A DELFT
D'une si noble tâche, Vermeer ne fut point récompensé. Et l'on éprouve une tristesse quand on pénètre dans sa vie, quand on cherche sa trace dans les lieux où il vécut.
J'ai vu la lumière qui baigne les tableaux de Vermeer ; et j'ai vu l'étrange, l'indéfinissable bleu, le bleu rayonnant de soleil reflété, qui resplendit dans la plupart de ses œuvres. J'ai vu cette lumière et ce bleu à Delft, par un matin de juillet.
La veille, au Mauritshuis, dans ce musée discret où tant de splendeurs sont présentées avec tant de modestie, en de petites salles qui sont comme les salons d'une maison bourgeoise, j'avais retrouvé l'étonnement toujours renouvelé que donne la Vue de Delft, le prodigieux accord du langage de la matière et de celui de l'atmosphère subtile qu'elle réalise ; j'avais goûté le charme physique du portrait de jeune fille, la vibration douce, pénétrante de la froide, de la calme harmonie raffinée de ses bleus et de ses jaunes, la jeunesse forte de ce visage aux chairs paisibles, l'haleine de pureté de cette bouche entr'ouverte, la claire et troublante innocence d'interrogation de ces yeux confiants largement ouverts, vaillants et mouillés de volupté confusément attendue ; j'avais subi l'impérieuse et
si humaine noblesse de la Toilette de Diane où la majesté paisible du style apaise d'un rythme et purifie, sans en rien la diminuer, la saveur charnelle, la saveur de fruit de la chair de femme, où chante encore la matière opulente même dans le vêtement de noblesse des tuniques gravement drapées.
Et ce matin, j'avais les yeux pleins encore de ces beautés si différentes de celles qui les entourent dans Rembrandt, dans Terburgh, dans Steen, dans Brouwer.
Sur la campagne, entre La Haye et Delft, le soleil épandait d'éclatantes vapeurs argentées, atténuant d'une fraîcheur l'or éblouissant qui, dans les pâturages et les champs de Hollande, semble ruisseler de la verdure comme un trop-plein de fécondité.
A l'entrée de Delft, près de la gare, sur un canal longeant des jardinets, des bateaux plats arrivaient, lentement, faisant glisser sur l'eau d'étranges édifices de fleurs et d'herbes lourdes que des maraîchers déchargeaient ; des gestes mesurés faisaient passer doucement dans la lumière des mouvements nonchalants de couleur, des tas croulants de pervenches, de jacinthes et de primevères. Et cette lumière était paisible et bienveillante, hospitalière.
En longeant le Singel Gracht, j'avais gagné la porte de Rotterdam, cherchant le coin de quai d'où Vermeer a dû peindre sa vue de la ville. Sans doute, Delft a bien changé depuis deux cent cinquante ans,
et, de ce que Vermeer a vu et fixé avec tant de puissante netteté, rien ne subsiste ? Non, rien, rien évidemment ne survit de ces silhouettes précises de monuments, d'édifices, rien que, là-bas, le clocher dressé encore au-dessus des toits. Rien. Et pourtant, sans même chercher à établir des relations topographiques, il semble que Ton reconnaisse quelque chose.
Qu'est-ce donc ?
C'est d'abord le ciel, le ciel sereinement lumineux. Par ce matin d'été il est absolument semblable à celui du tableau de La Haye. Ce sont les mêmes nuages larges, légers et mouvants dans le même poudroiement d'or palpable, dans la même atmosphère transparente et dont la caresse fraîche a pourtant une moiteur consistante. Et ce sont encore les toits rouges et gris, et la pourpre éteinte, veinée de bistre, de ces murs ; et le corsage jaune de cette femme arrêtée devant le panier d'un marchand, sa large jupe sur laquelle elle semble reposer ; puis voici les formes rebondies et la couleur des chalands qui stationnent. Tout cela est profondément différent des détails du tableau ; l'aspect de toutes ces choses s'est sensiblement modifié ; dans leur groupement rien n'est absolument semblable à ce que Vermeer a contemplé. Et de ce que nous voyons se dégage pourtant une impression identique à celle que l'on éprouve devant la Vue de Delft du Maurits-huis. Le ciel a la même clarté, la lumière qu'il épand
Le Nouveau Testament.
