‹ VergniaudChapitre 69 sur 113 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Pour l'intelligence et Tusage du travail de restitution qui va suivre.

Le premier titre est la traduction des renvois faits par Vergniaud, et consistant en lettres majuscules et chiffres arabes accolés.

Les lignes en caractères italiques sont la reproduction littérale du passage de Yergniaud, contenant le renvoi à chercher.

Sous la seconde rubrique, intitulée : Pièce justificative, est rapporté le document trouvé répondant à l'indication du renvoi.

Cote A, pièce i. — § 2. Fédéralisme.

Sur les calomnies, voyez la pétition de la section des Quinze- Vingts contre la Commune, (Texte de Vergniaud.)

Vergniaud a consacré une page spéciale à la réfutation des calomnies qu'on lui imputait d'avoir prononcées contre Paris. Voyez p. 266. On y trouve l'analyse des pièces citées. La pétition de la Section des Quinze- Vingts, les discours de Barere, de Cambon. Nous y renvoyons, même p. 266.

Cote A, pièces 5, 6.

Dumouriez» — Sa réception aux Jacobins. — Discours de Collot d'Herbois. A. 5, 6. (Texte de Vergniaud.)

riÈCE JUSTIFICATIVE.

Moniteur du 17 octobre 1702, n"291, p. 223. Collot d'IIerbois monte à la tribune cl obtient la parole.

274 DÉFEiXSE DE VERGNIAUD.

Ce n'est pas un Roi qui t'a nommé, Dumouriez,

ce sont tes concitoyens : souviens-toi qu'un général de la République ne doit jamais transiger ave€les tyrans... Tu as des ennemis, Dumouriez. C'est pourquoi tu seras calomnié.

A Bruxelles, la liberté va renaître sous tes auspices : un peuple entier va se livrer à l'allégresse : tu rendras les enfants à leurs pères, les épouses à leurs époux ; le spectacle de leur bonheur te délassera de tes travaux. Enfants, citoyens, filles, femmes, tous se presseront autour de toi ; tous t'embrasseront comme leur père... De quelle félicité tu vas jouir, Dumouriez !... Ma femme..., elle est de Bruxelles, elle t'embrassera aussi.

« Ce discours a été souvent interrompu par de vifs applaudissements.

« On voit que la flatterie n'a point déshonoré cette visite fraternelle. C'est ainsi que chez un peuple républicain, une reconnaissance raisonnée accorde des hommages sévères au mérite et peut encourager les citoyens qui ont bien servi leur pays.»

Cote A, pièce 9.

La discussion entre la Municipalité et le Conseil qui s'accusent réciproquement, A. 9. (Texte de Vergniaud.)

Voyez ci-dessus, p. 266, et ci-dessous, p. 308.

Cote B, pièce 2.

J'ai voté pour la peine de mort contre ceux qui proposeraient la Royauté. Qui s'y opposa? Bâtir e. B. 2. (Texte de Vergniaud.)

Séance du lundi 3 décembre 1792. {Moniteur du 6, n° 341) :

Buzot demande qu'il soit décrété que quiconque proposerait ou tenterait d'élablir la royauté en France, soit puni de mort... L'Assemblée entière se lève en signe d'adhésion à la proposition de Buzot. — Bazire demande à la combattre. — (Aux voix, aux voix, s'écrie-t-on de toutes parts.) // insisle. (Les murmures s'élèvent et couvrent sa voix.)

Buzot complète sa proposition. Phélippeaux demande qu'on l'écarté et qu'on juge Louis XVI sans désemparer.

Bazire, — La proposition de Phélippeaux est la seule qui puisse être adoptée : celle de Buzot, au contraire, porterait atteinte à la liberté de la sanction que le Peuple est appelé à donner à la Constitution (Murmures). Est-ce en vous levant tumultueusement et en levant vos chapeaux que vous devez décréter la peine de mort?

Chabot appuie la motion de Buzot et celle de Phélippeaux conjointement.

Bazire, — Ne dirait-on pas que votre République n'est établie que par la force d'une faction?... Elle ne reposerait alors que sur une loi de sang et non pas sur le vœu libre du peuple.

Cote B, pièce 4. — § 3. Guerre civile.

J'ai fait décréter que les noim des perturbateurs seront en voyés aux départements, B. 4. (Texte de Vergniaud.)

Voyez séance de la Convention du 27 décembre 1792, Moniteur du 20, p. 86 :

Verr/niaud, — Je dfîinandi' qu'à l'avenir les décrets de ce genre (Censure d'un des membres de l'Assemblée)^ qui pourront être prononcés contre ceux qui troubleront les séances soient envoyés dans les départements afin qu'ils connaissent les noms di*s factieux et des calomniateurs.

