VERRE BRUT
Numéros \
Épaisseur
Coefficient de rupture par centim. c.
Épaisseur
Coefficient de rupture par centim. c.
Numéros I
Épaisseur (
Coefficient de rupture p. cent. car.
Épaisseur
Coefficient de rupture p. cent. car.
milliin.
millitn.
milliin.
millim.
Moyenne des essais faits à l’entrepôt, n'* 1
le 4 septembre 1877, en présence de
M. Barois, in
génieur du Trocadéro.
Dalles brutes. . .
Dalles polies. . . .
Ces résultats mettent bien en relief la supé-
riorité
i, comme résistance, à égalité d'épaisseur,
au verre poil sur le verre Drut.
Verre brut... Moyenne des essais R
Verre poli . . .
Préparation dos glaces pour miroiterie. — Le pouvoir réflecteur du verre étant trop faible pour que cette substance puisse servir directement comme miroir, la transformation des glaces en miroirs estobtenueen rendant le verre non transparent, par dépôt sur une de ses faces, d’une couche mince d’un métal réfléchissant la lumière.
Trois procédés sont en usage : l’étamage au mercure, l’argenture et le platinage.
77. — Étamage. — On étend une feuille d’étain un peu plus grande que la glace à étamcr sur une grande table de marbre bien dressée, placée horizontalement et encastrée dans un châssis en bois muni de rigoles.
A l’aide d’une brosse, patte de lièvre, on enlève tous les plis de la feuille d’étain et on la rend parfaitement adhérente à la table.
On « mouille » l’étain en répandant à sa surface un peu de mercure, puis on augmente la quantité de mercure en le maintenant sur la feuille à l’aide de petites bandes de verre poli placées sur les côtés et à l’un des bouts de cette feuille.
A l’autre bout de la table, l’ouvrier place une petite bande de papier sur laquelle vient poser le bord de la glace à étamer et à laquelle, au préalable, on a fait subir un nettoyage et des lavages minutieux.
La glace maintenue horizontalement est passée dans la couche de mercure, en même temps qu’on fait pression à la face supérieure, afin d’éviter l’interposition de bulles d’air entre la glace et le métal. Cela fait, on maintient la glace appuyée sur la table au moyen de poids ; puis, inclinant légèrement la table, on laisse s’écouler le mercure non amalgamé. Cet égouttage dure de vingt-quatre à quarante-huit heures. Ensuite, on place la glace dans un égouttoir incliné et on l’y maintient jusqu’à ce que l’étain soit sec, ce qui demande de quinze jours à un mois suivant les dimensions de la glace.
Ce procédé d’étamage donne des miroirs de très belle qualité, mais il présente de tels inconvénients au point de vue hygiénique, par suite de l’influence pernicieuse des vapeurs de mercure sur la santé des ouvriers, qu’on a renoncé à peu près complètement à son emploi et qu’on l’a remplacé par l’argenture.
78. — Argenture. — On connaît la propriété que possèdent les sels d’argent d’être décomposés, sous l’influence d’un réducteur, avec dépôt d’argent métallique.
Le procédé dont nous allons donner la description repose sur la réduction du nitrate d’argent ammoniacal par l’acide tartrique. Ce procédé, dû à M. Petitjean et perfectionné par M. Brossette, est mis en application de la façon suivante :
Sur une table à double fond, en fonte, bien dressée et placée horizontalement, on dispose une toile vernie et sur cette toile une couverture de coton. La glace, après avoir été nettoyée et lavée, est placée sur cette couverture, puis recouverte de la solution argen tique qui reste adhérente au verre par le seul fait de l’attraction moléculaire des bords de la glace.
Au moyen de serpentins de vapeur, placés dans le double fond de la table, on élève la température à 35° ou 40°. On voit alors, après sept ou huit minutes, se former çà et là des marbrures d’argent précipité, taches qui progressent très rapidement et se rejoignent sans solution de continuité en vingt-cinq à trente minutes.
On incline alors la table et on lave la glace à l’aide d’une peau de chamois imbibée d’eau distillée. Le liquide est recueilli dans une rigole qui borde l’appareil.
Replaçant la table dans sa position horizontale, on verse une deuxième liqueur d’argent qui, après un contactde quinze minutes, produit un second dépôt destiné à compléter et à renforcer le premier.