Musée de La Haye. Prêté par M. le Docteur Bredius.
sur les choses les enveloppe du même éclat doux, du même éblouissement recueilli ; elle pèse sur elles du même poids d'humidité fermentante, et sous son étreinte, sous cet embrassement large dans lequel l'air ici réunit en un tout vibrant le ciel et la terre, la matière de ces tuiles, de ces briques, de cette étoffe jaune, de cette jupe bleue, du bois de ces embarcations, frissonne d'une volupté placide et soumise, rayonne d'une vie frémissante, resplendit d'une mystérieuse harmonie. C'est, dans le tableau d'il y a deux cent cinquante ans et dans le paysage d'aujourd'hui, sous la même lumière, la même matière aux aspects éternels.
Sans doute, les hommes vivant dans ce décor ont changé. Le long des canaux que les arbres voûtent d'ombre, où le reflet des parapets blancs coupe capricieusement la moire changeante des eaux, où les ponts étroits semblent, dans leur ligne montante brusquement arrêtée, évoquer un élan contenu, le long de ces canaux on ne rencontre plus les femmes en corsage citron bordé d'hermine et les hommes au grand feutre et à l'ample pèlerine au grand col blanc. Les costumes n'ont plus ni la ligne ni la couleur chantante de ceux que portaient les Hollandais du xvnme siècle, les contemporains de Baerneveld, des frères De Wit ou de Maurice de Nassau. Les hommes ont perdu l'accent de fierté héroïque dont se parait leur calme sagesse aux temps agités où le sang du Taciturne était encore
chaud sur les murs du modeste Prinsenhof, où derrière les façades de l'Oude Delft, si discrètes dans le soleil filtré par le feuillage, adouci par l'haleine humide des eaux, on complotait des résistances et des exécutions, on méditait l'écrasement des flottes étrangères. Avec l'orgueil violent se sont éteints les tons ardents, se sont effacées les lignes altières. Ce sont des silhouettes banales et sombres qui passent sur les quais silencieux, traversent lentement l'inflexible voie d'ombre du canal sur les ponts qui les font s'élancer un moment pour brusquement redescendre et disparaître. Il n'y a, chez ces paisibles gens de Delft, nulle recherche de grâce, de pittoresque ou de grandeur. Ce sont de très humbles âmes qui passent, des figures très banales. Et dans la lumière chaude et fraîche à la fois de ce matin de juillet, la ville est immobile, indifférente comme l'eau du Singel où cette péniche avance, silencieusement, sa masse plate, incolore, comme un grand insecte gris rasant la surface. Il n'y a plus rien ici de la Delft de Jan Vermeer, rien que des pierres...
