LÉON XIII PAPE
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l'abolit. Quelques-uns des chevaliers, hardis et aventureux, jurèrent dès lors à la iloyauté et au Pape une haine implacable. Dans leurs courses errantes, ils s'arrêtèrent dans les montagnes de l'Ecosse, et, pour déguiser leurs complots, il s'affilièrent à des corporations d'ouvriers maçons : de là leurs insignes, leurs symboles et leurs dénominations » [Les Francs-Maçons dévoilés par eux-mêmes).
Pendant trois siècles, cette société de ténèbres prépara dans l'ombre les armes qu'elle voulait lever contre l'Eglise et contre l'ordre social. Enfin, au commencement du xviii" siècle, a sortant des ténèbres d'une conspiration occulte, elle s'élança à l'assaut en plein jour » (Encycl. Humannm femis). Selon le franc-maçon Louis Blanc, à la veille de la Révolution française, la secte avait pris un développement immense; elle était répandue dans toute l'Europe. Aussi, cette horrible Révolution fut-elle son œuvre, de même que les révolutions subséquentes qui, à diverses reprises, ont bouleversé l'Europe et le monde. Aujourd'hui, la Franc-Maçonnerie, qui est la source et comme la mère de toutes les sociétés secrètes, s'étend dans le monde entier. « Employant à la fois l'audace et la ruse, elle a envahi tous les rangs de la hiérarchie sociale et commence à prendre, au sein des Etats Modernes, une puissance qui équivaut presque à la souveraineté » (Encycl. Humanum genus). Elle compte plus de douze mille loges et plus de vingt millions d'adhérents ; et ceux-ci, pour un grand nombre, occupent des positions, d'où ils dirigent la pensée et l'action de leurs concitoyens. C'est de ce dernier fait surtout que ressort sa puissance. Ayant réussi à s'emparer presque partout des sphères gouvernementales, elle étreint les multitudes dans un cercle de lois subversives de tout ordre, et leur arrache ainsi, avec la paix et la tranquillité, la foi et les mœurs.
2° Condamnations portées contre la Franc-Maçonnerie.
Dès que la Franc-Maçonnerie sortit de l'ombre de ses commencements, le Saint-Siège la signala au monde comme un très grand danger religieux, politique et social, Clément XII, en 1738, édicta contre elle les peines les plus sévères, que conlirmèrent ensuite Benoît XIV, Pie Vil, Léon XII, Pie Vlll, Grégoire XVI, Pie IX et Léon XIll.
« Réfléchissant», dit Clément Xll, « sur les grands maux que ces sociétés clandestines Nous donnent lieu de craindre, soit pour la
tranquillité des Etals, soit pour le salut des âmes, après avoir pris conseil de Nos Vénérables Frères, les Cardinaux, de notre propre mouvement et la plénitude de la puissance Apostolique, Nous avons statué et décrété que les dites sociétés, assemblées ou réunions de Francs- Maçons, quelque nom qu'ils prennent, doivent être condamnées et proscrites, ainsi que Nous les condamnons et proscrivons parla présente Constitution, dont l'effet doit durer à perpétuité, »
« A ces lins, en vertu de la sainte obéissance. Nous défendons à tous les fidèles chrétiens et à chacun d'eux en particulier, de quelque état, dignité ou condition qu'ils soient, clercs ou laïques, séculiers ou réguliers, d'établir, de protéger, de favoriser la société dite des Francs- Maçons, de la recevoir dans leurs maisons, de s')' agréger et d'assister à ses réunions, sous peine d'excommunication à encourir par le seul fait s»ns nouvelle déclaration et spécialement réservée à Nous et à Nos successeurs, en sorte que personne ne puisse en absoudre sans Notre^ autorisation, excepté à l'article de la mort. » (Cité par Mgr de Ségur).
« Tous les décrets portés », dit Léon XIII, « par les pontifes romains, Nos prédécesseurs, en vue de paralyser les efforts et les tentatives de l.i secte Maçonnique, toutes les sentences prononcées par eux pour détourner les hommes de s'affilier à cette secte ou pour les déterminer à en sortir, Nous entendons les ratifier de nouveau, tant en général qu'en particulier » (Kncycl. Hu7nanum génies).
3° Les auties sociétés secrètes sont également condamnée».
« 11 existe dans le monde an certain nombre de sectes qui, bien qu'elles dillèrenl les unes des autres par le nom, les rites, la forme, l'origine, se ressemblent et sont d'accord entre elles par l'analogie du but et des principes essentiels. En fait, elles sont identiques à la Franc- Maçonnerie, qui est pour toutes les autres comme le point central d'où elles procèdent et où elles aboutissent » (Encycl. Hxmiauuni gemis). « Toutes les sociétés secrètes », disait Pie IX, en 1876, « ont porté leurs eaux dans les marécages de la Franc-Maçonnerie ». Les autres société» secrètes sont donc par rapport à la Fnuic-Maçonnerie ce que le» branches ?ont à l'arbre, les affluents au fleuve, les satellites à l'astre. Ce seul rapport existant entre elles et une société à laquelle il n'est pas permis d«^ s'affilier, et (pi'il est défendu de favoriser de quelque manière que ce soit, suffit à les faire tomber sous les peines ecclésias-
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tiques. Voici, du reste, comment le Pape Léon XII, entr'autres, les condamne formellement :
« Nons proscrivons », dit-il, « à perpétuité, toutes les sociétés secrètes, tant celles qui existent maintenant que celles qui pourraient surgir dans la suite, et cellps, de quelque nom qu'elles soient appelées, qui concevraient contre l'Eglise et contre les souverainetés civiles les projets que nous venons de signaler; Nous les proscrivons sous les mêmes peines qui sont décrétées par les lettres de Nos prédécesseurs, lettres que Nous avons reproduites dans Notre présente constitution, et que Nous confirmons expressément » (Const. Quo graviora).
Ainsi donc. Nos Très Chers Frères, il n'y a pas d'illusion possible, toutes les sociétés secrètes, quelque nom qu'elles portent, sont condamnées par l'Eglise, de même que la société des Francs-Maçons. Aussi, nous ne saurions trop vous recommander de vous tenir soigneusement éloignés de ces associations, où l'on s'engage par serment à observer la loi du secret sur les choses et les actes de la société, et sur les noms des associés, où l'on se lie également par serment à obéir à des ordres que l'on ne connaît pas. Ces associations, qui cherchent ainsi leur puissance dans les ténèbres, et dans l'esclavage de l'homme, constituent dans la société des forces, dont le caractère anti-social est d'autant plus dangereux qu'elles sont plus aveugles. Omnis enim qui maie agit odit lucem, et non venit ad lucem, ut non arguantur opéra ejus. (Joan. 3-20). « Vivre dans la dissimulation et vouloir être enveloppé de ténèbres ; enchaîner à soi par les liens les plus étroits, et sans leur avoir préalablement fait connaître à quoi ils s'engagent, des hommes réduits ainsi à l'état d'esclaves : ce sont là de monstrueuses pratiques condamnées par la nature elle-même > (Encycl. Rumanum genus).
4° Ce qu'il faut penser du caractère de bienfaisance, que s'attribuent ces sociétés et particulièrement la Franc-Maçonnerie.
