‹ Véritable origine des troubles de S.-DomingueChapitre 1 sur 3 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

ÉGISLATEURS,

Vos prédécesseurs , tels que les Pétion , le« Grégoire, les Roederer, les Robespierre, etc. , clans la question des colonies, avoient reconnus et constamment soutenus que les principes , la justice et l'hiumanité exigeoient qu'on fit jouir les hommes libres de couleur de tous les droits de citoyens ; mais les colons^ députés à l'assemblée constituante , et avec eux, MM. Barnave, Lameth, Maury, Gouyd'Arcy, Clermont-Tonnerre , d'Eprémenil et autres, forcés d'en convenir, soutenoient que la politique (qu'il falioit aussi consulter ) s'y opposoit.

La question se réduit donc aujourd'hui à savoir si effectivement la politique s'accorda ou ne s'accorde pas avec les principes, la justice et l'humanité.

^ La politique doit assurément exiger que l'on conserve les colonies à la métropole ; elle exige aussi que la culture des produc-

tlons coloniales ne soient plus interrompues par les soulévemens des esclaves ; elle exige encore (|ue les troubles qui décîiirent les colonies dans ce moment , ne se reproduisent plus ; elle exige enfin qu on trouve un moyen de les prévenir.

Si la politique exige rigoureusement toutes ces choses , il ne reste plus qu'à examiner si on peut les obtenir, sans qu'au préalable on fasse jouir les hommes de couleur de leurs droits de citoyens , et si au contraire, en les kur ravissant , on pourra se flatter de conserver les colonies , d'y maintenir le calme , d'y contenir les esclaves, etc. Et comme rien n'est plus propre à conduire cet examen que les faits cpii sont consignés dans cet imprimé , nous supplions MM les députés à qui il sera remis, de vouloir le lire avec la plus grande attention.

lUIi^ Ih.l'itMi

Page 1