Mais voici que la péniche s'est rapprochée de nous. Elle vient vers le pont près duquel nous sommes arrêtés. C'est étrange : sa coque, grise tout à l'heure, s'anime maintenant, dans le soleil dont l'or pleut à travers les arbres en taches qui s'écrasent sur l'eau, s'y volatilisent et rebondissent en poussière rayonnante ; elle s'anime de rouges, de vertes, de
jaunes somptuosités amalgamées en des couleurs salies qui soudain resplendissent ; elle avance ; elle touche le pont, entre dans le rais oblique de l'ombre qu'il porte. Et dans la pénombre de la travée tout-à-coup se dessine un extraordinaire, un fantastique tableau. Sur la péniche il y avait le batelier manœuvrant la gaule, et une femme : deux silhouettes insignifiantes, incolores. Elles viennent de se métamorphoser miraculeusement dans le rayonnement humide et furtif qui se mêle à l'ombre ; des transparences bleues les ont baignées ; et du vêtement noir de l'homme, appuyé sur sa gaule, du corsage de toile de la femme, de son tablier de rude tissu foncé, émane subitement un reflètement de lumière, qui amplifie lignes et mouvements, les grandit, qui prolonge dans l'atmosphère la matière du lin, celle du gros coton bleu, celle de la chair même. Il n'y a plus de tons sales, il n'y a plus de matière inerte, il n'y a plus d'hommes impassibles. Une vibration continue a animé les choses et les êtres, a allumé des ors dans la toile blanche, de l'argent blême dans le tablier bleu ; un frémissement d'étreinte descend du ciel, y retourne, fait frissonner en passant les pierres et les arbres, et les vieilles sculptures noires du Gemeenlandshuis. Tout est grand, tout vit avec intensité et avec opulence ; cette femme immobile et vulgaire a retrouvé l'expression d'héroïsme que l'on croyait morte, et ce cruchon de grès bleuté déposé près d'elle semble frémir
aussi dans sa pâte froide, parce que le bateau est entré dans le drame voluptueux et formidable de la lumière pénétrant l'ombre, du soleil chauffant l'haleine de la terre et des eaux, dans l'atmosphère moite de la Hollande où toujours errent des gouttes d'arc-en-ciel.
Nous sommes toujours dans le pays que peignit Vermeer. Delft s'est modifiée, sans doute; mais c'est toujours la même lumière qui moire les eaux et fait se lever des voiles de vapeur colorée, ménage des chatoiements d'ombre bleue sous les étroites passerelles conduisant aux portes des maisons, sur le mince canal de l'Oude Langendyk, au pied de la grande église neuve dont les briques rouges, brunes et roses allègent de caprices la masse lourde. Peutêtre, dans une des maisons dont les pignons se mirent dans l'eau du petit canal, subsiste encore l'atelier, le clair atelier dallé où s'étalait sur le mur blanc la grande carte de géographie dorée par le vernis, et le tableau dressant le rieur amour au carquois, et ces autres toiles, peut-être de Fabritius, aux cadres d'or rougi dont les reliefs accrochaient le soleil.
Vermeer est là. La maison retentit d'un tumulte de voix enfantines. Le peintre est assis, pensif, sur un escabeau, à côté du grand rideau aux larges bariolages qui met dans la vaste pièce blanche un coin de somptuosité. Il a caressé, de la main, en entrant, le petit pot de grès blanc qui ménage un centre de lumière sur la table, au milieu de quelques
La Lettre.
Rijksmuseum, Amsterdam.