On lit encore, sous le même paragraphe, ces mots

écrits en marge : Egards pour les Tribunes, B. 4*. La lettre et le chiffre de renvoi sont les mêmes que pour le passage ci-dessus. En effet, c'est aussi dans la même séance du 27 décembre que Vergniaud disait, en réponse à Buzot, demandant qu'il fût dressé procèsverbal de la séance du jour et de celle de la veille, contre la partie tumultueuse des tribunes :

Quant aux tribunes, vous ne pouvez pas avoir deux poids et deux mesures; vous ne pouvez agir envers elles avec plus de rigueur qu'envers Bentabolle ; vous ne pouvez leur infliger une peine qui ne soit pas prononcée d'avance, une peine même qui serait trop grave, puisqu'elles n'ont été entraînées que par la provocation d'un de vos membres.

Cote C, pièce 1.

Discours de Danton en faveur de Dumouriez, G. i, C. 4, D. 3.

(Texte de Vergniaud.)

Cette triple indication montre que Vergniaud voulait citer trois discours de Danton, et tel est effectivement le nombre de ceux qu'il a consacrés à Dumouriez; Tun aux Jacobins, les deux autres à la Convention. Nous les réunissons ici, quoiqu'ils dussent se trouver dans des cotes distinctes.

Séance des Amis de la Liberté et de l'Égalité, t. XIV, p. 223; Moniteur, n° du mercredi 17 octobre 1792.

1 Voilà ce qui explique le mot « égards pour les tribunes. » Bentabolle avait été dénoncé par Legendre, comme ayant donné aux tribunes le signal des applaudissements, et ce, après la défense du Président. Les uns proposaient de l'envoyer à TAbbaye, les autres de prononcer la censure avec circulaire aux départements. Un membre avait fait observer que cette mesure ne pouvait atteindre rétroactivement Bentabolle. C'est ce qu'avait reconnu Vergniaud, en ajoutant que par la même raison cette observation devait proflter aux tribunes, contre lesquelles il ne fallait pas dresser de procès -verbal pour cette fois.

Danton, président, à Dumouriez :

Lorsque Lafayette, lorsque cet eunuque de la Révolution prit la fuite, vous servîtes déjà bien la République en ne désespérant pas de son salut ; vous ralliâtes nos frères ; vous avez depuis conservé avec habileté cette station qui a ruiné l'ennemi et vous avez bien mérité de votre patrie. Une plus belle carrière encore vous est ouverte : que la pique du peuple brise le sceptre des Rois et que les couronnes tombent devant ce bonnet rouge dont la société vous a honoré; revenez ensuite vivre parmi nous et votre nom figurera dans les plus belles pages de notre histoire.

Cote D, pièce 4.

Moniteur du 10 mars, n° 69, séance du 8 mars, p. 654.

Danton. — Qu'une armée donne la main à Dumouriez et les ennemis seront dispersés. Dumouriez réunit au génie de général Tart d'échauffer et d'encourager le soldat. Nous avons entendu l'armée battue le demander à grands cris. L'histoire jugera ses talents, ses passions et ses vices; mais ce qui est certain, c'est qu'il est intéressé à la splendeur de la République. S'il est secondé, si une armée lui prête la main, il saura faire repentir nos ennemis de leurs premiers succès.

Cote C, pièce 4.

Séance du 10 mars, n** 72 du Moniteur, Après réchec d'Aix-la-Chapelle, Danton défend Dumouriez :

Dumouriez avait conçu un plan qui honore son génie. Je dois lui rendre même une justice bien plus éclatante que celle que je lui rendis dernièrement. Il y a trois mois qu'il a annoncé au Pouvoir exécutif, h votre Comité de Dé-

fense générale, que si nous n'avions pas assez d'audace pour envahir la Hollande au milieu de l'hiver, pour déclarer sur-le-champ la guerre à l'Angleterre, nous doublerions les difficultés de la campagne en laissant aux forces ennemies le temps de se déployer. Puisque l'on a méconnu ce trait de génie, il faut réparer nos fautes.

Dumouriez ne s'est pas découragé ; il est au milieu de la Hollande ; il y trouvera des munitions pour renverser tous nos ennemis, il ne lui faut que des Français et la France est remplie de citoyens, etc.

Cette pièce est citée deux fois par Vergniaud : sous le titre Dumouriez, p. 255, et sous la rubrique Guerre avec toute l'Europe, p. 261, toujours avec l'indication C. 4.

Cote C, pièce 3.

Discours de Robespierre sur Dumouriez. C. 3. (Texte de Vergniaud.)