Nous vous en prévenons. Nos Très Chers Frères, pour vous attirer dans ces associations, et compromettre ainsi gravement vos intérêts spirituels, ou mettra en regard vos intérêts tempoiels ; on fera sonner bien haut à vos oreilles les mots de protection et de secours mutuels, de promotion, d'aj)pui, d'avancement ; on vous présentera la Franc- Maçonnerie comme une institution aussi étrangère à la politique qu'à la religion, et vouée principalement à l'exercice delà bienfaisance. « Le
.grand intérêt de ces hommes étant de ne pas paraître ce qu'ils sont, ils jouent le personnage d'amis des lettres ou de philosophes, réunis ensemble pour cultiver les sciences. Ils ne parlent que de leur zèle pour les progrès de la civilisation, de leur amour pour le pauvre peuple. A les en croire, leur seul but est d'améliorer le sort de la multitude et d'étendre à un grand nombre d'hommes les avantages de la société civile y> (Encycl. Humanum genus).
Cette enseigne de philanthropie, Nos Très Chers Frères, que l'on place à l'entrée des loges, est une enseigne menteuse, et celui qui s'y laisse prendre est bientôt déçu. Ecoulez à ce sujet les aveux faits par quelques-uns d'entre eux : « Ne présentez jamais, dans l'ordre, » dit un Maçon célèbre, « que des hommes qui peuvent vous présenter la main et non vous la tendre » [Les Francs-2daçons dévoilés par euxmêmes). Un autre appelle les Maçons pauvres « cette lèpre hideuse de la Franc-Maçonnerie ». Un troisième s'exprime ainsi : « Le maçon mendiant est sans cesse chez vous, sur vos pas, dans vos Loges, c'est un génie malfaisant qui vous obsède partout et à toute heure » (Mgr de Ségur). Un de leurs principaux journaux, le Monde Maçonnique^ écrivait dernièrement les lignes suivantes : « Si nos adversaires, les cléricaux, pouvaient mesurer l'inanité de nos eiïorts dans la voie de la bienfaisance pratique, ils trouveraient un beau thème à nous couvrir de ridicule ».
Nous reconnaissons cependant que souvent, en etîet, les Francs- Maçons exercent entr'eux une protiiction mutuelle : ils s'entr'aident dans les affaires, dans les relations commerciales et industrielles, dans la politique, dans l'administration de la chose publique ; ils se soutiennent de leur influence réciproque dans leurs difficultés et dans leurs entreprises ; ils se liguent enfin pour le succès de leur œuvre commune comme les méchants se liguent pour le mal. Mais il est évident qu'aucun de ces secours n'est inspiré par la charité, qui n'a jamais trouvé place dans un conur rempli de haine pour Dieu. La charité vient de Dieu, et elle nait dans les Ames qui l'aiment et se rapprochent de lui. La prétendue bienfaisance maçonnique n'est qu'un moyen de propagande et d'accroissement : on rend service en vue de sa propre utilité, ou de l'intérêt de la secte.
5' Comment on recrute les adeptes de la Franc-Maçonnerie.
Si, pour augmenter le nombre do leurs adhérents, les Francs-Maçons ne manquent pas d'offrir à ceux qui sont peu favorisés de la fortune,
l'appâl d'une séduisante philanthropie, en vertu de laquelle tout parmi eux serait réglé suivant les exigences d'une véritable fraternité, ils ne manquent pas non plus de présenter aux honnmes de plaisir l'aspect desdivertisseinents etdes jouissances de la vie, aux riches et aux grands la perspective des postes distingués, des honneurs et des dignités. Ils déploient même auprès de ceux-ci un zèle tout particulier, car les puissants de la terre leur sont grandement utiles pour l'accomplissement de leurs desseins, a Le bourgeois a du bon », disait une note secrète saisie par la police romaine sous Léon XII, « mais le prince encore davantage. La Haute-Vente désire qu'on introduise dans les loges maçonniques le plus de princes et de riches qu'on pourra. Ils serviront de glu aux imbéciles, aux intrigaals et aux citadins. Ces pauvres princesferont noire affaire, en ne croyant travailler qu'à la leur [Les Franes- Maçons dévoilés par eux-7némes) .
Quant aux catholiques, pour ne pas les effrayer, on leur dit que la Franc-Maçonnerie ne regarde pas à la religion et n'exclut aucune croyance. « Si tous les membres de la secte ne sont pas obligés d'abjurer explicitement le catholicisme, » dit le Souverain Pontife, « cette exception, loin de nuire au plan général de la Franc-Maçonnerie, sert plutôt ses intérêts. Elle lui permet d'abord de tromper plus facilement les personnes simples et sans défiance, et elle rend accessible à un plus grand nombre l'admission dans la secte. De plus, ouvrant leurs rangs à des adeptes qui viennent à eux des religions les plus diverses, ils deviennent plus capables d'accréditer la grande erreur du temps présent, laquelle consiste à reléguer au rang des choses indifférentes le souci de la religion, ei à mettre sur le pied de l'égalité toutes les formes religieuses » (Encycl. Ilumanum gejms).
Un auteur bien renseigné fait connaître comme suit le mode pratique généralement adopté pour procurer des affiliés aux loges : « On isole », dit-il, « l'homme de sa famille, on lâche de lui en faire perdre les mœurs. 11 est assez disposé, par la pente de son caractère, à fuir les soins du ménage, à courir après des plaisirs faciles; il aime les longues causeries du club, l'oisiveté des spectacles. On l'entraîne, on lui apprend discrètement à s'ennuyer de ses travaux journaliers. Après l'avoir séparé de sa femme et de ses enfants, on laisse tomber certains mots qui provoquent le désir d'être affilié à la loge la plus voisine, etc. » {Les Francs-Maçons dévoilés par eiix-mémes).
Ne reconnaissez-vous pas, Nos Très Chers Frères, dans ces paroles, qui sont le fruit de l'expérience, l'œuvre de ces clubs que l'on voit mal-
iieureuseineut établis dans un trop grand nombre de nos villes et de nos villages ? Ces clubs n'amènent-ils pas peu à peu leurs membres à déserter la vie de famille, à fuir les soins du ménage, à perdre le temps en de longues causeries, à s'ennuyer des travaux journaliers, et à courir après des plaisirs faciles ? Il faut donc en conclure qu'ils sont des espèces de laboratoires, où l'on prépare de longue main, et à leur insu, les affiliés aux loges, en introduisant insensiblement parmi eux les goûts et l'esprit maçonniques. Oh ! nos Très Chers Frères, fuyez avec «oin ces institutions, où vos âmes Irouveraient un poison si funeste, et qui sont d'autant plus dangereuses qu'elles ont un caractère plus inoilensif en apparence.
6° But de la Franc-Maçonnerie.
Pour n'être pas trompé, Nos Très Ghers Frères, sur le véritable but de la Franc-Maçonnerie, il faut d'abord en bien connaître la véritable organisation. Beaucoup de personnes croient que la Franc-Maçonnerie extérieure, celle qui aujourd'hui se montre librement aux yeux du public avec ses trois grades d'apprenti, de compagnon et de maître, est la seule Franc-Maçonnerie existante, que c'est là toute la Fraiic-xMa- 'ÇOHinerie. Et, comme ces personnes ne voient dans les doctrines, les règlements et les pratiques, les rites et les symboles de cette Franc-Maçonnerie extérieure rien qui leur paraisse gravement désordonné, elles se plaisent à ne voir là « qu'une association d'hommes honnêtes et estimables, qui excluent la politique et la religion de leurs travaux, qui ne défirent que le bien de l'humanité et ne s'occupent dans leurs logea qu'à le réaliser selon leur possible» {Francs-Maçons et Juifs).
