Verlaine et Rimbaud
C'est par une note du 4 avril 1873, émanant d'un rapport sur les réfugiés politiques à Londres, que la Préfecture de Police de Pans fut alertée sur
Verlaine, ex employé de 1 hôtel-de-ville avant & pendant la Commune, ami de Vermesh, d'Andrieux et Cie.... parti hier pour Pans (règlement d'affaires de famille).
En marge, au crayon bleu, il était demandé de vérifier d urgence l'information et d'indiquer les relations et les antécédents.
Une deuxième note de Londres, datée du 8 avril 1873, insistait à nouveau :
Verlaine, ex-employé de l'Hôtel de Ville qui avait continué ses fonctions sous la Commune, ami d'Andneux et Vermesch, membre du club des études Sociales est retourné à Pans après être allé plusieurs jours de suite ostensiblement à la gare de Victoria et avoir fait semblant de partir. II a fait répandre le bruit de son séjour à Namur; il est tout tranquillement chez sa mère.
Ce n'était pas pour Pans mais pour la Belgique, ce n'était pas pour affaires de famille mais pour retrouver Rimbaud parti, que Verlaine avait quitté Londres pour s'embarquer à Douvres, le 4 avril, sur le Comtesse de Flandre qui faisait le service d'Ostende.
Pendant cette traversée, II devait écrire la dernière « aquarelle » BeamSy si Imprégnée du rythme rlmbaldlen.
Des oiseaux blancs volaient alentour mollement. Et des voiles au loin s'inclinaient toutes blanches,..
Verlaine s'était rendu à Jehonvllle, près Bouillon, chez une de ses tantes, Mme Julie Evrard, et sa mère allait venir l'y rejoindre vers le 20 avril.
Rimbaud se trouvait alors à Roche près de Vouzlers et les deux poètes n'allaient pas tarder à se rencontrer à Bouillon, en compagnie de leur ami commun, Ernest Delahaye, et à reprendre l'aventure.
Employé de la Préfecture de la Seine, resté à son poste pendant la Commune, Verlaine n'avait pas cru devoir reparaître à son bureau dès l'entrée des Versaillais dans Paris.
Fonctionnaire quelque peu fantaisiste, ayant su jouer avec adresse de son service à l'Hôtel de Ville et de son inscription à un bataillon de la Garde nationale, son nom dut passer Inaperçu. En tout cas, on ne trouve nulle trace qu'il ait pu être recherché à cette époque.
Il avait fallu ces notes de Londres pour que la police fût alertée et la lourde « machine » mise en marche à la recherche du pauvre Lélian.
Le Chef du Cabinet du Préfet, M. Patinot, insistait le 17 avril 1873 auprès de M. Lombard, officier de paix de la 4® Brigade des Recherches :