QUANT A LA BULLE
Sans parler de la supposition que l'université est soumise à la direction d'hommes pleins de sagesse, etc., et qu'elle a produit les fruits les plus excellents, supposition que les évêques, dans leur supplique, prouvaient être erronée, remarquons que :
(a) Le Saint-Père suppose que la haute surveillance de la doctrine et de la discipline puisse être (à l'avenir du moins) exercée par les évêques de la Province; or, ces mêmes évêques réunis deux mois plus tard déclarent qu'ils ne « peuvent ni ne veulent » plus se mêler de l'Université Laval. Du reste, cette ingérence est contraire à la charte de l'Université Laval -à laajielle le Saint-Père déclare qu'il ne veut pas déroger.
(b) Le Saint-Père suppose que le gouvernement fédéral et celui de la Province de Québec ont eu leur part de mérite dans l'octroi de la charte; or, l'un et l'autre n'existent que depuis 1867 et la charte fut octroyée en 1852.
(c) Le Saint-Père suppose que les séminaires et les collèges regardent comme une grande faveur le privilège d'être affiliés avec l'Université Laval; or, le contraire était manifeste pour la plupart. j
(d) Le Saint-Père suppose qu'une succursale ne déroge pas à la, charte; or, Sir Herschell, la Reine, l'Université Laval elle-même, la Propagande et les évêques ont déclaré le contraire implicitement, ainsi que nous le verrons plus loin.