Nos Très Ghers Frères, soyez-en bien convaincus, cette partie avoués de la Franc-Maçonnerie n'est que l'apparence et le masque ; elle n'est qu'une tromperie. Dans cette organisation extérieure, qui s'étend à toutei les classes de la société, il n'y a que les dupes aujourd'hui si nombreux de la secte. Là sont les bras vigoureux qu'à un moment •donné, on met en mouvement pour exécuter une entreprise, opérer une révolution qui a été tramée dans le secret par des chefs inconnus ; là sont les puissants dont on utilise l'influence pour la réalisation des plans cachés de la secte ; là sont surtout les riches, dont les trésors sont adroitement mis à contribution, pour faciliter l'oeuvre de déchristianisation et de désorganisation sociale que l'on a entreprise. Mais derrière ce masque, il y a la réalité. « Derrière la Maçonnerie anodine et
ridicule des trois grades symbolique, il y a les Maçons des arrière-loges, qui forment, sous d'autres noms et avec des initiations différentes et même sans initiation, de nouvelles sociétés plus ou moins secrètes, lesquelles sont les instruments actifs de leurs desseins. Si elles réussissent, ces hauts chefs Maçons recueillent le bénéQce de leur victoire. Si leurs membres sont découverts et tombent sous la vindicte des gouvernements, la Franc-Maçonnerie déclare qu'elle n'est pour rien dans de telles entreprises et désavoue ces scélérats. El à l'abri derrière elle, les initiés supérieurs et les chefs Maçonniqu(;s des degrés élevés recommenceront, sous une forme ou sous une autre, leurs menées souterraines, jusqu'à ce qu'elles arrivent au plein succès» {Francs -Maçons et Juifs). Ainsi « derrière le Franc-Maçon apprend, compagnon, maître, se cache le véritable Franc-Maçon. La doctrine avouée cache la doctrine mystérieuse, les rites et les cérémonies grotesques cachent les Iranaes occultes, la Maçonnerie publique cache la Maçonnerie secrète : l'une en est le bras, l'autre la tête ; l'une est menée, l'autre mène » {Les Francs-Maçons dévoilés par eux-mêmes).
Or, quel est le but final de la Franc-Maçonnerie ainsi prise pour ce qu'elle est en réalité ? « Les Francs -Maçons », dit le Saiut-Père, « entreprennent de ruiner la sainte Eglise, afin d'arriver, si c'était possible, à dépouiller complètement les nations chrétiennes des bienfaits dont elles sont redevables au Sauveur Jésus-Christ » (Encycl. Humanum genus). A la fin d'un article publié dans un des bulletins Maçonniques, on Lit ces paroles : « La démonstration doit être faite maintenant. Tout esprit de bonne foi, après avoir pris connaissance de ce qui précède, reconnaîtra que la Franc-Maçonnerie et l'Eglise sont deux puissances contraires, qui ont toujours été en lutte depuis des siècles. L'une doit nécessairement détruire l'autre ». Le but final de la Franc-Maçonnerie est donc « la destruction totale de la religion catholique et l'anéantissement absolu de l'idée chrétienne dans le monde » {Franc- Maçons et Juifs).
7° Erreurs prônées par les Francs-Maçons.
Nos Très Chers Frères, l'erreur s'introduisant dans le domaine des idées, amène nécessairement le désordre dans le domaine des faits. Pénétrés de ce principe, qui est en même temps une vérité de raison et d'expérience, les sectaires ne manquent pas de prôner les erreurs les
plus diverses. Voulant rallier autour de leur drapeau tous les partisans du vice, et causer par là un bouleversement général dans le monde, ils se font aussi, dans l'occasion du moins, les porte-étendards de toutes les fausses doctrines.
Et d'abord, ils adoptent pour leurs, et proclament bien haut, les faux j)rincipes du libéralisme si répandus en noire temps : la séparation de l'Eglise et de l'Etat, l'exclusion de la religion de la politique et des affaires publiques, la laïcisation de l'enseignement, le pouvoir de l'Etat sur le lien du mariage, la souveraineté du peuple, etc.
« La Franc-Maçonnerie », dit le Saint-Père, « se propose de réduire à rien, au sein de la société civile, le magistère et l'autorité de l'Eglise ; d'où cette conséquence que les francs-maçons s'appliquent à vulgariser et pour laquelle ils ne cessent de combattre, à savoir qu'il faut absolument séparer l'Eglise de l'Etat, l'ar suite, ils excluent des lois aussi bien que de l'administration de la chose publique la très salutaire influence de la religion catholique »
« Les chefs du gouvernement suivant eux, ont puissance sur le lien conjugal »
« Dé|à dans plusieurs pays, ils ont réussi à faire confier exclusivement à des laïques l'éducation de la jeunesse o
« Tout pouvoir, d'après eux, est dans le peuple libre »... (Encycl. Humamwi genus.)
Mais ces doctrines libérales, condamnées par l'Eglise, ne sont admises par les Francs-Maçons que comme un acheminement à des erreurs plus radicales : les sectaires n'adoptent le libéralisme que comme transition entre l'enseignement catholique et l'enseignement des loges. Pour eux, ils descendent jusqu'aux dernières conséquences du naturalisme le plus révoltant.
Le naturalisme, dogme fondamental de la Franc-Maçonnerie, pose en premier principe la souveraineté de la raison humaine ou de la nature. Pour lui, « en dehors de ce que peut comprendre la raison humaine, il n'y a ni dogme religieux, ni vérité, ni maître en la parole de qui, au nom de son mandat officiel d'enseignement, on doive avoir foi ». « Il ne garde môme plus dans leur intégrité et dans leur certitude les vérités accessibles à la seule lumière de la raison naturelle, telles que sont assurément l'existence de Dieu, la spiritualité et l'immortalité de l'àme ») Encycl. Jlumanum genus).
Relativement à l'individu, les naturalistes le soustraient à l'espérance des biens futurs et à la crainte des châtiments éternels, et le rabaisse-
ment au niveau des jouissances temporelles. « N'ajoutant aucune foi à la révélation que nous tenons de Dieu, ils nient que le père du genre humain ait péché, et par conséquent que les forces du libre-arbitre soient d'aucune façon « débilitées, ou inclinées vers le mal. » (Concile de Trente). Tout au contraire, ils exagèrent la puissance de Texcellence de la nature et, mettant uniquement en elle le principe et la règle de la justice, ils ne peuvent même pas concevoir la nécessité de faire de constants efforts et de déployer un très grand courage pour comprimer les révoltes de la nature et pour imposer silence à ses appétits » (Encycl. Humanum gemis).
De là, la licence des mœurs la plus effrénée, et des désordres moraux qui rappellent ceux du paganisme.
Relativement à la société domestique, le mariage, qui en est la base, n'est, suivant la doctrine naturaliste, 4 qu'une variété de l'espèce des contrats ; il peut donc être légitimement dissous à la volonté des contractants ».
De là, le divorce et la ruine de la famille.
La société n'étant que le développement de la famille, et la jeunesse étant l'espoir de la société, a la secte concentre tous ses efforts pour s'emparer de l'éducation ».
Relativement à la société civile, le naturalisme enseigne que c Tout pouvoir est dans le peuple libre ; ceux qui exercent le commandement n'en sont les détenteurs que par le mandat ou par la concession du peuple, de telle sorte que si la volonté populaire change, il faut dépouiller de leur autorité les chefs de l'Etat, même malgré eux. La source de tous les droits et de toutes les fonctions civiles réside, soit dans la multitude, soit dans le pouvoir qui régit l'Etat, mais quand il a été constitué d'après les nouveaux principes. En outre, l'Etat doit être athée » (Encycl. Humanum genus).
