ORIGINE DU VERRE. — HISTORIQUE
Le verre fabriqué par les Romains avait une composition toute différente de celle que les verreries livrent actuellement au commerce, ainsi que l’on pourra s’en rendre compte par les analyses ci-dessous:
Silice
Verre
retrouvé à Pompéi 69,43
Verre
4 vitres actuel 69,6
Chaux
Soude
Alumine
Oxyde de fer
Manganèse
Oxyde de cuivre . . .
traces
Ce verre, qui était beaucoup plus riche en alcalis que le verre moderne, était aussi, par suite, beaucoup plus fusible, condition presque nécessaire à une époque où les moyens de fusion étaient peu puissants.
On remarquera également dans le verre antique la présence du manganèse, ce qui démontre surabondamment que les propriétés décolorantes de ce corps n’avaient pas échappé à la sagacité des verriers romains.
Il était intéressant de rechercher par quel mode de fabrication ce verre avait été obtenu.
En examinant la forme et la disposition des bulles, Bontemps a reconnu que les vitres de Pompéi avaient été fabriquées par moulage. Ces bulles ne présentent pas, en effet, la forme allongée, à directions parallèles ou en rayons, que l’on constaterait si les vitres avaient été fabriquées par l’un des deux procédés actuels — procédé des cylindres ou procédé des plateaux ; — comme, d’autre part, l’épaisseur des feuilles est plus considérable sur les
INTRODUCTION
bords qu’au centre, il est hors de doute que ces vitres ont été moulées.
Après la conquête des Gaules, les Romains établirent dans ce pays des verreries qui devinrent rapidement prospères, à en juger par un spécimen (fig. 3) trouvé, en 1825,
aux portes de Strasbourg.
L’examen de ce vase dénote un travail artistique très remarquable.
C’est vers le vie siècle qu’on paraît avoir, en Gaule, pensé à utiliser le verre pour la décoration des fenêtres des édifices religieux, sous la forme de vitraux, sortes de mosaïques translucides formées de morceaux de verre diversement colorés, juxtaposés et réunis entre eux.
Après le démembrement de l’empire romain, l’empereur Constantin appela à Byzance des verriers qu’il combla de faveurs et de privilèges ; aussi la verrerie byzantine arriva-t-elle rapidement à produire de véritables œuvres d’art, parmi lesquelles les plus réputées sont des vases colorés, rehaussés d’applications d’or, de peintures en émaux de couleur et d’ornements en filigranes de verre.
A la prise de Constantinople, les Vénitiens appelèrent les verriers byzantins. En raison de la prodigieuse activité des Vénitiens et des débouchés nombreux que leur commerce étendu leur avait créés, la verrerie devint très
Fig. 3.