Irisation, resua<je du verre à vitres
— Les verres ù, vitres s’altèrent dans le transport; il se produit un resuage qui donne au verre l’aspect irisé.
On attribuait cette coloration superficielle à une action physique, mais on a reconnu qu elle était le résultat d’une action purement chimique. Elle est due au départ, sous l’action de l’humidité, d’une certaine quantité de matières alcalines. On atténue l’intensité de cette coloration en frottant les verres avec un chiffon gras, ce qui empêche le contact de l’humidité.
On peut même éviter la production de l’irisation en soumettant les feuilles de verre à un lavage, puis les essuyant avant de les emballer. Ce lavage est d’ailleurs indispensable pour enlever le dépôt très léger de noir de fumée qui se forme dans le four à recuire sur la face supérieure de la feuille de verre.
M. Renard a proposé de laver le verre à l’acide; ce procédé est excellent et on a constaté que le verre ainsi traité se conserve parfaitement à l’usage. Le bain acide est constitué généralement par une solution à 2 ou 3 0/0 d’acide chlorhydrique.
D’après M. Bernard, de Bagneaux, l’immersion successive du verre dans deux bains d’eau non acidulée, mais de température différente (froide d’abord, et ensuite à 60°), prévient aussi l’irisation.
Si nous nous reportons à ce que nous avons dit plus haut au sujet de l’irisation, à savoir que ce phénomène peut être reproduit en exposant le verre à l’action des vapeurs de chlorures, on est amené à penser que le chlorure de sodium — toujours présent dans le sulfate de soude employé en verrerie — n’est pas sans action sur la production du phénomène.
Ce qui confirmerait l’exactitude de cette manière de
GH AP. III
voir, c’estque beaucoup de verriers, notamment la Société des verreries d’Aniche, prétendent éviter l’irisation de leurs verres en employant du sulfate de soude contenant 10/0 d’acide sulfurique libre, c’est-à-dire d’acide non combiné aux bases.
Un tel sulfate ne pouvant contenir en effet beaucoup de chlorure de sodium indécomposé, et d’autre part ce sel se trouvant, grâce à l’excès d’acide, transformé en sulfate, bien avant que la fusion du verre soit complète, on comprend qu’il ne puisse plus exercer d’action nuisible.
66. — Verre perforé. — M. Émile Trélat a pensé à remplacer les appareils de ventilation généralement très imparfaits, en usage dans les endroits publics, les hôpitaux, etc., par des vitres perforées qui, en même temps qu’elles laisseraient passer la lumière pourraient distribuer l’air nécessaire à la ventilation.
MM. Appert ont résolu la question en faisant les trous dans le verre, en même temps que la feuille de verre elle-même, en opérant par coulage et moulage.
Pour cela, on verse le verre liquide sur une table en métal garnie de saillies ayant la forme et l’espacement des trous que l’on veut obtenir; on exerce sur ce flot de verre une pression suffisante pour l’amener à l’épaisseur voulue, déterminée par des règles de la hauteur nécessaire. Au moment du moulage, les saillies sont recouvertes par le verre ; aussi, une fois la feuille terminée, ces saillies sontelles recouvertes elles-mêmes d’une mince couche de verre qui bouche les trous sur une des faces de la vitre. On en peut opérer le débouchage de plusieurs façons : soit au sable, soit en rongeant par l’acide fluorhydrique, soit à l’aide d’un foret tournant avec rapidité. Ce dernier moyen
«est le plus expéditif ; avec un foret de section hexagonale tournant à 750 tours par minute, une ouvrière peut déboucher 2 400 trous à l’heure. Cet ensemble de procédés a permis de diminuer les frais de fabrication de ce verre et de le livrer au commerce à un prix suffisamment réduit pour en permettre l’emploi d’une façon générale. Ce verre peut être poli sur une ou deux faces ou sur les deux faces par un procédé analogue à celui employé pour le polissage des glaces.
Dans les locaux où une ventilation permanente n’est pas indispensable, on place derrière le verre perforé un vasistas à charnières, muni d’un verre plein qu’on ferme à volonté.
On peut encore superposer deux feuilles de verre perforé et, par un faible mouvement de translation de l’une d’elles, faire coïncider les trous des deux feuilles de verre et produire la ventilation, qu’on interrompt par un mouvement inverse.
Outre l’application de ces verres à la ventilation des hôpitaux, salles d’étude des lycées et écoles, ateliers de •filatures, cabinets d’aisances, écuries, etc., ils sont encore (fréquemment employés pour clore les ouvertures des garde-manger, pour les tablettes supportant les aliments, et remplacent avec avantage les toiles métalliques, pour des filtrations et des tamisages.