EXPLICATIONS SUPPLÉMENTAIRES
304. Etudions maintenant le Supplément au mémoire de M. Hamel, ou réponse au factum de M. A.-C.-P.-R. Landry-
« M. Hamel n'avait pas pensé dans sa Réponse au Factum de M. A.-C.-P.-R. Landry, à réfuter les quatre accusations de la page 32, parce qu'elles se' trouvent dans la partie qui concerne Mgr l'archevêque, et comme elles ont l'air d'y être surtout à l'adresse de Sa Grandeur, M. Hamel pensait que c'était plutôt à Elle qu'il devait des explications qu'au Tribunal, puisque ces accusations sont complètement en dehors du procès lui-même. Néanmoins, comme M. Landry paraît désirer une réponse à ces chefs d'accusation, M. Hamel n'a aucune objection à la lui donner. >
A première vue, ces accusations peuvent paraître étrangères au procès actuel. Elles ne le sont pas autant que voudrait le croire M. Hamel. En effet, si ces accusations (sont fondées, elles auront prouvé deux choses intimement liées au procès actuellement pendant devant le tribunal apostolique :
1° que S. G. l'archevêque de Québec avait parfaitement tort d'accorder une confiance aveugle à M. Hamel, et conséqnemment qu'il n'était nullement justifiable de lui donner cette fameuse lettre du 4 juin 1883, qui n'est rien moins qu'un certificat d'orthodoxie;
2° que M. Hamel, ayant professé ces opinions plus qu'étranges, certainement erronées, il n'est pas étonnant qu'il ait émis sur la franc-maçonnerie des doctrines condamnées par la Sainte Eglise. •
Ces accusations servent à composer la figure de l'accusé.
305. « Ces accusations sont une nouvelle preuve de ce que peut
le préjugé pour faire comprendre de travers les paroles les plus innocentes. Elles porteraient aussi à conclure que, du moins à Québec, il y a une certaine classe de personnes avec qui il faudrait éviter de parler, parce qu'on les croirait payées pour dénaturer le sens des paroles les plus claires.
» Je réponds maintenant à chaque chef d'accusation de la page 32 ».
306. « I. M. Hamel est accusé d'avoir dit de Mgr l'archevêque qu' « il était un homme trop honnête pour plaider devant les con- » grégationi romaines. »
» Ces paroles ne sont pas exactes, mais elles ont un fonds de vrai.
> Si par cette accusation on a cru qu'on jetterait du froid entre Mgr l'Archevêque et M. Hamel, on s'est trompé; car, ce que M. Hamel a dit et qui a pu donner lieu à cette accusation, il l'a dit à Mgr l'Archevêque lui-même. — Et qu'est-ce donc qu'il a dit ainsi? »
Nous ne savons pas et nous ne tenons pas à savoir ce que M. Hamel a dit ou a pu dire à Mgr l'archevêque et notre accusation ne porte pas du tout sur ce point. Nous avons accusé et nous accusons M. Hamel d'avoir dit à d'autres qu'à l'archevêque que Monseigneur était un homme trop honnête pour plaider devant les congrégations romaines. Nous maintenons notre accusation et nous la prouverons.
307. « M. Hamel ne sait pas trop s'il n'a pas employé le mot bon au lieu du mot honnête; mais va pour honnête. Ce que M. Hamel n'a pas dit ce sont les mots « devant les congrégations romaines ». M. Hamel a dit d'une manière générale que Mgr l'Archevêque est trop bon, a une trop grande bonne foi, n'est pas assez défiant pour plaider contre des adversaires qui eux savent user de tous les détours de la procédure, et qui plusieurs fois, à la connaissance do do M. Hamel, ont voulu tromper les congrégations romaines. ■ —
C'est donc dénaturer le sens des paroles de M. Hamel que de donner à entendre qu'il voulait attaquer l'esprit de justice des Congrégations romaines, tandis qu'il voulait faire contraster la bonne foi sans <l<v fiance de Mgr l'archevêque contre la mauvaise foi de certains de ses adversaires. »
Nous ferons notre preuve; ce sera là notre réponse.