POUR DES ESSEINTES
Gloire du long désir, Idées Tout en moi s'exaltait de voir La famille des iridées Surgir à ce nouveau devoir ,
Mais cette sœur sensée et tendre Ne porta son regard pius loin Que sourire et, comme à l'entendre J'occupe mon antique soin.
Oh! sache l'Esprit de litige, A cette heure où nous nous taisons, Que de lis multiples la tige Grandissait trop pour nos raisons
Et non comme pleure la rive , Quand son jeu monotone ment A vouloir que l'ampleur arrive Parmi mon jeune étonnement
D'ouïr tout le ciel et la carte Sans fin attestés sur mes pas, Par le flot même qui s'écarte, Que ce pays n'exista pas.
L'enfant abdique son extase Et docte déjà par chemins Elle dit le mot : Anastase !
Né pour d'éternels parchemins,
Avant qu'un sépulcre ne rie Sous aucun climat, son aïeul, De porter ce nom : Pulchériel Caché par le trop grand glaïeul.
HÉRODIADE
Fragment
O miroir I
Eau froide par V ennui dans ton cadre gelée Que de fois et pendant les heures, désolée Des songes et cherchant mes souvenirs qui sont Comme des feuilles sous ta glace au trou prùfond % Je m'apparus en toi comme une ombre lointaine Mais, horreur I des soirs, dans ta sévère fontaine, fat de mon rêve épars connu la nudité !
IIÉRODIADE
Oui, c'est pour moi, pour moi, que je fleuris,
[déserte !
Vous le savez, jardins d'améthyste, enfouis Sans fin dans at savants abîmes éblouis, Ors ignorés, gardant votre antique lumière Sous le sombre sommeil d'une terre première, Vous pierres où mes yeux comme de purs bijoux Empruntent leur clarté mélodieuse, et vous Métaux qui donnez a ma jeune chevelure Une splendeur fatale et sa massive allure !
Quant à toi, femme née en des siècles malins Pour la méchanceté des antres sibyllins,
56 HÊRODUDE
Qui parles d'un mortel ! selon qui, des calices De mes robes, arôme aux farouches délices^ Sortirait le frisson blanc de ma nudité, Prophétise que si le tiède azur d'été, Vers lui nativement la femme se dévoile, Me voit dans ma pudeur grelottante d'étoile, Je meurs 1
J'aime Phorreur d'être vierge et je veux Vivre parmi l'effroi que me font mes cheveux Pour, le soir, retirée en ma couche,. reptile Inviolé sentir en la chair inutile Le froid scintillement de ta pâle clarté Toi qui te meurs, toi qui brûles de chasteté, Nuit blanche de glaçons et de neige cruelle!
Et ta sœur solitaire, ô ma sœur éternelle,
HÊRODTADE 57
Mon rêve montera vers toi : telle déjà Rare limpidité d'un cœur qui le songea, e me crois seule en ma monotone patrie Et tout, autour de moi, vit dans l'idolâtrie D'un miroir qui reflète en son calme dormant Hérodiade au clair regard de diamant..
charmp dernier, oui! .je le sens, je suis seule.