La glace est alors argentée; on la place de champ dans l’atelier où on la maintient à une température de 25° à 28°.
Les liqueurs d’argent ont pour composition :
Liqueur n° 1
Liqueur n° 2
Nitrate d’argent
10 Nitrate d’argent
Eau
30 Eau
Ammoniaque
62 Acide tartrique
Eau
On y ajoute :
Eau 30
Acide tartrique 1
La couche d’argent déposée sur les glaces est excessivement mince ; elle ne représente guère plus de 6 à 7 grammes d’argent par mètre carré.
L’étamage à l’argent présente plus de solidité et moins de dangers que l’étamage au mercure; mais, par contre, le pouvoir réflecteur est beaucoup moindre, les objets blancs sont réfléchis avec une teinte jaune.
Ceci est dû à l’absorption d’une faible partie des rayons violets et bleus.
On sait en effet qu’on ne peut pas juger de la couleur d’un métal poli quand on le voit par réflexion, car les rayons qu’il réfléchit sont mélangés à une grande quantité de lumière blanche ; ils sont étendus, comme une solution colorée, dans beaucoup d’eau. Pour bien \oir la couleur propre d’un métal, il est nécessaire que les rayons se réfléchissent plusieurs fois avant d’arriver à l’œil. Dans ces conditions, l’or paraît rouge, l’argent paraît vert.
Si on regarde à travers une glace argentée du côté où se trouve la couche d’argent, les objets paraissent violets; c’est qu’en effet l’argent étant vert renvoie les rayons de cette couleur et ne laisse arrivera l’œil que les rayons
qui, par leur association, constituent la couleur complémentaire du vert, c’est-à-dire le violet.
On peut rendre plus solide l’argenture en formant après coup un amalgame, directement sur la glace argentée.
M. Lenoir a proposé d’employer, comme agent d’amalgamation, le cyanure double de potassium et de mercure. On en fait une solution très étendue, ne marquant pas plus de 1° à 2° à l’aréomètre Baumé. On verse cette solution sur le côté argenté de la glace et on lave aussitôt à l’eau distillée. On obtient ainsi un amalgame qui est plus solide et réfléchit mieux que l’argent seul.
Pour argenter les miroirs concaves, on a pendant longtemps fait usage de l’aldéhyde comme] réducteur. Ce procédé, préconisé par Liébig, est maintenant abandonné.
M. Martin emploie une liqueur d’argent qu’il réduit avec du sucre interverti. Il opère à froid avec quatre solutions dont voici la composition :
Azotate d’argent. . . .
Eau distillée
Ammoniaque à 24°. .
Eau distillée
70 centimètres cubes.
Potasse pure . . 40
Eau distillée. . . 1000
Sucre interverti préparé avec :
Sucre
Acide nitrique
Eau distillée
en faisant bouillir pendant dix minutes et saturant incomplètement l’acide azotique par la potasse. On ajoute 50 centimètres cubes d’alcool et on complète le volume de 500 centimètres cubes. On a ainsi la liqueur n° 4.
Pour argenter l’intérieur d’un ballon, par exemple, on prend des volumes égaux de chacune des quatre liqueurs. On mélange la liqueur II à la liqueur 1; on obtient un précipité qui se dissout quand toute la liqueur II est ajoutée. On verse alors la liqueur III, puis la liqueur IV. Cette dernière n’est ajoutée que quand le mélange des trois autres est déjà dans le ballon.
Le dépôt d’argent se produit immédiatement, mais n’est complet qu’après douze heures de contact. On lave ensuite à l’eau distillée.
L’argenture obtenue ainsi est tellement solide qu’on peut polir la couche d’argent avec du coton saupoudré de tripoli. Ce procédé était employé par Foucault pour déposer la couche d’argent à l’intérieur de ses miroirs. Par cette disposition les rayons lumineux, ne traversant pas le verre, ne subissent pas de déviation.
On protège généralement le dépôt d’argent, en le recouvrant d’une couche de vernis à dessiccation rapide, puis d’une couche de peinture au minium, ou d’une feuille de papier collée sur le vernis. Il arrive parfois que le vernis s’écaille et se soulève, mettant ainsi à découvert la couche d’argent. Comme ce métal est attaquable par les acides et noircit rapidement sous l’influence des évacuations sulfhydriques, il en résulte que, sous l’action du temps, les objets argentés prennent un aspect jaunâtre.
