Religion et d'outrager ses ministres. Car ici ce ne sont plus des présomptions, mais des preuves plus claires que le jour qui militent contre vous. Le titre de Seigneur de paroisse ne sera donc plus qu'un titre de tyrannie? La qualité de gentilhomme, un titre dont celui qui en sera revêtu, pourra perdre le souvenir, mais que ses Juges en prononçant sur sa tête seront obligés de respecter. Non, l'on ne connoît pas les acceptions de personne dans le sanctuaire des lois. Non, le corps de la noblesse lui-même, dont vous vous flattez d'être un membre distingué, n'a jamais réclamé une telle faveur.
... Aussi le Prince fameux qui gouverna la France pendant la minorité de Louis XV, répondit-il à ceux qui lui demandoient la grâce du comte de Hoorn, son parent, mais coupable d'assassinat. « Quand j'ai du mauvais sang, je le fais tirer »
M. l'abbé de Malromé, Rapporteur. — M. Vergniaud, Avocat. — M. Faures Vieux, Procureur i.
Vergniaud a dit :
c( M. Dupaty, M. le président de Verthamont, et quelques autres personnes à qui je l'ai communiqué, ont
1 Ce mémoire a 152 pages in-4o.
trouvé le nouveau mémoire beaucoup mieux fait que celui de Marie Bérigaud. (Lettre du 12 septembre, n° GO.) » — On y retrouve en elFet l'ampleur qui constitue la grande manière de Yergniaud : Nous avons transcrit notamment un exemple de l'une des figures qu'il aiïectionna toujours : la répétition, — Quoi! M, le baron, vous êtes relaxé^ etc., etc.