‹ Vers l'abîme (volume 2)Chapitre 35 sur 102 · V. — Érection de la Succursale, iSj~-yS · texte numérisé non relu

V. — Érection de la Succursale, iSj~-yS

Nous considérerons « d'abord le décret en lui-même, » puis nous considérerons « comment il fut exécuté. »

A. Le décret d'érection de la succursale fut porté malgré Mgr Bourget, malgré Mgr Fabre, son coadjuteur, malgré les Evêques de la Province, malgré l'immense majorité du clergé, malgré les protestations et les réclamations les plus énergiques de la presque totalité des laïques du vaste diocèse de Montréal et des diocèses voisins.

Mgr Bourget ne put en conscience consentir à l'exécuter et donna sa démission ainsi que nous l'avons vu; cela seul est une présomption extrêmement forte contre ce décret, car la sainteté et la science de ce prélat était connue de tous. Mgr Fabre, son coadjuteur cum jure successionis, avait été informé depuis près de deux ans que le décret était en contemplation et il avait fait tout son possible pour convaincre la Propagande que ce décret, entre autres inconvénients très graves, détruisait, à jamais, dans son diocèse, si on le lui imposait, l'union de l'évêque avec son clergé et ses fidèles. Mais depuis que Mgr Conroy, débarquant à Halifax, dit à Mgr Fabre, alors évêque de Montréal : « Mgr, vous allez exécuter immédiatement le décret de la succursale, » Mgr Fabre, se croyant obligé en conscience d'obéir à un ordre formel, se prêta à tous les désirs de l'Archevêque de Québec et de l'envoyé du Saint-Siège.

Les évêques avaient exprimé leurs vues avec une unanimité et une énergie étonnantes dans leur supplique de juillet 1876; Mgr Laflèche, en leur nom (et en celui de Mgr Fabre, en parti-

culier) avait lutté à Rome de toutes ses forces contre cette succursale (en perspective selon eux, et qui pourtant avait été décrétée, sans qu'ils le sussent, « près de six mois auparavant. ») Quant au clergé et aux fidèles, ce qu'ils firent en 1881, à l'occasion du bill présenté au Parlement, et dont nous parlerons plus loin, peut nous donner une idée de ce qu'ils auraient fait s'ils avaient soupçonné ce qui se décidait à Rome contre eux en 1876. Aussi, quand le décret fut connu, tous unanimement affirmèrent que les clauses même du décret .et de la Bulle prouvaient jusqu'à l'évidence que l'on avait fait à la Propagande un exposé erroné de l'état des choses. En effet :

Page 1