‹ Vernon: Vingt minutes d'arrêt; heures noires et nuits blanches. Poésies d'unChapitre 18 sur 45 · LES DEUX MUSES S · texte numérisé non relu

LES DEUX MUSES S

Au but stérile d'Empédocle, Par Erostrate est devancé.

Toute justice est dérisoire.

Quand penché du haut de l'histoire On regarde au fond de la gloire En ce néant que trouve-t-on ?

L'erreur, Tambition, le crime ; Brutus moins grand que sa victime ; Horace, dont le cri sublime.

Loue Octave et siffle Gaton I

LA MUSE DU SIÈCLE

De vénérer quelqu'un s'il nous vient fantaisie, Si nous pâmons toujours, toujours on s'extasie, On taille encor le marbre, on chauffe encor Tairain, C'est pour dresser debout les images muettes De quelque faux grand homme au type absurde ou vain ;

Et les frivoles silhouettes De loquaces jongleurs aux facondes sans frein.

LA MUSE ANTIQUE

A moins qu'on ne le rémunère

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D'un peu d'harmonie et de bruit Dans Hérodote ou dans Homère, Où va l'héroïsme ? à la nuit !

Au silence ! à la foule obscure !

A l'oubli que rien ne conjure I temps ! ainsi sous ton injure La pourpre s'émiette en haillon...

Tout s'écroule à l'ignominie !

Tout s'effondre dans l'ironie :

César avoue, à l'agonie, Qu'un César n'est qu'un histrion * I

LA MUSE DU SIÈCLE

La chance aveugle étreint le hasard imbécile : Blûcher bat Bonaparte et Paris tue Achille ; Bourmont meurt pleiûdejours,Marceaujeuneest tombé. Sous le joug énervant d'une brute en furie Tel génie âpre et fier s'étiole, humble et courbé ;

* «Quel comédien le monde va perdre I «soupirait Néron pleurant le jongleur qui s'effaçait dans Tempereur sommé de disparaître. « Ai-je bien joué mon rôle ? » demandait Auguste mourant.

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