‹ VergniaudChapitre 31 sur 113 · SCRUTIN · texte numérisé non relu

SCRUTIN

M. Vergniaut, 271 voix.

M. Vaublanc, 169 voix.

M. Vergniaud est élu Vice-Président de l'Assemblée*. Archives nat., C. I, carton 5, pièce 106. Notes et minutes pour la rédaction du procès-verbal de l'Assemblée législative.

22 Octobre, séance du matin. — On s'est retiré dans les bureaux pour procéder à la formation du Comité Colonial. Vergniaux est élu par la presque unanimité des voix. Il obtient 418 sull'rages ; celui qui vient après lui n'en réunit que 324 et le dernier 74 (C. I, 474). — (Procès-verbal imprimé, p. 237).

* Lettre à son beau-frère du 18 octobre 1701 : « Je viens de recevoir un témoignage de la bienveillance de l'Assemblée. J'ai été nommé Vice-Président. Je serois plus flatté de mon élévation, si j'avois fait quelque chose pour la mériter, mais je sais que je ne la dois qu'à une espèce de hasard qui dirige les élections tant qu'on ne se connolt pas. »

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Cet accord pour porter Vergniaud au Comité Colonial, ferait penser qu'il avait en ces matières une compétence notoire, due à la haute position qu'il occupait au barreau d'une ville connue par ses nombreux rapports avec les colonies.

Nota. — Le 1" article du Règlement portait qu'un membre de l'Assemblée ne pourrait être membre de deux comités à la fois.

D'après l'article 17, le Comité colonial devait se composer de douze membres et être élu pour six mois.

30 Octobre. — Le résultat du scrutin pour la nomination d'un Président a été en faveur de M. Yergniaud, du département de la Gironde. M. du Castell'a proclamé et lui a cédé le fauteuil.

Pendant ce premier mois, consacré naturellement aux travaux préparatoires d'une Assemblée qui s'installe, Vergniaud avait pris la parole sixfois^ fait partie de deux commissions (nous ne disons pas comités) et rempli d'une manière active les fonctions de vice-président (F. une allocution adressée par lui en réponse à une députation, séance du 19 octobre) ; il avait en outre prononcé son grand discours sur les Emigrations (F. les n" 299 et 300 du Moniteur de 1791), et présenté un projet de décret en onze articles ; discours et projet dont l'Assemblée vota l'impression ^

1 II dit lui-même le 18 septembre 1791 : « Nous n'avons encore rien fait, mais je pense qu'avant la fin de la semaine, l'Assemblée aura pris l'aplomb convenable et qu'elle se montrera digne des fonctions qui lui sont confiées (p. 107). »

Et le 28 novembre, il écrit en effet : « Pendant ma présidence, je n'avois pas un instant à moi. L'Assemblée prend de l'aplomb; il y a des talents, mais il y a trop de bavards (p. 106). »

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Cela n'a pas empêché qu'un de ses biographes ne l'accusât de nonchalance et de torpeur pour avoir gardé le silence pendant ce mois. Les membres de l'Assemblée en jugèrent autrement, puisqu'ils le nommèrent Président.

Aux termes du Règlement, article 2 {Moiiiteur du 12 octobre 1791), la présidence ne durait que quinze jours. Cependant il paraît que les fonctions en étaient très fatigantes, car Vergniaud, malgré sa vigueur, ne put aller jusqu'au bout. C'est ce qui résulte d'une lettre inédite fort curieuse, que nous devons à l'obligeance de M. Farine, Conseiller à la Cour de Bordeaux. Nous réitérons ici les remerciements que nous lui devons pour le concours éclairé et bienveillant qu'il a apporté à toutes ces recherches.

Cette lettre était probablement adressée aux administrateurs municipaux. Elle est conservée dans les archives de l'Hôtel-de- Ville de Bordeaux.

Messieurs

M. Guilhet, à qui vous aviez accordé votre confiance pour les affaires que vous aviez à Paris, vient de mourir. On m'a prié de réclamer votre clientelle en faveur de M. Gochin. On m'a vanté son civisme et personne ne doute de ses talents (sic). Je dois à la vérité de vous dire que je ne le connois pas personnellement; c'est l'amitié qui me l'a recommandé, et s'il y avoit quelque indiscrétion dans ma démarche, j'espère que vous me la pardonneriez au sentiment qui me fait agir.