Séance du 18 mars, Moniteur du 12 mars, n'' 71 :

Dumouriez n'a eu jusqu'ici que des succès brillants et qui ne me sont pas à moi une caution suffisante pour prononcer sur lui. Mais j'ai confiance en lui parce que son intérêt personnel, l'intérêt de sa gloire même, est attaché au succès de nos armes, etc. (p. 674).

Ce discours de Robespierre est encore cité avec l'indication C. 3, à propos de Dumouriez, sous le paragraphe intitulé : Guerre avec toute l'Europe. Voy. infrà, p. 261, l'^'^ colonne.

Discours de Lacroix sur le même.

Séance du lundi 11 mars, Moniteur du 14 mars :

Je ne suis pas monté à la tribune pour défendre Dumouriez, il n'en a pas besoin. La Répubhque saura un jour combien d'obligation elle lui a. Cette calomnie ne fera qu'y ajouter.

Le président de la Section Poissonnière demande le décret d'accusation contre Duraouriez, parce que l'avant-garde de l'armée de Belgique a été forcée, mais il devrait savoir que Dumouriez ne commande plus cette armée et qu'il est à la tête de celle qui est occupée <à l'expédition de Hollande; ainsi, citoyens, c'était à l'instant où Dumouriez ajoutait à ses conquêtes, où il rendait des hommes h la liberté, à l'éclat ; à l'instant où il prenait Bréda et Gertruydenberg, qu'on demandait contre lui un décret d'accusation, parce que des officiers à cinquante lieues de là, dans une autre armée, laissaient forcer l'avant-garde par l'infériorité du nombre ou par trahison. Il faut être bien haineux, bien calomniateur.

Plusieurs membres. — Dites bien scélérat, etc.

Cote C, pièce 5.

Discours de Marat sur le même. C. 5. (Texte de Vergniaud.)

Séance du 12 mars, Moniteur du 15 mars, n° 74.

Marat. — J'ai à vous dévoiler des complots horribles. Quellesques aient été les liaisons politiques de Dumouriez, quellesques aient été ses relations avec la Cour, je le crois lié au Salut public depuis le 10 août et particulièrement depuis que la tête du tyran est tombée sous le glaive de la Loi. 11 y est lié par le succès de ses armes et c'est moi qui parais à cette tribune pour combattre la motion insensée ou m'é- Icver contre la proposition profondément perfide du décret d'accusation contre ce Général. Si cette proposition était adoptée, ce serait ouvrir la France aux ennemis de la République.

Cote C, pièce 5.

Affaire du iO mars, — Motion par quelques individus, dans quelques Sections, d'égorger une partie de la Convention. — Fait avoué par Marat. C. 5. — Par Barrerre, id, — Tous 1rs deux disent que le projet de nous égorger tient à celui de dissoudre la Convention, (Texte de Vergniaud.)

Séance de la Convention du 12 mars, Moniteur du 15 mars, p. 693-694.

Marat. — H y a quelques jours que des suppôts de

l'ancienne police, aux ordres sans doute des agents ministériels et des députés contre-révolutionnaires, excitaient le peuple à l'assassinat.

Je demande que le pétitionnaire lise l'article de sa pétition où l'on demande les têtes de Gensonné, de Vergniaud et de Guadet : crime atroce qui tend à la dissolution de la Convention et à la perte de la patrie. (Applaudissements unanimes.) Moi même, je me suis élevé dans les groupes contre ces assassins; je me suis rendu à la Société populaire des Cordeliers; j'y ai prêché la paix et j'ai confondu les orateurs soudoyés par l'aristocratie.

Marat a reproduit lui-même son discours dans son numéro du 15 mars et le compte-rendu qu'il en donne se rapproche bien plus que celui du Moniteur de la citation de Vergniaud.

Il dit :

Ce complot, ourdi dans les conciliabules nocturnes des ennemis de la liberté, a éclatté il y a quelque temps par des troubles au sujet de la disette des grains, par des attroupemens et des excès au sujet de la cherté excessive des denrées de première nécessité. Aujourd'hui, il éclatte par des simptômes plus allarmans ; des commissaires soudoyés parcourent les Sections, les Sociétés patriotiques et se mêlent dans les grouppes des bons citoyens pour les pousser à des violences contre les Députés du peuple, quelques coupables qu'ils soient, tout attentat, toute voie de fait contr'eux seroit un crime, etc. etc., qui tendroit à dissoudre la Convention et à perdre la République. (Le Publiciste de la République Française ou Observations aux Français, par Marat, l'Ami du PEUPLE, Député à la Convention Nationale, n*^ 545, p. 4; — c'était le titre que Marat donnait alors à son journal.

Cote C, pièce 6.

Adresse des Sections de Marseille, dans la séance du 21 mars, C. G. (Texte de Vergniaud.)

Page 1