fruits qu'il a peints hier, dans la chaude chanson de couleur du tapis de velours épais. Sa femme est auprès de lui. Avec la fidèle compagne qui lui a donné dix enfants et que tant de maternités ont un peu flétrie, dont les formes sont devenues trop lourdes sous le simple vêtement point coquet, soucieux, il parle de la difficulté de vivre, de la lutte déjà longue depuis cette année de la maîtrise et du mariage, depuis les débuts laborieux qui ne permirent pas de verser les six florins à la gilde ; ensemble, ils se remémorent peut-être la dette chez le boulanger, ils regrettent ces deux tableaux abandonnés en garantie pour pouvoir donner du pain aux enfants. Ils sont préoccupés, ils sont inquiets. Lui demeure soucieux, tandis qu'elle, ménagère vigilante, range quelques objets, replie les étoffes jaunes et bleues dont s'est coiffée hier une de ses fillettes, pour poser un portrait. La voici devant la petite fenêtre à carreaux polychromes, à croisillons ; elle l'ouvre pour nettoyer la vitre. Et la lumière brusquement devient plus éclatante. L'artiste dont le regard errait, indifférent et attristé, qui avait, avec un peu de mélancolie, perçu un instant la disgrâce de la compagne vieillissante et pauvre, de son corps fané par la fécondité et la vie précaire, a relevé la tête. Doucement, il a fait un signe, un signe qu'elle connaît bien, qui demande l'immobilité. Dans la douce lumière d'argent entrant par la fenêtre ouverte, elle demeure impassible, docile, un sourire
très vague éclairant soudain ses yeux meurtris et entr'ouvrant ses lèvres, car chaque éblouissement du peintre est un espoir ; et puis elle est femme, et son mari la regarde. Il la regarde avec avidité ; en ses yeux s'est dissipée l'inquiétude. Il regarde. Il ne voit plus le corps fatigué, il ne voit plus la robe grossière et l'affaissement de ses plis, il ne voit plus les sillons d'amertume flétrissant le visage. Autour de l'étoffe jaune souillée du corsage, autour de la chair de la nuque, autour des cheveux blonds un peu maigres, un nimbe de clarté rayonne, des frissons s'y promènent doucement, en ondes fragiles qui s'étendent, s'étendent, gagnent le mur blanc, la carte de géographie, les fruits, le pot de grès. Un miracle a métamorphosé Catherine, la pauvre Catherine, l'épouse vaillante, la mère un peu lasse. Une paisible jeunesse semble l'animer de nouveau ; sur la nuque fraîche, les cheveux blonds ont des reflets délicieux ; le corsage jaune a pris un ton pur d'or pâle ; une volupté discrète émane de toute sa personne soudain très grande dans la lumière et l'immobilité, et vibre, vibre autour d'elle, gagne les choses, donne aux fruits un éclat nouveau.
L'artiste s'est levé; un enthousiasme le pénètre. En lui se réveillent tous les souvenirs savoureux, souvenirs d'amour, de jeune amour, lus dans les lèvres entr 'ouvertes, dans le sourire des yeux, souvenirs de saveurs gourmandes. Les fruits sont admirables et généreux, la femme est belle et fait naître ces
gazouillis d'enfants que Ton entend dans la maison ; la nature est bonne, est protectrice puisqu'elle fait resplendir tout cela ; l'avenir est vaste et prometteur, car devant ces beautés, on va faire un chefd'œuvre. Et voici que, sur la toile se dessine une impérieuse, une noble silhouette nimbée de rayons, régnant sur un décor de tendre intimité, de bonne vie abondante, avec un peu de luxe même : le luxe de ce tapis aux ardentes colorations, à la matière veloutée, de cette haute chaise dont la lumière, en se jouant, fait valoir les sculptures à têtes de lion.
Toute la peine, tous les soucis sont évanouis. L'artiste sourit, heureux, ébloui. Que sonne maintenant le boulanger, le créancier, que l'une des filles de Catherine et de Jean vienne dire qu'il est là. On le paiera demain ; on le paiera demain puisqu'on fait de la beauté, puisque demain encore on en fera, puisqu'il y aura encore de la lumière magique faisant l'épouse jeune et les choses resplendissantes, et puisque, tenez, cette jeune fille au visage si frais, cette jeune fille dans les yeux de qui brille tant d'avenir mystérieux et de confiance vaillante, est un chef-d'œuvre encore, un chef-d'œuvre d'art subtil et profond, avec, près de l'éclat doux et interrogateur de son regard, l'éclat assourdi et surgissant dans l'ombre, de cette simple, de cette humble perle qu'elle porte à l'oreille et que sa sœur avait hier lorsqu'elle posa, coiffée du turban.
