‹ VergniaudChapitre 72 sur 113 · MUNICIPALITÉ DE PARIS · texte numérisé non relu

MUNICIPALITÉ DE PARIS

Citoyens, on veut à quelque prix que ce soit semer la division parmi vous et allumer le flambeau de la guerre civile. On cherche à vous agiter, à vous porter à des mouvements désordonnés, pour avoir le prétexte de vous calomnier et l'occasion de verser le sang. Nous sommes instruits que des hommes affreux préparent cette pétition incendiaire; qu'ils la colportent, qu'ils ont même forcé un citoyen d'y apposer sa signature, et que ce citoyen, pour se soustraire à leur persécution, a donné un nom emprunté.

Certes, vous avez en horreur de pareils excès ! Dénoncez les coupables auteurs de ces sanglantes manœuvres, livrez-

les vous même entre les mains de vos magistrats. 11 est bien important de connaître enfin les véritables instigateurs de toutes ces perfidies.

Citoyens, vos magistrats vous recommandent la paix, l'union et la fraternité !

Les Administrateurs au Département de Police, Perron, Viguier, Sergent, Panis.

C'est ce qu'on appelle VAvis de Panis et Sergent. La Table du Moniteur dit : « Panis, avocat, Membre de la Commune de Paris, publie un avis sur les instigateurs d'un mouvement contre le château. »

Cote D, pièce 4.

Voir ci-dessus, cote C, où nous avons transcrit cette pièce, pour la réunir à deux autres discours de Danton sur Dumouriez.

Cote D, pièce 7.

Lacroix demande qu'il (Marat) aille à V abbaye» — Sa lettre. D, 7. (Texte de Yergniaud.)

Séance du 13 avril, Moniteur du IG, p. 140.

Lacroix, — Je demande que Marat soit mis sur-le-cbamp en état d'arrestation et que le Comité soit chargé de faire un rrpport demain sur le décret d'accusation.

L'Assemblée adopte la proposition de Lacroix.

Plusieurs membres de l'extrémité demandent qu'il

soit mis en état d'arrestation chez lui. — D'autres demandent que ce soit à l'Abbaye.

Lacroix. — Je déclare que mon intention a été que Marat fût mis à l'Abbaye.

L'Assemblée décrète que Marat sera mis en état d'arrestation à l'Abbaye et que demain le Comité de Législation fera un rapport sur le décret d'accusation. (Murmures violents et prolongés dans les tribunes.)

Même numéro du Moniteur^ p. 143. Voir la lettre de Marat à la Convention, lue par Boyer Fonfrède ; elle commence ainsi :

« Citoyens Représentans, il est des faits qu'on ne peut remettre trop souvent sous les yeux du Peuple. Or, il est notoire que le traître Dumouriez, etc., a pour complices, au sein même de la Convention, les meneurs et les suppôts de la faction des hommes d'Etat, etc.

Il termine en disant : « Avant d'appartenir à la nation, j'appartenais à la patrie : je me dois au Peuple, dont je suis l'œil; je vais donc me mettre à couvert des attentats des scélérats soudoyés pour pouvoir continuer à démasquer les traîtres et à déjouer leurs complots, jusqu'à ce que la nation ait connu leurs trames perfides et en ait fait justice. »

Cote D, pièce 9.

Sur les subsistances. D. 9. (Texte de Vergniaud.)

Yergniaud a prononcé plusieurs discours sur les subsistances.

Yoir séance du 18 avril il9^^Moniteur du 20, p. 172.

Une députation du département de Paris est admise à la barre, le Président en tête, et demande :

1"^ La fixation du maximum du prix du blé dans toute la République.

2^ L'anéantissement du commerce des grains.

3° La suppression de tout intermédiaire entre le cultivateur et le consommateur.

A^ Et un recensement de tout le blé après chaque récolte.

Vergniaiid, — Après quelques paroles flatteuses pour les

pétitionnaires Ce n'est pas seulement le commerce que

l'on ruinerait par une semblable mesure, mais l'agriculture

et les citoyens Car si vous forcez le cultivateur à quitter

sa charrue pour porter des grains à quinze ou vingt lieues, (Interruptions.) il ne pourra pas cultiver la terre (Murmures.) Si on adopte la proposition, on affamera Paris. En effet, si tous les départements ne sont pas également productibles de grains, il faudra bien que ragriculteur des autres départements leur en porte, le voilà obligé de faire des quinze, vingt et trente lieues. On pourra dire à cela que le consommateur qui en aura besoin ira le chercher! Ce consommateur abandonnera donc sa famille, son état. (Mêmes murmures.) Je dis avec douleur, mais avec vérité, qu'il n'y a que la malveillance ou l'ignorance qui puissent nier mes assertions, etc

Je viens à ce qui concerne Paris. Les communes qui l'environnent ne produisent pas assez de grain pour sa consommation, il faut le tirer des départements de l'ancienne Picardie, etc., etc... Or, sera-ce le consommateur qui l'ira chercher? Non. Sera-ce le cultivateur qui l'apportera? Non. Si vous détruisez le commerce, vous décrétez denc la famine. (On applaudit.) Je demande le renvoi au Comité d'Agriculture...

Ainsi Verp^niaiid s'était opposé à la mesure désastreuse du maximum qui n'était qu'un des abus renouvelés de l'ancien régime. Tous les pays, entourant la Cour, à une distance d'un certain nombre de lieues, étaient obligés de vendre leurs denrées à un tarif déterminés pour approvisionner les gens du Roi. {V. l'Appendice.)

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