Prétendre ainsi constituer la société civile en dehors de tout principe religieux, c'est une témérité sans exemple chez les païens eux-mêmes, qui reconnaissaient la nécessité sociale de la religion. Donner pour source et pour base à l'autorité la souveraineté populaire, c'est ébranler les fondements de tous les états et de tous les empires.
8° Conséquences pratiques de ces erreurs.
1® L'Eglise étant dépositaire « des doctrines révélées de Dieu, aussi bien que l'autorité établie pour les enseigner avec les autres secours
donnés du Ciel en vue de sauver les hommes », avant tout, il faut paralyser son action, la réduire à l'impuissance et détruire même entièrement cette société, qui est d'institution divine. Voilà pourquoi le Siège Apostolique est dépouillé de son pouvoir temporel, et son autorité spirituelle, livrée à toutes sortes d'entraves ; a les restes des biens ecclésiastiques, soumis à mille servitudes, sont placés sous la dépendance et le bon plaisir d'administrateurs civils » ; nombre de lois sont portées contre le clergé, pour diminuer le nombre de ses n>erabres et le priver de ses moyens indispensables d'action et d'existence ; « les communautés religieuses sont supprimées ou dispersées » ; el toutes ces mesures de persécution n'attendent que la faveur des circonstances pour être poussées dans leurs dernières conséquences, qui sont la ruine complète de l'ordre religieux et social.
2° L'individu étant soustrait aax principes mêmes de l'honnêteté naturelle, on multiplie et l'on met à sa portée tout ce qui peut flatter ses passions, « journaux et brochures d'où la réserve et la pudeur sont bannies; représentations théâtrales dont la licence passe les bornes ; oeuvres artistiques où s'étalent, avec un cynisme révoltant, les principes de ce qu'on appelle aujourd'hui le réalisme; inventions ingénieuses destinées à augmenter les délicatesses et les jouissances de la vie; en un mol, tout est mis en œuvre pour satisfaire l'amour du plaisir » (Encycl. Humanum Qenus).
3° Le mariage n'ayant plus son caractère religieux et sacré, et la loi divine qui pourvoit à ce que les union» conjugales ne soient pas dissoutes étant mise de côté, « la constilulioD de la famille sera en proie au trouble et à la confusion ; les femmes seront découronnées de leur dignité ; toute protection et toute sécurité disparaîtront pour les enfants et j^our leurs intérêts. L'éducation est enlevée au père de famille, à la direction de l'Eglise et livrée à l'Etat sans Dieu.
4** Les erreurs que l'on proclame au sujet de la société civile « menacent les Etals des dangers les plus redoutables. En effet, supprimez la crainte de Dieu et le respect dû à ses lois ; laissez tomber en discrédit l'autorité des princes ; donner libre carrière et encouragement à la manie des révolutions : lAchez la bride aux passions populaires ; brisez tout frein, sauf celui des châtiments, vous aboutirez par la force des choses à un bouleversement universel et à la ruine de foutes les institution» : tel est, il est vrai, le but avéré, explicite, que poursuivent de leurs efforts beaucoup d'associations communistes et socialistes ; et la secte des Francs-Maçons n'a pas le droit de se dire étrangère à leurs
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attentats, puisqu'elle favorise leurs desseins, et que, sur le terrain des principes, elle est entièrement d'accord avec elles » (Encycl. Hicmanum genus).
Le Souverain Pontife, Nos Très Ghers Frères, dans le désir ardent qu'il a d'empêcher la perte éternelle des âmes qui lui sont confiées, de défendre et d'accroître le royaume de Jésus-Christ, dont il est le chef et le gardien, tïe se borne pas à « signaler le péril et à dénoncer les adversaires » ; il veut encore « opposer toute la résistance possible à leurs projets et à leurs industries ». Voilà pourquoi, après avoir démasqué la Franc-Maçonnerie, après avoir dévoilé ses tendances, son but et ses moyens d'action, il indique les armes dont il convient de se servir pour la combattre et les forces qu'il faut lui opposer.
Les camps sont désormais bien tranchés : c'est l'Eglise de Jésus- Christ d'un côté, et l'Eglise de Satan de l'autre. De même que celle-là couvre de son drapeau divin toute la société des bons, celle-ci veut rallier sous son infernal étendard la société entière des méchants.
L'antagonisme est direct, et la lutte sera incessante jusqu'au jour où l'Eglise catholique, en vertu de ses promesses d'immortalité et de la force divine qui la soutient, triomphera définitivement de son ennemie jurée.
La Franc-Maçonnerie voulant enlever du monde la vie chrétienne, pour ramener la société aux principes et aux mœurs du paganisme, le Pape lui oppose celles des institutions de l'Eglise qui sont les plus propres à répandre et à conserver dans les diverses parties du corps social cette vie chrétienne, sans laquelle il n'y a pour lui ni repos ni jouissance véritable. L'amour du siècle, qui renferme tous les amours désordonnés, étant porté à son dernier degré de développement par les doctrines naturalistes des Francs-Maçons, l'amour de Dieu qui comprend tous les amours légitimes, sera ravivé, entietenu, développé par les enseignements les plus purs du christianisme.
Examinons suceessivement ces divers antidotes suggérés par \i Pontife Suprême.
1° Le Tierg-Ordre de la Pénitence.
Le Tiers-Ordre, Nos Très Chers Frères, a été fondé au commen-
cernent du xiii" siècle, par le séraphique saint François, patriarche d'Assise.
Le besoin social qui l'a fait naître, reparaît aujourd'liui avec toute sa force. Aujourd'liui comme alors, les pays chrétiens, le monde entier est envahi « par la fièvre ardente de l'or, par le goût du luxe, des fêtes somptueuses, avec leur cortège de dissolutions et de débauches ». Les hommes oublient de nouveau que la figure de ce monde passe, et qu'ils passent avec elle ; que les biens périssables de cette vie ne méritent pas de fixer leurs affections, qui doivent rester attachées aux biens impérissables de la vie future ; que les jouissances d'ici-bas préparent des tourments éternels, de même que les souffrances pas?agères du temps procurent une récompense qui n'a pas de fin. Le Tiers-Ordre les rappellera à leur vocation céleste, et leur fera suivre en toute sûreté la voie qui conduit au port du salut.
Son esprit se définit en trois mots : humilité, pénitence, pauvreté.
Participant à la fois de la vie monastique et de la vie du monde, il a pour but de « faciliter aux personnes de l'un et de l'autre sexe, retenues dans le siècle, la pratique des vertus religieuses, en leur assurant les bénéfices spirituels ».
Trois grandes passions retiennent l'homme dans l'esclavage du démon, et l'empêchent de conquérir la liberté des enfants de Dieu : l'orgueil, la sensualité, le désir des richesses. Les vertus d'humilité, de pénitence et de pauvreté sont le contre-pied de ces passions. De ces vertus, tout chrétien doit pratiquer ce qui est de précepte ; le tertiaire embrasse de plus ce qui est de conseil; le religieux va jusqu'à se faire une obligation de ce qui est conseillé. La vie du tertiaire est donc un moyen terme entre la vie du religieux et celle du simple chrétien ; sa règle morale est le milieu entre le précepte évangélique et l'obligation des vœux monastiques.