Dans le cas des glaces, cette action commence par les bords qui deviennent noirs. On atténue cet effet en recouvrant les tranches d’une couche de peinture.
79. — Platinage. — En raison des inconvénients que nous venons de signaler, on a cherché à remplacer l’argent par un métal moins sensible à l’action des agents chimiques. On a pensé au platine, dont la première application a été faite par M. Dodé vers 1865.
On fait usage de deux liqueurs :
Chlorure de platine 1 gramme
Essence de lavande 5 —
Chlorure de platine 1 gramme
Essence de lavande 12 à 15 grammes
Sous-acétate de bismuth impalpable. 2 grammes
On étale avec un pinceau, sur la glace à platiner, une couche de liqueur n° I, et après dessiccation on porte la glace dans un moufle chauffé au rouge sombre.
Cette première couche sert d’attache pour une seconde qui est faite avec la liqueur n° II. On cuit de nouveau, et après refroidissement on lave à l’eau distillée.
Le platinage est très solide, car le métal fait corps avec le verre qui a servi de fondant. En raison de cette solidité, on se dispense de protéger la couche de platine; il est alors possible de placer la surface platinée du côté visible du miroir.
Cette manière de faire présente un avantage considérable en ce sens que, les images étant réfléchies directement par le platine, les rayons ne traversent pas le verre; il devient, par suite, inutile de polir les deux faces de la glace. Il suffit que la face platinée soit parfaitement dressée.
Le platinage permet donc de faire usage de glaces travaillées d’un seul côté, ce qui permet de les couler à une
plus faible épaisseur et de réaliser, de ce chef, une économie considérable de matière et de main-d’œuvre.
D’autre part, la qualité du verre ne joue plus, comme dans l’étamage ou l’argenture, un rôle prépondérant. Malheureusement le platinage est bien inférieur comme aspect aux deux autres procédés; il est sombre et communique cette teinte aux objets réfléchis ; aussi le commerce ne l’a-t-il pas adopté.
En outre, la nécessité de chauffer les glaces au rouge rend le platinage presque impraticable pour la fabrication de glaces de grandes dimensions, par suite des déformations qui se produisent pendant le passage au moufle.
Jusqu’aujourd’hui on n’a pu obtenir de glaces de grandeur supérieure à 120 X 66, et encore faut-il ajouter que celles qu’on a préparées à ces dimensions sont fort imparfaites.
La couche de platine déposée est excessivement mince et se laisse traverser par la lumière qu’elle colore en violet.
Outre son emploi pour les miroirs communs de petites dimensions, on a trouvé au platinage des usages divers. C’est ainsi qu’on emploie le verre platiné pour garnir les vitres de rez-de-chaussée en plaçant le côté platiné à l’intérieur. On est ainsi garanti des regards des passants, tout en se conservant la possibilité de voir les objets extérieurs. Du dehors, en effet, par suite de l’obscurité relative de l’intérieur, on ne voit que sa propre image réfléchie.
On a fabriqué avec le verre platiné des réflecteurs pour foyers électriques; dans cette application, le platinage se présente avec tous ses avantages, car il n est pas altéré par l’action de la chaleur.
Une application intéressante du verre platiné est celle qui en a été faite pour la construction de rhéostats ou
§ 1. — TRAVAIL MÉCANIQUE DES GLACES 295 résistances électriques pour courants de faible intensité.
DO. — Dorure. — M. Schwarzenbach , de Berne, recouvre tes glaces d’une couche d’or brillant ou mat pour en faire principalement des bordures, des cadres, etc.
Il fait usage de deux liqueurs : la première, qui est une dissolution de chlorure d'or dans l’eau distillée, alcalinisée ensuite par du carbonate de soude, contient 0 gr. 300 d’or métallique par litre.
La seconde est une dissolution saturée de protocarbure d’hydrogène dans l’alcool, étendue ensuite de son volume d’eau.
La dorure est obtenue en versant sur la glace un mélange de 200 centilitres de la première liqueur et 25 centilitres de la seconde. On laisse en contact pendant trois heures, et il ne reste plus ensuite qu’à laver et sécher.
