Richard avec Philippe-Auguste
Y fit assaut vingt fois de vaillance et d'ardeur.
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La forteresse du Château-Gaillard ne fut arrachée aux rois d'Angleterre que sous Jean Sans Terre : tant que Philippe- Auguste eut à lutter contre son rival de Saint- Jean-d' Acre, il fut presque constamment malheureux et ses efforts restèrent stériles. C'est à peu de distance de là que se trouve le champ de bataille de Ga-^ mâches, où « ceulx du Roy de France » furent si com-^ plètement battus à plate-couture et les prés de Cour-^ celles où Philippe tomba dans une embuscade. Il y laissa presque toute son escorte et fut poursuivi jusque sous les murs de Gisors par l'ancien prisonnier du duc d'Autriche, qui faillit à son tour s'emparer de son suzerain. A Gisors, une mésaventure plus cruelle encore
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attendait Philippe-Auguste. Tandis qu'il ferraillait à la tête des siens, il se trouva tout à coup entouré d'ennemis acharnés et nombreux et ne parvint qu'à grand'peine à se dégager, en frappant d'estoc et de taille, après quoi il lui fallut battre en arrière de toute la vitesse de son cheval. C'est alors qu'il tomba dans l'Epte, où il faillit se noyer, et c'est à la suite de cette escarmouche que Richard écrivit à son frère, régent d'Angleterre en son absence, la lettre railleuse et triomphante où se détache ce passage narquois : Rex francorum caput aqua et copiosa bibit.
14. Sous ces deux fiers champions, titans du moyen âge, Un preux de mes aïeux déploya son courage.
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Il est de tradition dans la famille que les Vard, dont le nom s'écrivit aussi Ward, Ysart, Hiarwart, descendent d'un anglo-saxon d'une très ancienne famille originaire de la Scandinavie, et l'étymologie indéniablement anglaise de notre nom confirme cette tradition. — Dans un temps où le fils d'une lavandière de la Bouille devenait roi d'Angleterre à Hastings, les ar-
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chers du pays de Northumberland, vaincus aux Andelys avec les petits-fils d'Ariette, pouvaient se faire chevriers à Boisemont.
15. Ici naquit Poussin, un Corneille y mourut ; On y mit son tombeau non loin du lit funèbre Où gît Lacalprenède, un oublié célèbre ;
Et c'est près d'eux que dort la femme qui donna Son amour et des fils à l'auteur de Cinna.
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On sait que le Poussin naquit au hameau de Villers, dépendant des Andelys ; que Thomas Corneille mourut aux Andelys et y fut inhumé dans l'église Notre-Dame et que la femme de Pierre Corneille repose aussi dans cette église ainsi que ses père et mère. L'auteur de Cassandre, Cléopâtre, Faramond et quelques autres romans en dix ou douze volumes, y fut aussi enterré ; et si quelqu'un, après avoir été très célèbre est devenu très oublié, c'est ce Lacalprenède que prisait Madame de Sévigné et dont Despréaux s'est tant moqué.
16. Sous ce toit surplombant les vignes vernoniennes Quinze ans vécut heureux l'auteur des Messéniennes,
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C'est le château de la Madeleine, bâti à mi-côte sur Tarête d'un escarpement dominant la Seine. Le château de Saint-Just, patrimoine de la famille d'Albuféra, s'élève de l'autre côté du fleuve, sur le flanc de la colline opposée, et tout en face, et c'est assis sur un banc rustique, sous les tilleuls de cette demeure, où il recevait l'hospitalité du vétéran desguerres d'Espagne, que le poète, malade et les yeux fixés sur le nid qu'il avait été forcé de vendre, écrivit sa touchante élégie : les Adieux à la Madeleine.
17. Et voici devant nous les hauteurs des Rotoirs Où, sur un seuil voilé d'aunes touffus et noirs Dont octobre empourprait les teintes monotones, L'auteur de V Ane-Mort venait tous les automnes
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L'omnipotent et ventripotent critique des Débats, venait en effet aux Rotoirs, chez Monsieur le président Huet, son beau-père, passer chaque année les derniers jours de la belle saison. Aujourd'hui ce superbe et vaste domaine, agrandi et embelli considérablement par son propriétaire actuel, est la résidence d'été de M. l'ingénieur Desbrière, administrateur des chemins de fer de
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l'Ouest, — à qui l'auteur de ces vers a de très grandes obligations. — Les Rotoirs sont peut-être le plus beau point de vue de toute cette contrée, si fertile en aspects pittoresques.
J8. C'est la maison superbe aujourd'hui mal hantée Que Panurge a bâtie et longtemps habitée*
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Bon nombre de commentateurs de Rabelais ont voulu reconnaître le Panurge de Pantagruel dans le cardinal Georges d'Amboise, et c'est le cardinal qui, comme on sait, bâtit, — avec la rançon des Génois révoltés puis soumis, — le magnifique palais de Gaillon, lequel fut, jusqu'à la Révolution, la résidence princière des archevêques de Rouen. On sait encore de combien peu il s'en fallut que Georges d'Amboise ne devînt pape. Le cardinal était ministre tout-puissant du roi de France et les troupes du roi de France o Rom . Chacun des membres du Sacré-Collège isolément saluait le candidat français du titre envié : un italien fut élu. Retiré au palais de Gaillon et frappé au cœur par la déception éprouvée, l'oncle du maréchal
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de Brézé ne cessait, dit-on, de répéter à un religieux nommé frère Jean, qui le servait : « Ah! frère Jean, frère Jean, mon ami, que n'ai-je été toute ma vie frère Jean ! »
On admire dans la cour du palais des Beaux-Arts, à Paris, un débris du palais de Gaillon. La somptueuse demeure de Georges d'Amboise est devenue une maison centrale de détention où l'on tient enfermés un millier et demi de malfaiteurs ; il est vrai que le cardinal luimême, sous la plume de l'impartiale histoire, est de venu un ministre prévaricateur et concussionnaire et que, pour surcroît, on a découvert qull s'était mis aux gages d'un principicule italien. (Voyez Michelet. Histoire de France).