CONCLUSION
N résumé, Verrocchio tient une des premières places dans Fart italien, non seulement par la beauté de ses œuvres, mais par l'influence qu'il a exercée. Sans être aussi grand que Donatello ou Ghiberti, les illustres maîtres de l'âge précédent, il doit être classé immédiatement après eux.
Il continue leur œuvre, mais il la transforme, et les idées nouvelles qui régnaient au temps de Laurent de Médicis trouvent en lui leur plus fidèle interprète. Gomme Politien, il a chanté les joies de la vie et le bonheur d'aimer; et son œuvre, toute pleine de sourires, suffit à nous dire que jamais Florence ne vécut des jours plus heureux que sous le gouvernement du Magnifique.
Dans son désir d'exprimer toute la beauté de la vie, de reproduire amoureusement les formes charmantes de la nature, il s'appliqua à perfectionner son art, renonçant aux scènes compliquées, limitant ses œuvres pour les rendre plus parfaites.
Transportées dans l'art de la peinture, ces qua-
LES MAITRES DE L'ART
lités firent de Verrocchio un des grands réformateurs de l'école florentine.
Verrocchio a vécu aux confins de deux âges, au moment où l'ancienne école florentine allait céder la place à Técole de la Renaissance, et son œuvre est un compromis entre ces deux influences. Il n'est pas encore un disciple de l'Antiquité, mais il n'est déjà plus un maître chrétien. Il ne renonce pas à regarder la nature pour s'inspirer des statues antiques et il ne subordonne pas l'expression des pensées à l'étude des formes ; mais il croit que l'artiste doit se dégager de toute préoccupation morale ou religieuse, pour se consacrer exclusivement à l'étude de la vie et de rhumanité, pour nous les faire connaître et nous les faire aimer. L'artiste ne cesse pas d'être un apôtre. Il est l'apôtre, non de la religion, mais de la beauté.