J'ai l'honneur d'être, avec respect, Messieurs, votre très humble et obéissant serviteur,

Paris, ce 14 novembre 1791.

P, S. — Il m'a été impossible de fournir en entier ma

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carrière de Président. Mes forces n'ont pu me conduire que jusqu'à jeudi dernier inclusivement. Je présidois {sic) un instant samedi; j'en ai fait autant ce matin pour proclamer mon successeur, c'est M. Vaublanc.

6 Février 1792. — Vergniaud est élu membre de la Commission centrale (Procès-verbal imprimé, p. 71).

2 Mars 1702. — Il est nommé suppléant à la Commission du Comité diplomatique (Archives nationales, C. I,

7 Avril 1792. — Sorti par le sort de la Commission des Douze (Procès-verbal imprimé, p. 118).

Vergniaud ne prit jamais la parole dans la Société des Jacobins, du moins si l'on en juge par le journal qui rendait compte des séances de cette Société. Cependant il fut nommé Président et en remplit les fonctions du 2 au 17 avril 1792. C'est en cette qualité qu'il eut occasion de prononcer quelques paroles lors de la fête des Suisses de Château-V;eux.

(V. Journal des Débats et de la Correspondance des Amis de la Constitution séante aux Jacobins, à Paris, 11 avril 1792, n° 17S).

Le 9 avril, une députation de la Société de Versailles ^ qui précède les soldats de Château-Vieux, est introduite au milieu des plus vives acclamations. Elle

i Les soldats de Château- Vieux avaient été envoyés au bagne de Brest. Lorsqu'ils furent mis en liberté par suite de l'amnistie qui accompagna la proclamation de la Constitution de 1791, ils reçurent sur leur passage, à travers la Bretagne et la Normandie, des ovations patriotiques, préludts de la grande fête qui devait être célébrée à Paris. Versailles, la dernière ville de leur itinéraire, se

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annonce leur arrivée prochaine. Goujon, président de cette Société, monte à la tribune et prononce un discours.

M. le Prcstdeni i^W'igiiiaux) {sic). — Frèros et Amis, nous l'avons pensé comme vous, c'est un grand jour pour l'humanité et la liberté; aussi tous les amis de la liberté se sontils empressés de se porter dans cette enceinte pour le fêter; votre cœur vous y conduit, le nôtre vous y accueille.

Bientôt les soldats Suisses entrent dans l'Assemblée, conduits par deux députés extraordinaires de la ville de Brest, les citoyens Babit et Vignon.

M. Babil. — Citoyens, nous venons remplir nos vœux et les vôtres; nous vous présentons, de la part de la ville de Brest, les généreux soldats de Château-Yicux, etc.

M. le Président (Vergniaux). — Citoyens, vous dites que vous avez souffert; recevez l'hommage de notie reconnaissance. Recevez des Amis de la liberté toutes leurs acclamations, comme le symbole de l'amour que nous vous jurons aujourd'hui. Nous possédons Château-Vieux dans notre sein. Partagez notre allégresse et ajoutez par votre présence à la pompe de la fête.

Ici CoUot d'IIerbois monte à la tribune et signale la conduite honorable du citoyen Vignon, second député de Brest, qui a prodigué des secours aux soldats prisonniers pendant leur captivité : >

Sans vous, lui dit-il, la plus grande partie d'entre eux n'existeroient plus. Grâces soient donc rendues à ce citoyen. — Oui, oui, oui. (Grands applaudissements.)

distingua par une réception enthousiaste oh l'on vit figurer Tallicn, Goujon, Tissot, M"« Terwapne de Marcourt (dite Th<^roipne de Mt'*ricourt) et l'inévitiible patriote Pîillo\ , avec sa pi<'rre de la Bastille, sur laquelle un brisa les fers portés au bague |)ar les quarante soldats suisses.

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M. Vignon. — Nous naissons avec des devoirs sacrés à remplir... Soulager l'humanité souffrante est le premier; si j'ai pu y contribuer, je suis fort heureux.

M, le Président (Vergniaud). — Frère et ami, je ne vous répondrai pas, car il faudrait peindre le sentiment dont nous pénètre votre vertu. Ce sentiment seroit trop faible, s'il était possible de l'exprimer.

On demande que M. le Président embrasse au nom de la Société MM. Rabit et Vignon. Ces trois citoyens se donnent l'accolade civique au milieu des acclamations de tous les spectateurs .

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