Accessible, du reste, à tous les états de vi<?, à toutes les conditions et à tous les rangs de la société, le Tiers-Ordre fait refleurir partout les vertus de Jésus-Christ, sur les marches du trône comme dans l'humble chaumière, dans la société civile comme au foyer domestique. A tous il présente les véritables livrées du disciple de Jésus-Christ, les vrais caractères de celui qui, ne reconnaissant pas ici-bas de demeure permanente, s'achemine sûrement vers la céleste patrie.
Nous vous recommandons fortement, Nos Très Chers Frères, autant qu'il vous sera possible de le faire, de vous enrôler avec courage sous
celte bannière de saint François, que le chef de l'Eglise élève aujourd'hui aux regards du monde entier. Vous y trouverez, par le détachement des choses de la terre, le calme et la consolation de votre vie et une espérance plus solide de l'éternelle félicité. Ne perdez pas de vue que ses avantages spirituels sont immenses, et que ses règlement» et ses pratiques sont devenus, par sa nouvelle constitution, d'un accès facile à la généralité des persoimes.
Un cri satanique retentit aujourd'hui par tout l'univers: Liberté, Egalité, Fraternité ! C'est le signal de la révolte contre l'autorité et contre l'ordre social. Dans le Tiers-Ordre, dit le S. Père, vous trouverez « la liberté des enfants de Dieu, au nom de laquelle nous refusons d'obéir à ces maîtres iniques qui s'appellent Satan et les mauvaises passions. Vous trouverez la fraternité qui nous rattache à Dieu, comme Créateur et Père de tous les hommes. Vous trouverez l'égalité qui, établie sur les fondements de la justice et de la charité, ne rêve pas de supprimer toute dislinclion entre les hommes, mais excelle à faire, de la variété des conditions et des devoirs de la vie, une harmonie admirable et une sorte de merveilleux concert dont profitent naturellement les intérêts et la dignité de la vie civile » (Encycl. Hiimanwn geniis) .
2° Les Corporations ouvrières et la Société de St-Vincent de Paul.
Nos Très Chers Frères, l'inégale répartition des biens terrestres entre les hommes, est un problème que le christianisme seul a pu résoudre complètement. Les hommes égaux devant Dieu par leur origine et leur destinée, relevant lous de la même justice et de la même miséricorde infinies, sont cependant inégalement favorisés des biens de la fortune. N'y a-t-il pas là une atteinte aux perfections divines? Quel est en cela le plan providentiel? Quelle est la solution de ce problème? La pratique de la charité, cette vertu qui vient du Ciel, Caritas ex Deo est. (1. Johan, 4-7), sans laquelle rien n'est utile, Si... caritatem non habuero nihil niihi }^rodesi (1 Cor. 13-3) : voilà le plan de la Providence. Que les classes riches déversent leur superflu sur les classes pauvres, voilà la solution du problème. Le riche doit faire l'aumône au pauvre : Fili, eleemosynam paupe7'is ne defraudes (Eccl. 4-1) ; le pauvre doit bénir son indigence, Pauper et iyiops laiidabunt nomen tuum (Ps. 73-21), et recevoir avec reconnaissance le secours du riche.
Les socialistes raisonnent autrement. Les hommes, disent-ils, sont
égaux entr'eux à tout point de vue, et ils n'ont aucnne sanction de leurs actes à attendre au delà de cette vie ; donc, qu'ils se partagent en c ommun les biens d'ici-bas, qu'ils se les disputent en vertu du droit du plus fort.
Comme antidote à ces erreurs et comme remède à ces maux, le Souverain-Pontife veut rétablir le riche et le pauvre dans leurs vrais rapports mutuels, ceux que le Créateur leur a donnés ; et, en conséquence, il recommande rétablissement de « corporations ouvrières destinées à proléger, sous la tutelle de la religion, les intérêts du travail et les mœurs des travailleurs », corporations, ajoute-l-il, qui doivent être « appropriées aux besoins du temps présent ».
Pour bien comprendre, Nos Très Chers Frères, ce que doivent être et ce que peuvent faire ces corporations, saisissez bien ces notions fondam enlales.
On entend par richesses toutes les choses matérielles qui peuvent satisfaire les besoins de l'homme.
Le travail de l'homme est la principale source de la richesse individuelle et sociale.
Ce travail peut se faire individuellement, l'ouvrier mettant ses seules forces en action, ou corporativement, des forces multiples étant unies par l'association. Historiquement, le travail a été corporatif avec les siècles chrétiens ; dans tes sociétés modernes, il est avant tout libre dans les procédés de la production, et dans le mode et la mesure d'oflrir les produits aux consommateurs.
Ces deux systèmes ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients. L'association, qui centuple la puissance du travail, peut di'venir un instrument de monopole et éteindre les ressources individuelles ; la liberté du travail et de la concurrence, qui excite l'énergie et la persévérance des travailleurs et perfectionne les procédés de la production, conduit quelquefois, soit au monopole industriel, en faisant disparaître la petite industrie, soit à des entreprises factices, qui réussissent ^à supplanter et à anéantir des entreprises honnêtes. Sans le frein moral, le système réglementaire du Moyen Age, et la production des richesses par le régime de 1791, aboutissent tous deux à des désordres qui ont un retentissement dans tout le corps social.
En fait, les corporations ouvrières ont maintenu, pendant sept siècles, l'union et la confraternité entre les travailleurs ; « elles ont empêché toule grève, toute émeute, toute collision grave entre les maîtres et les compagnons ». On doit aux corporations, dit M. I^arousse, cet
immense avantage d'avoir su réhabililer le travail et d'avoir relevé les professions industrielles. Refuge des faibles contre les forts, elles assuraient en outre à toute une dusse de citoyens une protection efficace, prenaient soin de leurs veuves, de leurs orphelins, de leurs vieillards, exerçaient une censure morale sur It^s apprentis, les compagnons et leurs propres membres, et, en général, satisfaisaient à tous les besoins sociaux,.. Ce n'est que plus tard que des dispositions restrictives et rigoureuses aboutirent à des exclusions tyranniques {Ilist. des classes ouvrières).
La liberté du travail, d'un autre côté, a donné occasion au prétendu droit du travail, c'est-à-dire à « la prétention d'exiger de la société qu'elle fournisse du travail et distribue des salaires à tous les hommes valides qui ?ie peuvent s'en procurer autrement ». C'est cette prétention qui « a fait créer les ateliers nationaux : c'est elle qui s'est transformé plus tard en revendication du droit à l'assistance ; c'est elle qui est au fond de tous les systèmes socialistes ». C'est de là que viennent, grâce au relâchement des mœurs industrielles, les ligues secrètes d'artisans et d'ouvriers, les grèves communistes si fréquentes de nos jours.
Voici quelle était l'organisation des corporations du Moyen Age :
Ces corporations étaient des associations de tous les artisans d'une même ville exerçant la même profession.
Elles eurent pour but, d'abord, de se défendre j)ar leur union contre les violences des guerriers, puis d'activer, d'assurer et de régulariser la production des richesses.
Il y avait autant d'associations que de corps de métiers. Dans chaque ville, on rencontrait la corporation des bouchers, des épiciers, des boulangers, des merciers, etc., etc. On distinguait parmi elles, surtout à Paris, six grands corps, qui prenaient la tête dans les cérémonies publiques.
