‹ Vers l'abîme (volume 2)Chapitre 13 sur 102 · APPEL · texte numérisé non relu

APPEL

Au point où en était le conflit, un recours à Rome s'imposait et l'Ecole put croire un instant que cet app il serait suspensif de toute mesure coercilive qu'on venait de lui laisser entrevoir. A défaut des évoques, Rome écouterait, ferait justice. Cette confiance n'avait rien que d'honorable pour le Saint- Siège, et n'excédait pas la haute considération en laquelle l'Ecole le tenait.

« L'Ecole expliquait alors « qu'elle n'en appel] pas des Décrets Apostoliques, mais de l'interprétation donnée à ces

Décrets. Tous les médecins de l'Ecole ont reçu les Décrets et ont toujours entendu s'y soumettre sincèrement et entièrement. Ils demandent seulement qu'on les exécute conformément aux intentions bien connues du Saint-Siège et, par conséquent, sans violer la justice.

» Le seul fait de- supposer que le Saint-Siège veuille commander l'injustice, doit nécessairement être regardé comme une sanglante injure jetée à la face de l'Eglise.

» Au lieu d'examiner la valeur des contrats, les opinions légales, etc. et de résoudre directement la question de justice, NN. SS. les évoques ont déclaré l'Ecole rebelle à la Sainte Eglise, dans le but évident d'annuler les contrats 1 Pourtant NN. SS. savaient par l'Appel du 22 mai que l'Ecole avait l'intention d'en appeler à l'autorité compétente, si Leurs Grandeurs ne lui rendaient pas justice.

» Il semble bien certain que, même après une telle déclaration, l'Ecole peut légitimement invoquer l'autorité civile pour maintenir les contrats et forcer qui que ce soit de les respecter. Car il n'est pas nécessaire pour cela de permettre p.u tribunal civil de se prononcer, contrairement aux règles de l'Eglise, sur la nature de l'acte épiscopal déclarant l'Ecole coupable du crime de rébellion à l'Eglhe : il suffirai' de montrer que cette déclaration repose sur un fondement faux, sur des faits supposés. Or, en droit, un juge ,civil peut examiner et juger de tels faits, comme il appert par une consultation des Docteurs Romains citée par M. le juge Routhier (Voir la brochure, publiée chez L. Brousseau, Québec, 1876 : « Jugement de Son Honneur le Juge Routhier dans la contestation de l'Election de l'hoïi. H. Langevin, député fédéral du comité de Çharlevoix », pp. 14 et suiv.).

» Mais l'Ecole, pour éviter, autant qu'il est en elle, de donner, même indirectement, une occasion de scandale et pour se rendre aux vives instances de plusieurs digne.? abbés, prélats et religieux de divers ordres consultés dans les difficultés actuelles, a voulu tenter un suprOme effort, afin

d'obtenir un jugement du Saint-Siège sur l'interprétation des Décrets Apostoliques et la question de justice. Elle est loin, comme l'on voit, d'agir en institution qui se révolte contre l'Eglise. » »

Voici maintenant l'acte officiel autorisant M. le docteur L. E. Desjardins à traiter avec le Sanit-Siège au nom de l'Ecole.

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