ORIGINE DU VERRE. — HISTORIQUE
nouvelles où ses nombreuses et incomparables qualités ont pu être utilisées.
En dehors de son emploi pour les usages domestiques, le verre est appelé à répondre aux besoins de l'hygiène sous les formes les plus diverses.
Mais aussi quelle matière incomparable est le verre! Dans quelle substance ouvrable peut-on voir réunies un aussi grand nombre de qualités précieuses? Sa transparence et sa limpidité en ont fait un agent d'investigation indispensable dans les recherches astronomiques et pour la construction des appareils d’optique les plus puissants, en même temps qu’un agent d’assainissement des plus actifs; par son inaltérabilité et le poli de sa surface, il est au nombre des corps les plus précieux contre les contagions morbides ; aussi son emploi dans la construction des habitations a-t-il pris une importance croissante, que ses qualités décoratives contribueront à développer.
Sous les mains habiles de nos souffleurs verriers, le verre prend les formes les plus variées ; il se transforme en ces nombreux appareils d'observation auxquels la science est en grande partie redevable des progrès inouïs qu’elle a accomplis dans ces derniers temps.
Le verre est devenu pour elle l’outil par excellence, grâce auquel elle peut arracher, un à un, à la nature ses secrets les plus cachés. L’électricité tire parti, dans l'emploi du verre â la fabrication des isolateurs et des récipients ou vases d’accumulateurs, de sa non-conductibilité pour le fluide électrique, de même qu’elle utilise ses propriétés, non moins précieuses, de transparence et de réfringence dans les puissantes lentilles des phares modernes et les modestes enveloppes des lampes à incandescence.
En un mot, il n’est pas d’industrie qui ne soit tribu-
INTRODUCTION
taire de l’industrie du verre et qui ne lui doive une bonne part des progrès qu’elle a pu accomplir.
§ 2. — Définition. — Propriétés fondamentales
On donne le nom de verre à une substance fusible à haute température, cassante, dure, transparente ou opaque, insoluble dans l’eau, pouvant résister à l’action des acides même concentrés, formée par la combinaison en proportions variables d’un silicate de soude ou de potasse avec un ou plusieurs des silicates suivants : silicate de chaux, de magnésie, de baryte, d’alumine, de fer, de zinc ou de plomb. Dans ce dernier cas, le verre porte la désignation de cristal.
Selon la nature et la proportion des bases qui entrent dans la constitution du verre, les propriétés de ce dernier sont modifiées. C’est ainsi que, d’une façon générale, la stabilité, la dureté sont augmentées par un excès de chaux, de magnésie et d’alumine, tandis que ces propriétés sont atténuées par un excès de plomb, de bismuth, de zinc ou de fer.
Par contre, ces bases, et surtout le plomb, donnent au verre une fusibilité très grande et lui communiquent un éclat et un pouvoir réfringent considérables, précieux dans les applications à l’optique.
En ce qui concerne la coloration, le choix des bases a une importance capitale : la soude donne un verre qui, bien que très peu teinté en bleu verdâtre, est moins incolore que celui qu’on obtient avec la potasse ; le fer et le manganèse colorent fortement le verre, il en est de même de certains oxydes métalliques, ceux de cobalt, de nickel,