Le personnel de ces corporations comprenait à la fois les maîtres, les compagnons ou ouvriers, et les apprentis. C'était, on le voit, l'union de toutes les forces vives de la production. A. côté de chacune de ces associations, se trouvait la Con/rè?ie, qui était l'union religieuse, de sorte que chaque corporation ouvrière avait sa chapelle et son patron spécial. La corporation unissait ainsi les forces matérielles, et la confrérie les forces morales. Parfois plusieurs corporations ne formaient qu'une seule confrérie, mais c'était l'exception.
A la tête de tous les corps de métiers se trouvaient des Syndics li-
216 œavREs oratoires de m""" laflèchi':
brement élus chaque année, chois'm parmi les plus habiles et les plus honnêtes, et chargés de la discipline intérieure. Ils avaient aussi d'autresfonctions plus importantes.
Ces corporations prenaient le litre de maîtrises ei Jurandes dès qu'elles avaient obtenu du pouvoir royal la sanction de leurs règlements et le droit d'élire leurs Jurés, gardiens des privilèges, règles et usages du métier.
Elles n'avaient aucun droit politique, aucune faveur sociale, aucun droit de représentation dans les Etuis généraux ou provinciaux. Elle& vivaient dans l'ombre et dans le silence. (Hervé-Bazin).
De telles associations, ainsi placées « sous la tutelle de la religion », et « appropriées aux besoins du temps présent », suivant l'expression du Souverain Pontife, feraient un contre-poids efficace aux associations secrètes de travailleurs, qui sont les annexes de la Franc-Maçonnerie.
La société de Saint-Vincent-de-Paul, nos Très Chers Frères, a attiré ici l'attention spéciale du Saint-Père, nous lui devons conséquemment tous nos encouragements. En eiïet, parmi cette perpétuelle et luxuriante floraison d'œuvres de bienfaisance et de charité, qui émaillent le champ de l'Eglise Catholique, il n'en est peut-être pas qui ait une portée sociale plus grande et plus élevée. Le but des Conférences est la sanctification de leurs membres par le soin temporel et spirituel des pauvres. Cette œuvre est une des plus belles manifestations de la charité de Jésus- Christ. Regardez, en effet, le cercle qu'elle embrasse. Ce n'est pas seulement une classe d'indigents, ce sont tous les indigents. Ce n'est pas seulement une situation du pauvre, un côté de sa n)isère, une période de sa vie; c'est le pauvre en toutes ses pénibles situations, c'est le malheureux à tous les moments de son existence, c'est l'ensemble si varié et si étendu des misères humaines. Le Conférencier de Saint- Vincent-de-Paul prend le pauvre à son berceau, développe ses forces naissantes, soutient ses premiers pas ; il lui procure l'éducation et l'instruction, le forme au travail, lui prépare une place au banquet de la société ; dans les luttes de la vie, il est là pour le soutenir, il le relève de ses chutes, l'encourage au bien, l'affermit dans le succès, et le rassure dans ses craintes; et lorsque les jours du pauvre seront sur leur déclin, lorsque ses pas s'achemineront vers la tombe, c'est encore sur le fils de Saint- Vincent-de-Paul qu'il s'appuiera, c'est en lui qu'il puisera la force dont il a besoin pour les dernières épreuves et pour les combats des derniers moments. La mort même nesera pas le terme decessollicitudes du disciple d'Ozanain pour le membre souffrant de Jésus -Christ.
Il faut encore à ce dernier les prières de l'Eglise, les cérémonies si consolantes du culte sacré, puis le repos dana une terre bénite, à l'ombre de la croix qui a sauvé le monde et qui protège l'empire de la mort : tout cela lui sera donné au nom de Celui qui, possédant toutes les richesses, a voulu naître pauvre et n'avoir pas où reposer sa tête.
C'est ainsi, Nos Très Ghers Frères, que la Société de Saint- Vincentde-Paul, par la grande variété de ses œuvres, embrasse toute l'existence du pauvre, et c'est dans l'accomplissement de ces dévouements sublimes que ses membres trouvent leur sanctification et leur mérite si excellent devant Dieu. Nous ne saurions trop vous exhorter, à l'exemple du Souverain-Pontife, à fonder ou à entretenir les Conférences au milieu de vous ; tenez â honneur de faire vous-mêmes partie de ces Conférences, au degré de zèle et d'action que comportent les exigences de votre état.
3° Les œuvres ayant trait à l'éducation de la jeunesse et à la formation du Clergé.
Nos Très Chers Frères, en présence des envahissements aujourd'hui constants du pouvoir civil dans le domaine de l'éducation, à la vue des efforts que l'on fait pour bannir la religion de l'enseignement, on comprend la sagesse et l'opportunité de ces paroles du Souverain-Pontife : « Nous recommandons avec une nouvelle instance à votre foi et à votre vigilance la jeunesse, qui est l'espoir de la société ». 11 devient aussi nécessaire de vous rappeler en peu de mots, la doctrine de l'Eglise en celte matière si grave de l'éducation.
L'éducation est la formation de l'homme, c'est-à-dire le développement de ses facultés physiques, morales et intellectuelles.
La loi naturelle fait un devoir aux parents, qui ont donné le jour aux enfants, de leur donner aussi l'éducation. La loi chrétienne donne à l'Eglise la charge de veiller à ce que les parents remplissent leur devoir à cet égard. L'Etat a le devoir de protéger l'Eglise et les parents^ dans l'accomplissement de celte œuvre.
Les devoirs et les obligations des parents, de l'Eglise et de l'Etat en matière d'éducation, s'harmonisent donc parfaitement dans un exercice simultané.
En second lieu, la formation de l'homme doit être en rapport avec sa iin.
Or la fin de l'homme, c'est Dieu.
Donc, la religion, qui exprime ce rapport de l'homme avec Dieu, est essentielle à l'éducalion ; l'éducation sans religion n'est pas l'éducation.
Si l'Etat se fait éducateur, il usurpe les fonctions des parents ; s'il s'empare de la direction de l'éducation, il usurpe les fonctions de l'Eglise.
a Si un gouvernement », dit son Eminence le Cardinal Maiining» « rejetant toute religion de son action publique et de l'éducation populaire, s'arroge néanmoins le droit de s'ingérer dans ce qui concerne les écoles, leurs maîtres et leurs livres, il y a là une tyrannie et de toutes la moins supportable ; c'est la tyrannie pédagogique. Dans un tel système l'Etat ne s'est pas seulement soustrait à l'influence sacerdotale, il a usurpé les droits des parents; c'est la double usurpation de la mission de l'Eglise et de l'autorité des pères et des mères. »
Voilà, Nos Très Chers Frères, les vrais principes à suivre dans l'éducation de la jeunesse.
Parents chrétiens, veillez avec un soin jaloux à ce que vos obligations sous ce rapport soient parfaitement remplies. Formez de bonne heure le cœur de vos enfants à la pratique de la vertu, et éclairez leur intelligence par les enseignements de la religion et de la morale chré' tienne. Après avoir donné vous-mêmes, avec toute l'attention dont vous êtes capables, l'éducation du foyer domestique, lorsque vous devrez confier à des maîtres ou maîtresses le soin de continuer cette ceuvre, ne souffrez de la part de ces remplaçants de vous-mêmes rien qui soit contraire aux règles d'une éducation vraiment chrétienne. Pour la direction en toute cette œuvre, laissez toute liberté à l'Eglise dans la personne de ses pasteurs.
« L'Eglise ne revendique la direction de l'éducation, que parce que celle-ci est dans son essence la formation religieuse des enfants sous l'influence de la loi et de la morale chrétienne » (Cardinal Manning).