Ol. — Examen clés cjlaces. — Détermination de V épaisseur , de la planimètrie et du parallèlisme des faces. — Les qualités recherchées dans les glaces sont, outre leur pureté et leur limpidité, une épaisseur raisonnable (en rapport avec leur superficie) qui leur donne la solidité; une parfaite planimètrie et un parallélisme absolu des faces, sans lesquels la glace ne peut constituer qu’un miroir imparfait.
Nous nous occuperons successivement de ces trois poin ts dont le premier intéresse plus particulièrement le commerce, et les autres, le fabricant et l’opticien
Epaisseur des glaces. — Sur une glace unie, on peut assez facilement s’assurer si l’épaisseur est suffisante pour que les conditions de sécurité et de garanties soient remplies d’un façon satisfaisante. Il n’en est plus de même
dans le cas où l’on veut se rendre compte de la valeur réelle d’une glace encadrée.
M. Benoît a imaginé un appareil auquel il a donné le nom de pachomètre, qui permet de déterminer de façon très exacte l’épaisseur de glaces étamées ou argentées.
La description de cet appareil nous entraînerait trop loin, aussi nous contenterons-nous d’en exposer le principe.
On sait que, lorsqu’un rayon lumineux vient frapper une surface réfléchissante, l’angle de réflexion est égal à l’angle d’incidence. Dans le cas d’une glace étamée, le rayon incident doit d’abord traverser la glace avant de rencontrer la surface réfléchissante.
Pour une incidence donnée, ce point de rencontre avec la face réfléchissante variera de position avec l’épaisseur de la face ; il en résulte que le rayon réfléchi aura son point d’émergence à une distance variable, par rapport à la normale élevée au point où le rayon incident frappe la face non étamée de la glace.
On comprend qu’il existe entre ces éléments une relation d’après laquelle il est facile de calculer l’épaisseur de la glace.
L’emploi du pachomètre permet d’éviter tout calcul et donne directement et très rapidement le résultat cherché.
La détermination de l’épaisseur en divers points d’une glace de grandes dimensions est un moyen détourné de se rendre compte du parallélisme des faces ; mais on reconnaîtra qu’il ne résout pas la question de la planimétrie.
Nous croyons intéressant d’indiquer ici par quels procédés on arrive à effectuer cette double détermination dans la fabrication des glaces destinées à l’optique
S’il est vrai que l’exécution des instruments d’optique parfaits exige une précision exceptionnelle, où les inégalités doivent être souvent inférieures à de millimètre
ou 1 micron, les phénomènes lumineux présentent aussi des modes d’épreuve supérieurs à tous les procédés de la mécanique.
Les anneaux colorés, qui ont fourni à M. Fizeau une méthode admirable pour l’étude de la dilatation des corps solides permettent de constater, par un simple coup d’œil, si deux surfaces sont parallèles, et d’estimer les variations à moins d’un quarantième de micron.
De même, l’observation des images fournies par réflexion permet de vérifier le parallélisme de deux faces ou l’exactitude des angles dièdres qu’on a voulu leur donner.
M. Laurent, l’opticien habile bien connu, a coordonné toutes les méthodes de Foucault, y a ajouté beaucoup de procédés particuliers très ingénieux, elles a rendus applicables par la création d’appareils d’un emploi facile 1 .
Appareil pour contrôler et exécuter les surfaces planes . — La figure 88 donne une vue perspective de l’appareil.
La figure 89 en représente une coupe verticale; la figure 90 est une vue de face dans laquelle la partie horizontale du faisceau est rabattue verticalement.
En O (fg. 89) se trouve un écran de papier blanc éclairé par le brûleur monochromatique; il envoie un cône de rayons qui se réfléchissent verticalement sur le miroir R, couvrent la surface de la lentille L, dont le foyer principal est en O', et traversent le plan-type P ; une partie se réfléchit sur la face-type (indiquée en trait fort),
1 On consultera avec intérêt un rapport fait par M. Mascart et publié -dans le Bulletin de la Société d' encouragement, juin 1891.
A, support dans lequel est posée la lentille L; on peut le tourner de côté, afin de sortir la lentille pour l’essuyer.
I, lentille éclairante, plan convexe ; son foyer principal de 350 millimètres correspond au point O.
