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Vergniaud, le drame des Girondins

LA vie privée de Vergniaud est peu et mal connue : sa vie publique reste encore en proie à des opinions passionnément contradictoires et singulièrement déformantes. Apporter, avec des vérités sur celle-ci, des clartés sur celle-là, tel était notre premier devoir de biographe.

Il nous a été facilité par ces précieuses Recherches sur les Girondins où l'exact Vatel a entassé les matériaux qu'il destinait modestement à être mis en œuvre par d'autres. Tout en les triant et façonnant^ nous y avons ajouté quelques pièces inédites qui étaient nécessaires à notre dessein et qui avaient échappé à son zèle.

Pour interpréter ces documents dans le sens de la vérité vivante, une certaine expérience des assemblées délibérantes et de la tribune politique n'était pas de trop. La nôtre nous aura-t-elle donné V intuition de la réalité, quand manqicaient les textes décisifs? En tout cas, elle nous a rappelé sans cesse, au cours de cet ouvrage, combien V impartialité y était difficile et serait méritoire : elle nous en a rendu avide.

Ainsi, plus nous avancions dans notre étude, plus nous sentions quel tort on fait non seulement au caractère de Vergniaud, mais aussi à son talent et à sa politique, quand on les considère uniquement à travers l'opinion qu'on a du groupe dit des Girondins. Ce point de vue brouille tout . Défait, les Girondins n'ont jamais formé, — méyne au fort de leur lutte contre la Montagne et la Commune, — un bloc de députés solidarisés par un programme délibéré et par une discipline acceptée. Ils n'ont été une « coalition »

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