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Émaillage îles métaux communs

L’application des émaux sur les métaux communs doit répondre au double but de protéger la surface de l’objet contre l’oxydation et en même temps de concourir à la décoration.

Empaillage de la tôle. — La tôle est bien décapée dans une solution étendue et chaude d’acide sulfurique. Après séchage on en saupoudre la surface avec un émail transparent assez fusible dit « contre-oxyde », dont on opère la fusion en portant l’objet au moufle. L’émail véritable est ensuite fixé sur ce contre-oxyde.

Fonte moulée émaillée. — Le principal représentant de cette industrie est M. Godin-Lemaire, à Guise (Aisne). Il avait d’abord essayé d’opérer comme pour la tôle, mais il dut renoncer à cette manière de faire, car le contreoxyde s’écaillait, se soulevait, par suite de la combustion du carbone contenu dans la fonte, line put réussir qu’en portant l’objet au rouge et en le saupoudrant, seulement à ce moment, d’un émail très fusible dont la fusion est ensuite complétée au four.

Émaillage intérieur des objets de cuisine. — L’émail n’ëst pas appliqué directement sur le métal, mais bien

sur un enduit dont on recouvre au préalable l’intérieur de l’objet.

Cet enduit s’obtient en fondant ensemble un mélange de sable, de terre de pipe, de carbonate de soude et de borax. Avec cette sorte de verre réduit en poudre impalpable et gâché clair avec de l’eau, on fait une barbotine qu’on verse dans l’intérieur de l’objet à émailler. On fait écouler l’excès et on sèche à l’étuve pendant vingt-quatre heures. On porte alors au moufle pour amener la fusion et l’adhésion de l’enduit. C’est cette poterie intérieure qui est ensuite recouverte d’une barbotine d’émail qu’on cuit comme précédemment.

116. — Verre émaillé. — Sur l’objet à émailler on dispose une barbotine d’émail faite à l’eau gommée; après dessiccation on cuit après avoir enlevé l’émail aux endroits qui doivent rester transparents. Pour la fabrication industrielle d’objets en verre émaillés avec réserve de parties claires, on procède d’une façon plus rapide à l’enlevage de l’émail. On se sert d’un pochoir qui est constitué par une feuille de cuivre découpée suivant le dessin. Quand l’émail a été appliqué avec l’eau gommée, on place le pochoir sur la feuille ou l’objet en verre, et on frotte ensuite avec une brosse. L’émail se trouve enlevé là où le pochoir est vide ; on a un dessin transparent sur fond mat.

Pour de grandes feuilles, on déplace le pochoir en en fixant la position par des points de repère.

Emaillage avec dentelle. — On met une couche d’eau gommée sur la lame de verre ; on sèche et on dépose sur cette lame un carré de dentelle représentant le dessin

qu’on veut obtenir. Cette dentelle est maintenue par un cadre dont elle forme le fond.

On place le tout dans une cage fermée dans laquelle on injecte de la poussière d’émail, qui tombe peu à peu et s’applique aux endroits non recouverts par la dentelle. On enlève ensuite cette dernière, et on porte la lame de verre dans une étuve où passe de la vapeur d’eau qui, délayant la gomme, rend l’émail adhérent. On peut alors facilement transporter la plaque de verre au moufle sans craindre de gâter le dessin.

On a fait aussi des reproductions d’émaux anciens en choisissant comme supports des verres de qualité inférieure, car les verres ordinaires sont trop beaux et laissent trop facilement passer la lumière.

§3. — Verres et cristaux colorés

La coloration des verres est obtenue, comme nous avons déjà eu l’occasion de le dire, par addition d’oxydes métalliques qui très fréquemment sont ajoutés au mélange des matières vitrifîables. On obtient ainsi du premier jet un verre coloré.

Dans d’autres cas, on refond du verre blanc avec la quantité convenable d’oxydes métalliques.

La fabrication des cristaux colorés n’est pas ancienne en France, où elle n’était guère pratiquée avant 1840.

Certaines matières colorantes ne peuvent s’allier au cristal seul, il faut alors lui adjoindre soit du verre de Bohême, soit du verre ordinaire à base de soude.

Nous donnons ci-dessous la composition de quelques verres colorés.

Verre blanc ordinaire . . 100 kil-

Oxyde de cobalt 150 gr.

ou l’équivalent en « safré » ou « azur ».

On donne ces noms à des verres bleus très foncés en couleur, fabriqués spécialement en vue de permettre d’obtenir plus aisément des verres à teinte bleue très faible, par la fusion d’une plus ou moins grande proportion de ces verres avec du verre blanc.

Bleu turquoise. - — Il faut un verre très riche en silice dans lequel on ajoute des battitures de cuivre ou de l’oxyde de cuivre précipité.

Sable

Carbonate de soude . .

Carbonate de potasse .

Carbonate de chaux . .

Battitures de cuivre . .

Protoxyde d’étain . . .

Par transparence, le verre coloré à l’oxyde de cobalt est rougeâtre, ce qui le rend impropre à la fabrication d’écrans. Pour obtenir une teinte neutre, il convient d’ajouter un peu d’oxyde de fer à l’oxyde de cobalt employé comme colorant.

Voici deux compositions qui donnent un bon verre neutre; le n° 1 est employé pour écrans destinés à l’examen des fours; le n° 2 peut servir à fabriquer des lunettes, ce verre peut même remplacer les verres dits « verres fumés ».

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