R, réflecteur ordinaire. Il a pour but, l’œil étant un peu au-dessus de O, de voir en f' les franges d’interférences produites en f, entre le plan-type et la surface à examiner.
r, petit réflecteur, permettant à une deuxième personne de voir les franges en même temps.
O, écran de papier blanc, éclairé en jaune par la lumière du brûleur J; elle sert de surface éclairante pour produire les franges que l’on voit en regardant au-dessus de O.
C, deuxième surface éclairante pour les franges que l’on voit en regardant sur le côté en r' et perpendiculairement en regardant la direction du premier observateur. Cela est très utile dans le cas où deux personnes ont besoin de voir en même temps : un professeur et un élève, ou le patron et l’ouvrier.
f, franges d’interférences de M. Fizeau, produites entre la surface supérieure du plan-type et celle inférieure de la surface à examiner.
/“, les mêmes," vues par réflexion, quand on regarde au-dessus de O. — J, brûleur monochromatique Laurent. — L, lentille servant à concentrer la lumière de J sur C et O. Cet appareil est à la fois un instrument de cabinet et un outil. — Marche de la lumière. — Elle est représentée par les schémas (fig. 89 et 90,.
§ 1. TRAVAIL MÉCANIQUE DES GLACES 29î>
l’autre partie se réfléchit également sur la face de la pièce S (indiquée en trait fort). Ces deux systèmes de rayons interfèrent, produisent des franges colorées et reviennent en 0", près du point de départ où l’œil lesreçoit.
Fig. 89.
On voit [fig. 90) un second écran C placé en dehors de l’axe; les rayons qu’il émet tendent à revenir en C% mais un petit miroir r les renvoie sur les côtés en C' où l’œil du deuxième observateur les reçoit (le premier étant en 0 ).
Vérification d'une surface. — Soit une surface plane S isolée, appartenant à une pièce optique quelconque. On la pose sur le plan type P. On allume le brûleur dont on dirige la flamme sur les écrans et l’on regarde en 0" [fig. 89). Si les surfaces sont bien essuyées, on voit des franges ou des anneaux noir gris sur un fond jaune clair. En appuyant légèrement sur S, on obtient à volonté des franges ou des anneaux. Ces deux apparencesdonnent, en se complétant, la forme exacte de la surface, à peu près comme les courbes de niveau indiquent le terrain sur une carte topographique.
Anneaux. — S’ils sont ronds, la surface est de révolution; en appuyant légèrement au centre, les anneaux changent de forme, ils s’agrandissent ou se rapetissent; dans le premier cas, la surface est convexe; dans le second, elle est concave.
Fig. 91.
Franges produites par une surface plane.
Franges produites par une surface convexe.
Fig. 93.
Franges produites par une suri ace concave.
Si les anneaux sont ovales, la surface esta double courbure. En mesurant le diamètre des anneaux, on pourra en déduire le rayon de courbure de la surface.
Franges. — Les franges droites et un peu espacées ( fig . 91) indiquent un plan; les extrémités un peu recourbées dénotent des bords arrondis, ils le sont toujours. La figure 92 montre une surface convexe, la figure 93 indique une surface concave, mais dont les bords sont aussi rabattus.
Nous ne pouvons entrer ici dans tous les détails de fabrication ; nous dirons seulement qu’en général on obtient l’apparence (fig. 92) plus ou moins exagérée, et qu’en voulant bien faire on peut tomber dans l’apparence (fig. 93).
Quand on veut faire des comparaisons exactes, il faut laisser la pièce et le plan-type un certain temps l’un sur l’autre, pour qu’ils soient bien à la même température : sans cela on peut avoir des différences de trois ou quatre
anneaux.
Quand on travaille une surface isolément, on sait qu’elle est toujours arrondie sur les bords et plus ou moins pour des causes diverses ; elle est meme plus arrondie qu’on ne le pense couramment.
Cette méthode est très pratique, car elle donne d’un coup d’œil la valeur de la surface ; il suffit de la poser sur le plan-type; les franges indiquent si les bords sont rabattus, si le centre est creux, etc., ce qui importe enfin pour la conduite du travail.
