‹ VergniaudChapitre 74 sur 113 · DUMOURIEZ · texte numérisé non relu

DUMOURIEZ

Cet ordre avait été donné par Dumouriez, en réponse à une proclamation de Chaussard, qui cassait l'administration et la municipalité d'Anvers, conformément à l'autorisation expresse de Camus et ïreiihard, commissaires de la Convention. [Voy. même ouvrage, p. 147- 149-151 1.)

Bouillant d'indignation (au reçu de cette pièce), continue Chaussard, je me rends chez Marassé où dînait Dumouriez, et nous avons, en présence de vingt personnes, la conversation suivante : c'était dans la journée du 10 mars; je prie qu'on se rappelle cette époque. (P. 152.)

Publicola-Chaussard (lui présentant sa lettre). — Cet écrit est-il de vous, général ?

Dumouriez {ayec aigreur). — Oui, Monsieur , je

vous engage à vous y conformer.

dès l'origine que ce n'était point les défauts de la Constitution de 1794 que nous voulions défendre, mais ses principes. Notre but n'a jamais été de la défendre contre le vœu du Peuple, mais contre la cour et contre les ennemis de la Liberté qui vouloient la détruire et la détériorer. Nous continuerons cet ouvrage sous un titre plus analogue aux conjonctures oîi nous sommes. »

^ II la remplaçait par une commission de dix membres, mettait en état d'arrestation les anciens administrateurs suspects et les retenait en qualité d'otages, rendait aux pauvres les effets de première nécessité engagés aux Lombards, etc.

Publicola-Chausmrd, — Citoyen, car il n'y a pas d'autres titres dans une République, lorsqu'un agent de l'autorité militaire se permet d'écrire ainsi à un agent de l'autorité civile, malheur alors à la République, ou plutôt malheur à luimême.

Dumouriez. — Vous aurez la bonté de vous conformer à Tordre que j'ai donné.

Piiblicola-Chaussard, — Un ordre ! Sachez qu'il

ne vous appartient d'en donner qu'à ceux que les fonctions

militaires placent sous votre commandement, sachez

Sachez surtout que vous ne devez point parler en vizir h un citoyen français.

Dumouriez. — Je ne suis point un vizir Je vous

déclare que je suis ici le premier de tous les agents du Pouvoir exécutif ; et que si cela est nécessaire, je prendrai la dictature de toute la Belgique.

La conversation se prolonge. Chaussard fait observer à Dumouriez qu'en prenant la Dictature il assume une somme immense de responsabilité. Dumouriez répond qu'il Taccepte et sauvera la Belgique.

Chaussard termine ainsi :

Je retourne à Bruxelles, j'y retourne avec les Députés Merlin et Gossuin ; je leur observe que Dumouriez est capable

de les faire arrêter eux-mêmes Je pars de suite pour

Paris, je rends compte des faits au Ministre et à plusieurs Membres du Comité de Sûreté générale.

Danton et Lacroix retournèrent dans la Belgique ; les trois commissaires du Conseil partirent. La suite est connue.

Dénonciation par Camille Desmoulins des dîners de DU Ion,

Camille avait été l'hôte des dîners aristocratiques de

Dillon. Prudhomme le lui reprocha dans ses Révolutions de Paris :

« Qu'eût dit le brave Santerre, s'il eût assisté au repas du général Dillon ? Il y avait trente de nos législateurs républicains, dont plusieurs de la Montagne, Bazire, Chabot, Fabre d'Eglantine, Merlin, Camille Desmoulins avec sa charmante femme I Ce n'était point un banquet de Spartiates. » (Galerie de la Révolution, Revue du XIX' Siècle, 1" juin 1867.)

Moniteur du 3 avril 1793. V. ci-dessus, p. 256 et282.

Danton, — J'adjure tous mes collègues, qui étaient présents à cette séance (du Comité de défense). J'ai dit que Dumouriez regarde la Convention comme un composé de trois cents hommes stupides et de quatre cents scélérats.

Texte de Vergniaud : Sur la Vendée, voyez p. 34 du Rapport. (P. 256 ci-dessus.)

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