Demain, la fillette, à son tour, inspirera une
œuvre nouvelle. Demain encore il y aura, dans l'atelier, de la beauté vivante au milieu des beautés inertes. Il y a de la beauté toujours, il y en a dans tout ; tout chante et promet de la volupté, du bonheur ; tout est grand, tout est émouvant, tout a de la noblesse, parce qu'à tout s'appliquent l'effort et l'espoir, et parce que, à travers le temps, par la beauté des choses contemplées, des hommes qui ne se sont point connus se reconnaissent et s'aiment dans un commun émoi; parce qu'un jour, peut-être, devant cette carte de géographie, ce pot de grès ou cette chaise, devant cet humble pendant d'oreille en verre transparent, des hommes passionnément, essaieront de comprendre l'âme d'un artiste disparu et que, grâce à ces choses, ils auront reconnu. Ils lui donneront la gloire, et mieux que la gloire : de la reconnaissance fraternelle, un peu de cette tendresse immense dont était fait son enthousiasme et qui a conduit tout son labeur.
tableaux dont l'authenticité n'est pas contestée
En Hollande :
La Toilette de Diane. — Musée de La Haye.
Toile. Hauteur : 0.98; largeur : i.o5.
A gauche, une signature douteuse et presque effacée. Acheté 4,725 florins à la vente Goldschmidt, à Paris. Attribué d'abord à Nicolas Maes, puis à Vermeer d'Utrecht, malgré MM. de Stuers, 't Hooft et Waller, et porté sous ce dernier nom au catalogue du Musée. Définitivement restitué à Vermeer de Delft dans l'édition allemande du catalogue en 1907.
Tête déjeune fille. — Musée de La Haye. Toile. Hauteur : 0.46; largeur : 0.40.
Signé dans le fond, en haut, à gauche :
Probablement le portrait en costume antique de la vente de 1696, vendu 36 florins. On a signalé deux répliques ou deux portraits analogues. L'un est dans la Galerie d'Arenberg, l'autre a disparu. A fait partie de la Collection des Tombes de La Haye ; légué au Musée.
— go —
Allégorie du Nouveau Testament. — Musée de La Haye. Toile. Hauteur : i.i3; largeur : 0.88.
Non signé.
Vendu 400 florins à Amsterdam en 1699; dans la même ville : 5oofl. en 1718; 53 fl. en 1735; et 70 fi., avec un Eglon Van der Neer, en 1749. Retrouvé par M. le docteur Bredius à Moscou.
Vue de Delft. — Musée de La Haye.
Toile. Hauteur 0.98 ; largeur : 1.17.
Signé, en bas, à gauche, sur le bateau, d'un petit monogramme :
Ce monogramme se retrouve dans la signature de la Courtisane, ce qui permet de supposer que la Vue de Delft est de la même époque.
Vente de 1696 : 200 florins. Acheté en 18 16 par la famille Kops, avec un Hobbema, pour 8,000 florins ; vente Stinstra, en 1822 : 2,900 florins pour le Musée de La Haye. L'œuvre qui contribua le plus à réveiller l'attention autour du nom de Vermeer.
La Laitière ou la Servante. — Musée de l'Etat, à Amsterdam.
Toile. Hauteur : 0.46; largeur : 0.42.
Vente de 1696 : 175 florins; en 1701 : 32o florins; à la vente Van Hoeck, en 1719 : 126 florins; à la vente Neuville, en 1765 : 56o florins; à la vente de Bruyn, en 1798: 1, 5 5o florins. Vendu en i8i3 pour 2, ri5 florins.
Signé.
— gi —
Acheté, en 1907, à M. Six Van Vromade, avec trente-huit autres tableaux, pour 75o,ooo, florins, et considéré alors comme représentant près de la moitié de ce prix total.
La Liseuse. — Musée de l'État, à Amsterdam.
Toile : Hauteur : 0.49; largeur : 0.40.
Non signé. Trace d'une signature sur un livre.
Vente à Paris, en 1809 : 200 francs; vente Lapayrière en i825; 1,060 francs; vente Sommariva en 1839 : 882 florins. De la Collection Van der Hoop, léguée au Musée en 1854.
La Lettre. — Musée de l'Etat, à Amsterdam.
Toile. Hauteur 0.44; largeur : o.38.
Signé au fond, au-dessus de la corbeille : I. Meer.