Pour obtenir de meilleures surfaces, on les agrandit au moyen de cales que l’on fixe de différentes manières; tout l’arrondi se porte alors sur les cales et l’on obtient une très bonne surface centrale ; mais malheureusement, quand on décolle la pièce, elle change de forme, le verre étant beaucoup plus élastique qu’on ne le croit ordinairement.
M. Laurent a obtenu cependant de très bons résultats en fixant au plâtre des plans ou des lentilles dans des anneaux en verre complets, l’espace occupé sur le plâtre ayant 1 millimètre de largeur. Avec ce procédé les franges sont droites jusqu’aux bords.
Appareil pour étudier le parallèlisme des deux faces dune glace . — Ces appareils (fig. 94) se composent de deux parties distinctes, un bâti servant de support aux pièces à examiner, et une ou deux lunettes auto-colimatrices de même forme.
Comme il est indispensable, pour la compréhension de ce qui va suivre, de connaître les détails de construction de la lunette autocolimatrice, nous la représentons [fig. 95, 96) et en donnons la description :
Marche delà lumière. — La lumière émanée d’un bec
302 GHAP. IV.
Fig. 95.
Fig. 96.
Légende explicative. — L, corps de lunette, vissée sur le trépied mobile T.
A, objectif achromatique ordinaire (invisible sur le dessin) de 240 millimètres de diamètre.
0, système oculaire représenté en détail ( fig . 95).
E, écran sur lequel on projette la flamme du bec de gaz F.
1 , lentille éclairante, sert à projeter en E la flamme F.
T, trépied mobile portant la lunette Z, t.
T', trépied fixe supportant le trépied T, au moyen des trois pointes g, B, C.
g, pointe fixe.
B, bouton servant à régler un des fils tangents à l’image pour amener •celle-ci dans le milieu du champ.
C, tambour divisé servant à amener l’autre fil également tangent à l’image; c’est le fil de mesure, il donne l’inclinaison de la lunette Z.
Les trois pointes sont retenues par trois ressorts antagonistes qui évitent le jeu.
5, socle sur lequel on pose les pièces optiques ; il porte une colonne sur laquelle est fixé T', au moyen d’un bouton.
P, surface plane réfléchissante.
6, petit bouton de serrage ; il a pour but de fixer le courant de la lunette Z, quand on a réglé la position des fils.
o, système oculaire positif, grossissant vingt fois.
D, diaphragme portant deux fils d’araignée, perpendiculaires; il est au loyer principal de l’objectif.
/>, prisme éclaireur à réflexion totale, posé sur le trou Z.
Z, petit trou de 3/10 de millimètre de diamètre, percé dans le diaphragme D sur le côté et éclairé par p.
Z', image réfléchie du trou, invisible directement dans l’oculaire.
/’, .g, fils d’araignée en croix.
de gaz est concentrée en E ; elle est réfléchie par le prisme p de haut en bas, traverse le trou t qui devient l’objet éclairant, puis traverse robjectif A dont le foyer principal est en J) ; les rayons sortent en faisceau cylindrique, se réfléchissent perpendiculairement sur le plan P, traversent l’objectif de nouveau et viennent donner sur le diaphragme I) une image du petit trou t. En inclinant soit le plan p, soit la lunette L, on amène le cercle éclairé à être tangent aux deux fils /ÿ, ce qui détermine bien la position de la lunette : c’est le zéro. Si l'on dérange soit la lunette, soit le plan, d’un petit angle, l’image ne sera plus tangente aux deux fils, la distance à chacun d’eux donnera la position dans deux plans perpendiculaires ; il sera facile de trouver la position de la résultante, c’est-à-dire l’endroit où l’ouvrier doit appuyer.
Si l’on veut faire des mesures, on agira sur le bouton C (fig. 94) et on lira les divisions du cadran. Ce sont des nombres arbitraires, mais on peut déterminer pour chaque appareil la valeur de ces divisions en secondes.
Pour cela, on se procure un angle de 1° environ, soit au moyen de l’équerre à angle variable, soit autrement; on mesure cet angle en minutes et en secondes au moyen du cercle divisé, puis on voit à combien de divisions du cadran C il correspond, et l’on en déduit la valeur d’une division en secondes.
Cette valeur est très utile à connaître. On obtient le plus grand degré de précision possible, en rendant le bord de l’image tangent au fil qui sert à mesurer. On agit pour cela sur le tambour divisé C, on fait plusieurs
Fig. 97.
lectures et on prend la moyenne ; on peut ainsi dire à quel degré de précison on donne la valeur d’un angle.
