‹ VergniaudChapitre 11 sur 113 · GRIEFS CONTRE LA SENTENCE DU SENECUAL DE SAINT-SEVER · texte numérisé non relu

GRIEFS CONTRE LA SENTENCE DU SENECUAL DE SAINT-SEVER

Des marchands furent chassés du temple comme l'ayant profané par le simple étalage des objets de leur commerce, et des calomniateurs s'avanceront hardiment jusque dans le sanctuaire, et leurs bouches vomiront avec l'assurance de l'impunité mille impostures contre le pontife, et une fille sans mœurs pourra, sans aucune crainte, élever sa voix contre son pasteur et lui dire :

« La religion vous a imprimé le caractère le plus auguste : Vous étiez chargé de m'enseigner ses vérités sublimes, de pénétrer mon âme de sa morale : elle m'avoit fait un devoir de vous écouter avec respect, avec confiance, de pratiquer vos leçons, de suivre vos exemples. Mais trahissant votre ministère, abusant de ma simplicité pour égarer ma jeunesse, vous avez allumé dans mon cœur une flamme impure ; vous ne l'avez nourrie que des délices d'une volupté criminelle. Aucun lieu, ni les champs, ni les jardins, ni les profondeurs solitaires des bois, ni l'asile de la maison paternelle, ni

les cérémonies sacrées de la religion, n'ont pu me dérober à vos recherches, à vos provocations. »

Et cette fille toujours plus audacieuse, achevant d'abjurer toute pudeur dans sa conduite comme dans ses propos, dénoncera ce curé malheureux à ses concitoyens, en s'écriant : méprisez-le, c'est un vil corrupteur ! Tous les amis de la vertu s'indigneront ; tous les sectateurs du vice se réjouiront de voir le plus saint des ministres souillé par la plus noire des passions ; le scandale sera à son comble.

Cependant cet homme faussement accusé se verra dépouiller de tous ses biens ; cet homme faussement accusé s'en ira volontairement dans les cachots, confondu avec de vils scélérats, mêler les soupirs de l'innocence opprimée aux gémissements de leurs consciences bourrelées par le remords.

Il est vrai qu'il compte sur la protection des lois

DISCUSSION

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