Peut-être le tableau de la vente de 1696 : Une Jeune femme prenant une lettre d'une servante, payé 70 florins. Acheté par l'État, avec l'intervention de la Société Rembrandt et de M. van Lennep, pour 45,000 florins.
Ruelle à Delft. — Collection Six, à Amsterdam. Toile. Hauteur : o.53; largeur : 0.43.
Signé en bas, à gauche :
C'est la Maison à Delft vendue pour 72 florins en 1696. Appartint à la Collection de M. Van Oosten-De Bruyn. On avait, en les comparant à cette œuvre, attribué à, Vermeer plusieurs coins de villes analogues, notamment dans la Collection Suermondt. On a renoncé depuis à ces attributions.
En Angleterre.
Le Christ chez Marthe, et Marie. — Collection Coats. Château de Skalmorlie. Ecosse.
Toile. Hauteur : i.55; largeur : 1.42.
Signé en bas, à gauche, sur le chapiteau : V. Meer.
Jeune femme devant son clavecin. — National Gallery, Londres.
Toile. Hauteur : o.5o ; largeur : 0.45.
Signé I. Meer. Signature a peu près semblable à celle du portrait de la Galerie d'Arenberg, qu'on verra plus loin.
Peut-être la Jeune femme au clavecin de la vente de 1696. A appartenu à la Collection Danser-Nyman, à la Collection Solly de Londres, puis à Biirger et à Mme Lacroix, à Paris. Acheté en 1892.
Jeune fille près de son clavecin. — Collection Beit, Londres. Toile. Hauteur : 0.245 ; largeur : 0.192. Non signé.
Peut-être le numéro 18 de la vente de 1696.
La Pianiste. — Collection Salting, Londres. Toile. Hauteur : o.5o ; largeur : 0.44. Signé à droite.
Peut-être le numéro 18 de la vente de 1696. A fait partie de la Galerie de Pommersfelden.
La Leçon de musique. — Château de Windsor. Toile. Hauteur : 0.725 ; largeur : 625. Non signé.
Le numéro 6 de la vente de 1696. Vente Roos. Amsterdam. 1820.
Jeune fille écrivant Collection Beit, Londres.
Jeune fille écrivant. — Collection Beit, Londres. Toile. Hauteur : 0.68 ; largeur : 0.575 Signé sur la feuille de papier.
Peut-être le numéro 16 de la vente de 1696. Réapparaît à La Haye, dans une vente, en 1770 ; vente Blondede Glagny, 1776, Paris, sous le nom de Terburg ; sous le même nom à la vente Poulain, à Paris, en 1780. Appartient ensuite à la Collection de Robiano, à Bruxelles ; est vendu à Bruxelles, en 1857, par M. Héris.
Le Soldat et la jeune fille riant. — Collection Joseph, à Londres.
Toile. Hauteur : 0.49 ; largeur : 0.44. Non signé.
A appartenu à la Collection Double, à la Collection Demidoff, San-Donato. Fut longtemps attribué à de Hooch.
La Femme dormant. Appartenait récemment encore à la Collection Kahn, à Paris. Aujourd'hui à Londres.
Toile. Hauteur : o.85 ; largeur : 0.74.
Signé au fond, à gauche : I. V. Meer.
Sans doute la Servante ivre dormant sur une table de la vente de 1696 et que Bùrger croyait avoir retrouvée en un tableau qu'il posséda et qui est aujourd'hui â Philadelphie, chez M. Weidener. A appartenu à la Collection John Waterloo Wilson.
En Allemagne.
Le Collier de perles. — Musée de Berlin. Toile. Hauteur : 0.54 ; largeur : 0.45. Signé.
Probablement la Jeune femme qui se pare. Vendu 3o florins en 1696. Passe dans une vente à Amsterdam en 1791. A appartenu à la Collection Crevedon, à Biirger, puis à la Collection Suermondt.