Il est évident que vous ne devez pas reculer devant les sacrifices d'argent nécessaires pour procurer à vos enfants de bonnes écoles, tenues avec ordre et piété, oîi ils se prépareront à devenir de bons sujets pour la société, et en même temps des élus pour le ciel, Adolescens, Jiurtà viam suam, etiam cum senuerit, no7i recedet ab eâ. Le jeune homme suit sa voie : lors même qu'il sera vieux, il ne s'en écartera pas (Prov. 22-6).
Dans le but de mieux remplir le désir du Saint-Père, eu ce qui concerne celte œuvre de l'éducation, comme aussi son désir relativement à
la formation du clftrgé. Nous appelons toute voire attention sur une association que nous avons à cet eiïet établie mu milieu de vous : j'association de Saint-Fran(.'ois-de-Sales. Celte association » est potir les pays catholiques co qu'est la Propagande de la Foi pour les pays infidèles, ou, si l'on veut, une sorte de Propagation de la Foi à l'intérieur, suivant un mot de Pie L\, qui l'a particulièrement approuvée et bénie ».
« Klle poursuit t^on but, aidée par les prières des associés, et par une légère contribution pécuniaire de leur part, en fondant, soutenant et développant les œuvres qui ont pour objet l'éducation chrétienne de la jeunesse, en combattant la mauvaise presse par la diffusion des bons livres, etc., etc., suivant les besoins des lieux. »
Dans ce diocèse, nous l'avons sj)écialement établie dans le but de soutenir le Grand Séminaire, et d'aider les ecclésiastiques pauvres à poursuivre leurs études théologiques. Tous les catholiques du diocèse sont donc grandement intéressés à celle œuvre, car il leur importe beaucoup, surtout dans le temps présent, d'avoir au milieu d'eux des prêtres aussi remarquables par leurs lumières que par leur vertu. La contribution de dix cenlins par année que nous vous demandons pour cela, vous paraîtra un bien léger sacrifice, si vous considérez l'importance du résultat que vous obtenez par ce moyen, et les nombreuses faveurs spirituelles que vous recueillez en retour de votre générosité.
4" La ligue de prières et d'action.
Enfin, Notre Très Saint-Père le Pape, rappelant que « nos communs labeurs pour arracher du champ du Seigneuries semences pernicieuses, qui y ont été jetées, seraient tout à fait impuissants si, du haut du ciel, le Maître de la vigne ne secondait nos efforts, » invite tous les gens de bien à s'unir entr'eux, à l'inslur des ennemis de l'Eglise, et à former « une immense coalition de prières et d'efforts ».
Cette ligue de prières. Nos Très Chers Frères, est déjà organisée parmi vous ; c'est la Ligue du Cœur de Jésus, l'Apostolat de la Prière.
Son but se trouve exprimé dans sa devise : Adveniat regnum, tutim, que votre règne arrive ; que le règne de Dieu se maintienne et se développe là où il existe déjà! qu'il reparaisse là où il a été renversé ! qu'il naisse enfin là où il n'a pas encore versé ses bienfaits !
L'amour du Cœur de Jésus est le principe de la rédemption du monde
Propter nimiam charitatem suant, quâ dilexii nos (Eph. 2-4) ; il est aussi le principe de notre sanctification, Semper livens ad interpellandum pro nobis (Hebr. 7-25). Le Cœur de Jésus vil au plus haut des cieux, à la droite du Tout-puissant ; il vit au saint tabernacle, dans le sacrement de son amour ; el il intercède constamment, auprès de Dieu le Père, pour le salut du genre humain.
L'Apostolat de la Prière réunit ses associés autour du Cœur de Jésus ; et là, unissant leurs vœux à sa prière divine, ces âmes ferventes intercèdent avec lui pour la grande cause du monde. Elles offrent non seulement leurs soupirs ardents, mais encore leurs actions, leurs souffrances de chaque moment, l'ensemble de leurs journées et de leur vie. Ces mérites, quoique faibles en eux-mêmes, deviennent tout-puissants par leur union avec les souffrances et les mérites infinis du Cœur adorable de Jésus, et il en résulte une force d'intercession dont la puissance n'a pas de bornes.
L'Apostolat fait encore de ses associés autant d'amis du Cœur de Jésus, et en vertu de celle amitié, qui identifie leurs intérêts avec ceux du Sauveur, ils deviennent autant d'apôtres pour répandre partout le feu de l'amour divin, Ignem veni mittere in terrant, et quid volo nisi ut accendatiir (Luc, li-49). Ils prennent en main la cause du divin Cœur, la défendent contre leurs propres ennemis intérieurs, et la soutiennent de leur zèle et de leur influence, auprès de leurs familles, de leurs parents, de leurs amis, de tous ceux avec lesquels ils entrent en rapport.
L'Apostolat, au moins dans son premier degré, le seul essentiel, a cela de particulier qu'il n'impose pas à seg membres de nouvelles pratiques de piété proprement dites; mais il s'approprie toutes celles qui existent déjà, el les tourne vers son but, sans rien enlever de leur caractère el de leur but particuliers. C'est un esprit qui anime tout d'une nouvelle vie, celle de l'amour divin ; c'est une intention qui dirige toutes les œuvres du chrétien vers la gloire de Dieu, le triomphe do l'Eglise et le salut du monde ; c'est un motif qui fait de notre vie entière une prière et une prière apostolique. Offrir chaque jour toutes ses actions, ses j)rières et ses souffrances aux intentions du Cœur de Jésus: voilà la seule pratique essentielle; y joindre une dizaine de chapelet aux mêmes intentions : voilà la condition du second degré ; la Communion réparatrice une fois la semaine ou le mois : voilà le troisième degré.
En vertu de l'union de toutes les œuvres qu'il opère dans le Cœur du
divin Sauveur, il lait appliquer à la lettre cette parole de l'Apôtre saint l*aul, qui est le résumé de la vie chrétienne : Sive ergo manducatis , sive bibitis, sive aliiid quid facitis, omnia in gloriam Dei facile. « Soit (jue vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez toute autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu » [{ Cor. 10-31).
En nous unissant à Jésus-Chrisl par l'intention de l'esprit et par le désir du Cœur, et surtout en nous incorporant à Lui par la sainte communion, il nous rend effectivement ses membres vivants, Membra stcmus corporis ejut (Eph. 5-30) ; de môme qu'en nous faisant travailler en Jésus-Christ au bonheur de nos semblables, il nous fait réellement membres les uns des autres, Sumus inviceni tnembra (Eph. 4-25).
Au reste l'Apostolat réunit dans son objet le Cœur Sacré de Jésus, le Coeur Immaculé de Marie, et Saint- Joseph, ami du Sacré-Cœur, c'est-àdire la Sainte Famille tout entière, qui, en ces derniers temps, revient sur notre terre désolée, pour y présenter de nouveau le type de la famille, et reconstituer ainsi la société chrétienne.
Soyez tous, Nos Très Chers Frères, dans ce corps d'élite de l'armée du Seigneur, dans cette Ligue du Cœur de Jésus, qui compte aujourd'hui plus de treize millions d'associés, répandus partout le monde; soyez-y au moins dans son degré essentiel, qui ne vous impose en réalité d'autre obligation que vos obligations de chrétiens, auxquelles vous ajoutez par une simple intention un caractère apostolique.
A celte union de prières dans le Cœur de Jésus, il faut, pour répondre aux vues et au désir du S. Père, joindre « une coalition d'efforts». Comment doit-elle s'opérer ?