Pour avoir la valeur angulaire du diamètre de l’image, on cherchera une glace donnant deux images qui se coupent (fig. 97), on notera la valeur des écartements AB et AE et on aura : D = 2AE — AB.
Réglage des fils . — L’un des fils doit être parallèle au deux pointes q , B (fig. 94), et l’autre perpendiculaire. Si cette condition est remplie, la mesure est rendue plus commode; il suffit, en effet, que l’image soit dans le champ; on n’a alors à s’occuper que de sa position par rapport à un seul fil, celui de mesure et qui est parallèle
Soit (fig. 98) l’image t' qui doit suivre le fil f, par exemple, en tournant soit le bouton divisé, soit la pièce optique ; si cette image ne suit pas le fil et vient en f, par exemple, il suffira de tourner tout entier le coulant de la lunette (fig. 94) (après avoir desserré le bouton b) de manière à rendre f ' tangent à f .
Pour l’exécution des surfaces parallèles de précision, on se sert d’une lunette dans laquelle g, G (fig. 94) est perpendiculaire à g, B, les deux boutons C et B sont divisés, cela permet de mesurer dans deux plans perpendiculaires sans déplacer la pièce; on obtient plus exactement la résultante et, quand on rend l’image tangente à l’un des fils, on ne dérange pas l’autre.
Dans quelques cas, on se sert d’un oculaire (fig. 99,100).
La lumière projetée en E se réfléchit sur la glace G, de haut en bas ; on a l’image de fils sombres sur fond
éclairé, tandis que dans le premier oculaire on a l’image d’un trou éclairé sur fond sombre. Dans le deuxième cas, la lunette est réellement perpendiculaire au plan ; dans le premier cas, elle ne l’est pas, ce qui n’a d’ailleurs aucune influence sur la précision. Pour simplifier, nous continuerons à dire que la lunette est perpendiculaire au plan réfléchissant.
Fig. 99. Fig. 100.
0, système oculaire positif ordinaire d’un grossissement de 14. G, glace éclairante à 45°.
D, diaphragme portant deux fils, f et g.
f, g , fils d’araignée perpendiculaires entre eux.
f' g\ images des deux fils f et g.
En résumé, la lunette peut être considérée comme une normale à la surface à examiner, un plan peut être déterminé, comme direction, par sa normale : c’est l’inclinaison très amplifiée de cette dernière que l’on mesure. C’est ainsi que nous considérons les lunettes dans les appareils suivants.
Appareils pour le contrôle et V exécution des surfaces parallèles. — Cet appareil est représenté en perspective
(fig- 94)-
Exécution de deux surfaces parallèles. — Soit à exécuter une deuxième surface, parallèle à une autre surface polie. M. Laurent emploie l’appareil représenté (fig. 94). Cette surface étant préparée le mieux possible par les
procédés ordinaires, on la pose sur trois pointes calées
sur le socle et l’on rend la lunette perpendiculaire à la face polie.
La figure 101 est un schéma théorique.
Nous supposons que la surface non polie Q n’est pas parallèle à la face polie P, elles font entre elles un angle a, c’est l’erreur. La lunette est réglée suivant ON perpendiculaire à P, elle fait donc avec la verticale OY
un angle égal à a; on fait faire un demi-tour à la pièce, de manière que P vienne en P', la normale à P' sera ON' faisant avec ON un angle 2*; N n’a pas bougé et son image viendra en N" faisant alors avec ON un angle NON'' égal à 4a ; l’erreur est donc quadruplée, ce qui rend le procédé très sensible. L'ouvrier voit où est le côté le plus épais, c’est-à-dire où il doit appuyer, c’est du côté où l’image est déviée.
Remarque. — Si on estime l’erreur apparente en fonction de l’image, elle est bien 4*; mais, si on la mesure en rendant le fil tangent à l’image au moyen du cadran G [fig. 94) l’angle donné par les divisions sera seulement égal à 2a.
On peut tailler des tubes de verre à faces parallèles et les contrôler.
Vérification rapide des glaces parallèles
Glaces non argentées. — Si les deux faces PQ sont bien parallèles [fig. 102), les images du petit trou don-