Le Goût du vin. — Musée de Berlin.
Toile. Hauteur : 0.66 ; largeur : 0.76. Non signé.
Vente Van Loon. Delft. i836.
L'Offre du verre de vin, ou la Coquette. — Musée de Brunswick.
Toile. Hauteur : 0.78 ; largeur : 0.67. Signé à droite : I. Meer.
Peut-être la Société joyeuse de la vente de 1696. Catalogué par Eberlein jusqu'en 1859 : Jacob Vandermeer. Provient de l'ancienne Collection de Salzthal formée par les ducs de Brunswick.
Dame et servante. — Collection James Simon, à Berlin. Toile. Hauteur : 0.88; largeur : 0.76.
Signé sur le mur.
Peut-être le numéro 7 de la vente de 1696, si ce n'est pas la Lettre d'Amsterdam. A appartenu à Lebrun, à la Collection Paillet, à Paris, à celle de la duchesse de Berry, à la Collection Dufour de Marseille, à la Collection Secrétan, à M. de Polovtzoff à Saint-Pétersbourg. Vendu en 1809, à Paris, 600 francs, à la vente Lebrun;
en 1818, à la vente Paillet, 460; en 1837, à la vente de la duchesse de Berry, 405 francs.
La Courtisane. — Musée de Dresde.
Toile. Hauteur : 1.43 ; largeur : i.3o.
Signé à droite, en bas :
Peut-être la Société joyeuse de la vente de 1696, si ce n'est pas le tableau de Brunswick. Acheté en 1741 de la Collection Wallenstein. Attribué longtemps à Jacob Van der Meer. Authentiqué par Waagen et Biirger, en 1859.
La Liseuse. — Musée de Dresde.
Toile. Hauteur : o.83 ; largeur : 0.64 y2 Trace de la signature : Meer, dans le fond. Attribué d'abord à Rembrandt. Vendu à Paris en 1742. Catalogué, jusqu'en 1862, Pieter de Hooch. Authentiqué par Waagen, en i858.
Le Géographe à la fenêtre. Institut Staedl, à Francfort-sur- Mein.
Toile. Hauteur : o.53; largeur : 0.465. Signé en haut, à droite, et daté I. Ver Meer
Peut-être un des deux pendants de la vente de 1696, avec Y Astronome de la Collection de Rothschild, peint sur toile également, alors que le Géographe de la Collection Du Bus de Gisegnies est peint sur panneau. Vendu pour i32 florins, à Amsterdam, en 1797, à la vente Danser- Nyman. Appartint aux Collections Goll von Francken-
MDCLVIII.
stein, Dumont de Cambrai, Pereire de Paris, Bosch de Vienne. Acheté en i885.
En France.
L Astronome. — Collection A. de Rothschild, à Paris. Toile. Hauteur : o.5o; largeur : 0.45.
Signé et daté : 1672.
A fait partie également de la vente Danser-Nyman, à Amsterdam, en 1797, où il fut vendu 270 florins. Ceci confirme qu'il s'agirait bien du pendant du tableau précédent. A la vente Gindemeester, en 1800 : 340 florins. Fit partie de la Galerie Lebrun.
La Dentellière. — Musée du Louvre.
Toile. Hauteur : 0.24; largeur : 0.21.
Signé à droite, en haut : I. Meer.
La Jeune Dentellière de la vente de 1696. En 181 3, vente Muilman, à Amsterdam : 84 francs; en 1817, vente Lapeyrière, 5oi francs; en i85i, vente Nagel, 265 florins. Acheté par le Musée du Louvre, à M. Blockhuyzen, de Rotterdam, pour 1,270 francs.
En Belgique.
Portrait de jeune fille. — Galerie d'Arenberg, à Bruxelles. Toile. Hauteur : 0.45; largeur : 0.40.
Signé à gauche, en haut : y
Presque semblable à la Tête de jeune fille du Musée de La Haye. Ce n'est pourtant pas le portrait du même
Jeune fille.
