‹ Vers l'abîme (volume 4)Chapitre 19 sur 77 · A. TROISIKME LUTTE DE L EGLISE. — LE AIAHOMETISMK QUI VEUT RAVIR · texte numérisé non relu

A. TROISIKME LUTTE DE L EGLISE. — LE AIAHOMETISMK QUI VEUT RAVIR

l'héritage DK JKSUS-CHRIST

Postula a me et dnho tibi génies hœreditatem tiiatn (Ps. 2-8). «Demande-moi et je te donnerai les nations en héritage. » Voilà la promesse que le Père Eternel avait faite à son Cih, Rédempteur du genre humain. L'Apôtre saint Paul nous apprend quQla prière qui monta au ciel à cet effet, fut la voix puissante du sang, par lequel il a fait l'acquisition légitimede son Eglise. Ecclcsiamquam acquisivit sanguine sua (Act". Ap. 20-23). Ce titre est incontestable, Lps nations, arrachées à la tyrannie de Satan et des hommes, appartiennent de plein droit à Jésus- Christ, qui les a acquises au prix du plus grand sacrifice possible icibas, celui du sang et de la vie. IJelens (jicod adversus nos erat chirograp/nc7ndecre!i, guod erat contrarnwi nohis, et ipstim iulit de medio, a/JUgens illud cruci. « xVyanl olïacé la cédule qui nous était contraire, il a entièrement aboli le décret de notre condamnation, en l'attachant à sa croix » (Coloss. 2-14). Aussi l'Eglise a-telle consigné ce titre à l'héritage des nations dans son symbole, par les articles qui rappellent la rédemption, le rachat du monde, et les droits glorieux du Sauveur, de siéger comme juge souverain des vivants et des morts. Qui a soufjert sous Ponce-Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers. Le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux deux, est assis à la droite de Dieu, d'oii il vien-dra juger les vivants et les morts.

Satan, honteusement défait dans les deux grandes batailles qu'il venait de livrer contre le Seigneur et son Christ, osa faire encore une ten-

84 CEIVRES ORATOIRES DK M-' LAFLÈCaE

talive désespérée. Puisque je n'ai pu, s'est-il dit, dans sa fureur, puisque je n'ai pu empêcher la fiiialiun divine du Christ d'être solennellement reconnue, au moins je veux porter le ravage et la désolation dans son héritage ; je le lui ravirai. C'est ainsi, c'est dansées dispositions, que nous le montre le prophète de l'île de Pathmos, quand il nous révèle la fureur du Dragon qui est iy^ri té, qui séduit tout le monde, qui va faire la guerre aii.v enfants de la femme, c'est-à-dire de l'Eglise. Or cet héritage du Christ, que l'enfer voulait lui ravir, c'ét;iit la chrétienté tout entière, c'étaient ces nations barbares elles-mêmes dont le Seigneur avait voulu se servir pour briser, comme un vase d'argile, l'empire païen de Rome.

Après avoir accompli l'œuvre de deslruclion et de justice qui était l'objet de leur mission, ces nombreux enfants de la barbarie se trouvèrent en présence de l'Eglise, qui les adopia comme une bonne mère. et se chargea de faire leur éducation chrétienne et sociale. Et pendant que ces nations se régénéraient, qu'une nouvelle humanité, pour ainsi parler, se formait, que le grand empire chrétien se développait, marchant d'un pas assuré dniis la voie du véritable |)rogrès, Satan rôdait dans les déserts de l'Arabie, et y jetait les fond('menls d'un empire impie qu'il devait bientôt lancer en gros bataillons, contre l'héritage du Christ. Mahomet fut son homme et le chef de ses escadrons. Mahomet, du reste, avait tout le fanatisme, toute la ruse et l'astuce qu'il fallait au lieutenant de Lucifer, le véritable chef de cet empire antichrétien ; aussi sa sauvagerie aaura-t-elle égaler la fureur de celui qui l'inspire. Voici donc venir une nouvelle lutte plus épouvantable encore que (eut ce qui s'était vu jusqu'alors ; elle s'engagea sur un terrain brûlant et qui demandait du sang. Bientôt le sang coula du Bosphore jusqu'au Gange, du Gange jus(ju'au Maroc. L'Espagne même fut envahie et cette terre évangélisée par saint Jacques, l'un des douze Apôtres, vit la mosquée avec le croissant remplacer le temple et la croix.

L'Eglise se trouve ici, constatons-le, en face d'un injuste agresseur, d'un pouvoir qui n'agit aucunement d'une manière légitime. Elle proclame, en conséquence, lo droit qu'elle a de repousser la lorce par la force. Toute l'Europe chrétienne, à sa voix, se lève comme un seul homme, pour combattre les combats du Seigneur et de son Christ, et elle marche contre l'ennemi commun. C'est l'époque des croisades ; époque pleine d'enseignements, où Dieu montra bien qu'il n'abdique jamais le gouvernement de sa Providence. Il usa d'abord de la verge de fer pour châtier les mauvais chrétiens ; et comme parmi les nombreux

croisésqiil s'enrôlèrent sous l'élendnrd du Christ, plusieurs n'étaient pas lels que doivent être ceux que Dieu daigne appeler à défendre sa cause, Dieu ne voulut pas toujotirs seconder leurs efforts; de là, les échecs partiels que plusieurs de ces grandes expéditions éprouvèrent. Mais il faut, certes, le dire, le résultat final et incontestable de ces grandes luttes, fut le salut de l'Europe chrétienne et le triomphe de la civilisation sur la barbarie.

Parmi les nation? dont le Seigneur voulut se servir pour arrivera cet immense résultat, tout Canadien aime à le reconnaître, il y en a une qui nous fut toujours chère, et qui a joué entre toutes un rôle proéminent. C'est celle qui a eu, la première, l'insigne honneur d'opposer une digue infranchissable au torrent dévastateur du Mahométisme. C'était au moment où il venait de franchir les Pyrénées, pour envahir les Gaules et le reste de l'Europe. C'en était fait de la grande république chrétienne et de l'héritage du Christ, sans la valeur et le courage indomptable des Francs. Le moment était solennel, les barbares étaient déjà au cœur môme des Gaules et menaçaient de tout anéantir. Ce fut dans les environs de Tours que se livra entre l'armée de Uieu et l'armée de Satan, cette bataille à jamais mémorable où, à la tète de ses Francs, Charles-Martel martela l'Islamisme, étendit sur le champ de bataille plus de trois cent mille Mahométans et posa enfin une limite que cet empire monstrueux ne devait pas franchir.

Toutefois, ce ne fut que longtemps après, dans le golfe de Lépanle, d'un côté, et sous les murs de Vienne, de l'autre, que le Mahométisme reçut les blessures mortelles qui ont définitivement amené l'ère de sa décadence et de sa chute.

Page 1