Fabrication des verres de montres
Cette fabrication est restée pendant longtemps localisée en Lorraine. On souffle des globes qu’on coupe au diamant, en autant de segments que la surface du globe peut en contenir, à l’aide de machines spéciales permettant de découper des verres ronds ou ovales. Une fois détachés, les verres bruts reçoivent, au moyen de meules,
CH AP. III
le biseau circulaire qui permet au verre d’entrer et de rester maintenu dans la gorge du couvercle de la montre appelé drageoir.
A cause de leur forte courbure, ces verres servent aux montres épaisses.
Pour les montres plates, on a pendant longtemps usé à la roue des lames de verre plates.
On opère maintenant de la façon suivante : on souffle des boules d’un diamètre très considérable, jusqu’à lm,50, ce qui correspond à une capacité de 1 760 litres environ ; et c’est dans ces boules, dont la surface présente une courbure très faible, qu’on découpe les verres.
On en diminue la concavité, s’il y a lieu, en plaçant chaque rond de verre sur un cylindre dont la partie supérieure est façonnée en portion de globe très aplati, et en soumettant le tout à la chaleur d’un four à réverbère dans un petit moufle; ces verres prennent alors la forme du moule sur lequel ils ont été posés. A leur sortie du moufle, il ne reste plus qu’à les polir et à faire le biseau au moyen de la meule.
Le verre destiné à la fabrication des verres de montre doit être très peu hygrométrique et posséder une grande dureté, afin de résister aux frottements auxquels, par destination, il doit être soumis.
On le prépare généralement avec la composition :
Cylindres de pendules. — On les obtient de la façon suivante : le manchon ayant été amené au point où il ne
Sable
Carbonate de soude
Carbonate de potasse. . . .
Chaux
Nitrate de soude
reste plus qu’à enlever les deux calottes, l’ouvrier réchauffe l’extrémité, puis, retournant sa canne, le cylindre en haut, il la maintient dans cette position. L’extrémité du cylindre fléchit et rentre dans l’intérieur du manchon.
On lui donne une forme régulière par réchauffage et nouveau soufflage. On détache alors le cylindre de la canne et on coupe régulièrement l’ouverture de ce dernier manchon qui constitue un cylindre.
Les cylindres ovales ou carrés s’obtiennent en soufflant la masse de verre, qui doit leur donner naissance, entre des pièces de bois convenablement disposées.