Galerie d'Arenberg, Bruxelles.
modèle. Les deux portraits ne seraient-ils pas ceux de filles de Vermeer ? On suppose qu'il s'agit ici du tableau vendu à la vente du Docteur Luchtmans, à Rotterdam, en 1816, pour 3 florins.
Le Géographe. — Collection du Vicomte Du Bus de Gisegnies, Bruxelles.
Panneau. Hauteur : 0.485 ; largeur : 0.37.
Analogue au tableau de la Collection de Rothschild. Dans ce dernier, le savant a la main droite appuyée sur une sphère ; dans celui-ci, c'est la main gauche qui s'y appuie. A appartenu à la Collection Pereire.
Jeune fille. — Collection du Jonkheer De Grez, Bruxelles. Panneau. Hauteur : 0.20 ; largeur 0.18. Non signé.
Découvert par M. le Docteur Brédius, en 1906.
En Autriche-Hongrie.
Le Peintre. — Galerie Ezermin, Vienne.
Toile. Hauteur : i.3o ; largeur : 1.10. Signé sur la carte de géographie :
Aux accessoires que l'on retrouve dans tous les tableaux, on reconnaît l'atelier de Vermeer. Longtemps attribué à Pieter de Hooch. Authentiqué par Bûrger en i865. Il ne peut s'agir du portrait du peintre de la vente de 1696, puisque l'artiste, ici, est vu de dos.
Portrait de dame. — Musée de Buda-Pesth. Toile. Hauteur : 0.82 ; largeur : o,65. Signé à gauche, en haut.
Aux États-Unis.
La M andoliniste . — Collection Johnson, Philadelphie.
Toile. Hauteur : 0.49; largeur : 0.41.
Sans doute, la Jeune femme jouant de la guitare, de la vente de 1696. A appartenu â M. De Gruyter, à Amsterdam, puis à la Collection Cremer, à Bruxelles et à la Collection Bisschoffsheim, à Londres.
Le Concert. — Musée Gartner, Boston.
Toile. Hauteur : 0.71 ; largeur : o.63.
Vente baronne van Leyden, Paris, 1804.
Femme à la Cruche. — Metropolitan Muséum, New-York.
Toile. Hauteur : 0.44 ; largeur : 0.39.
A appartenu à la Collection de lord Powerscourt, puis à la Collection Marquand, à New-York.
La Leçon de chant. — Collection C. Frick, à Pittsburg.
Panneau. Hauteur : 0.37; largeur : 0.42.
Peut-être le tableau de la vente de 1696 : Un monsieur et une jeune femme faisant de la musique. A la vente De Smeth-Van Alphen, en 1810, à Amsterdam : 610 florins.
La Liseuse.
Musée de Dresde.
Tableaux attribués a Vermeer :
Portrait d'homme. — Musée de Bruxelles.
Toile. Hauteur : 0.71 ; largeur : 0.60. Non signé.
A fait partie des collections anglaises Humphrey Ward et Peter Norton, puis de la Collection Otlet, à Bruxelles. Catalogué par Smith comme étant de Rembrandt. Portait la fausse signature « Rembrandt 1644». Attribué plus tard à Nicolas Maes. Vendu à Paris, sous ce nom, en 1900. Authentiqué par M. A.-J. Wauters. M. le Docteur Bredius conteste cette attribution. M. Hofstede de Groot ne fait pas figurer ce tableau dans son catalogue.
Vue de Delft. — Collection de M. Michel Van Gelder, à
Uccle-Bruxelles La Leçon. — National Gallery.
Femme endormie. — Collection Widener, Philadelphie. Portrait déjeune homme. — Même Collection. Intérieur. — Collection Werner Dahl, à Dùsseldorff. Intérieur. — Collection Matsvansky, à Vienne.
La Liseuse (détail).
Musée de Dresde.