« L'œuvre est immense », dit le Pontife Suprême en s'adressant aux Evêques du monde entier ; « pour l'accomplir, vous aurez avant tout l'aide de la collaboration de votre clergé, si vous donnez tous vos soins à le bien former et à le maintenir dans la perfection de la discipline ecclésiastique et dans la science des saintes lettres ».
« Toutefois », ajoute-t-il, « une cause si belle et d'une si haute importance appelle à son secours le dévouement intelligent des laïques, qui unissent les bonnes œuvres et l'instruction à l'amour de la religion et de la patrie. Mettez en commun les forces de ces deux ordres, et donnez tous vos soins à ce que les hommes connaissent à fond l'Eglise catholique et l'aiment de tout leur cœur ».
Le programme est bien tracé, Nos Très Chers Frères, c'est l'union de vos efforts à ceux de votre clergé et de votre évéque. L'Evêque est dans son diocèse le Représentant du Pape ; les prêtres sont ses aides. Un
peuple uni à son clergé, rattaché par lui à son Evêque, et par son Evêque au Pape : voilà la condition véritable de toute vraie portion du troupeau de Jésus-Christ. Voilà aussi la condition du succès dans la lutte pour le bien.
Pour vous qui êtes une portion du peuple Canadien, l'expérience revôt ici une autorité spéciale. Qui a fait surtout le peuple canadien fort et puissant comme ;.il l'est? Qui l'a pris à son berceau, l'a fait grandir, l'a soutenu à travers les obstacles qu'il a eu à rencontrer et les persécutions qu'il a subies? Qui a sauvé sa nationalité du naufrage, en sauvegardant sa religion, sa langue et ses institutions? L'examen impartial de l'histoire répond : ce sont ses missionnaires, ses évêques et ses prêtres.
Aujourd'hui que notre société, engagée dans la voie des sociétés européennes, est exposée aux mêmes dangers et en face des mêmes périls, il faut chercher le salut où nous l'avons toujours trouvé, dans l'union du peuple avec son clergé.
Restez donc, nos Très-Chers Frères, bien attachés à vos pasteurs ; suivez fidèlement leur direction ; secondez les efforts de vos prêtres dans les œuvres qu'ils entreprennent, dans les causes dont ils se font les défenseurs, vous rappelant toujours que le dévouement à vos plus chers intérêts préside à leurs travaux, et qu'ils reçoivent eux-mêmes de l'autorité supérieure une direction sûre et efficace.
Outre les œuvres que nous avons déjà mentionnées, et qui vous concernent d'une manière spéciale, nous devons vous en recommander encore une autre, dont l'imporlance ne saurait vous échapper : nous voulons parler de la bonne presse.
La presse est dans notre temps une grande puissance, et l'une des forces sociales les plus actives. Mise au service du mal, elle exerce les plus tristes ravages dans la société ; tournée au bien, elle produit les plus consolants résultats.
Si vous devez rejeler loin de vous les mauvais journaux, el tous les livres et brochures qui offensent la foi et les mœurs ; si vous devez de même bannir de votre compagnie el de vos familles, les publications à tendances dangereuses, les feuilles sans couleur religieuse, trop légères el d'une morale relâchée ; par contre^ devez-vous encourager les bons journaux et les saines publications, qui s'appliquent à répandre partout la lumière de la vraie doctrine, et à faire obstacle au progrès du mal.
Pie IX a déclaré la presse catholique une a œuvre pie )),qui demande encouragement et support comme toutes les œuvres de ce genre.
Léon XIII, dans une audience, en date du 23 février 1879, a prononcé ces paroles : « Puisque c'est une coutume universellement répandue, et qu'il y a nécessité, pour ainsi dire, de publier des journaux, les écrivains catholiques doivent Iravailler surtout h appliquer à la société civile et à la défense de l'Eglise les moyens employés par les ennemis pour la perle de l'une et de l'autre ».
C'est assez dire, Nos Très Chers Frères, que vous ne devez pas fermer les yeux sur une œuvre qui est devenue d'une si grande utilité, et qui soutire en môme temps des difficultés si nombreuses. Nous croyons devoir vous répéter ici quelques-unes des paroles que les évêques des Etats-Unis, réunis récemment a New- York, adressaient à leurs ouailles à ce sujet : « Nous avons plusieurs journaux et revues catholiques ; mais combien le soutien qii'on leur accorde est insignifiant ».
« Vous vous plaignez souvent du manque d'intérêt de ces publications ; mais à qui la faute V Encouragez davantage les éditeurs et les écrivains par votre patronage, et ils seront bien vite en élat de vous fournir une lecture plus intéressante?...
« Si chaque famille catholique s'abonnait à un ou deux journaux catholiques, vos enfants sauraient comment répondre aux objections spécieuses qu'on formule souvent contre leur foi, les difficultés seraient résolues et les doutes écartés. Il n'y a pas de famille assez pauvre pour ne pas pouvoir s'abonner, en faisant un peu d'économie au besoin, au moins, à un journal catholique. »
Enfin, Nos Très Chers Frères, l'heure actuelle est digne de votre plus sérieuse attention. Le Vicaire de Jésus-Christ, gardien de la vérité et de l'ordre dans le monde, a élevé la voix pour signaler le danger et imprimer le commandement ; soyons dociles à ses volontés.
Il désigne des ennemis, et prescrit de les combattre ; répondons sans hésitera son appel.
La vie de l'homme sur la terre est un combat continuel, Militia est vita ho?ninis super terram (Job 7-1); aujourd'hui plus que jamais tout chrétien doit être soldat et lutter vaillamment pour les droits de l'Eglise et de Dieu. Les armes avec lesquelles on est toujours victorieux, sont la prière dans la confiance en Dieu, la parole dans la vérité, et l'action dans la justice ; le bouclier qui préserve de tous les coups, c'est la patience. Combattons ainsi jusqu'au jour où il plaira au Souverain Maître de la vie de nous rappeler à Lui, et de nous mettre en possession de la récompense promise à ceux qui auront été fidèles jusqu'à la fin. Puissions-nous alors répéter en toute justice avec l'Apôtre saint Paul i
Bonum certamen certavi, j'ai combattu le bon combat, cursum con~ summavi, j'ai terminé ma course, fidem servavi, j'ai conservé la foi (2 Tim. 4-7) ; il ne me reste plus qu'à recevoir la couronne de justice, que le Seigneur m'a promise pour le jour de son jugement. In reliquo reposita est niihi corona justitix , quam redclei mihi Dominus in illa diejustus judex. (2 Tim. 4-8).
Sera le présent mandement lu et publié en deux ou trois parties au prône de toutes les églises et chapelles où se fait l'office public, et en chapitre dans les communautés religieuses, les premiers dimanches après sa réception.
Donné aux Trois Rivières, en notre Palais Episcopal, sous notre seing, le sceau du Diocèse et le contre seing de notre Vice-Chancelier, le vingt-neuvième jour du mois de mai, mil huit centquatre-vingt-qualre, en l'octave de l'Ascension de Notre-Seigneur.
7 L.-F. Ev. DKs Trois-Rivièrbs.
(L. f S) Par ordre,
J.-F. Béland, Ptre,
Vice-Chancelier.
CONFÉRENCES DE Mgr L.-F. LAFLÈCHE
A LX GXTHÉDRALE DES TROIS-RIVIKHKS SUR l'eNCYCLIQUB « HUMANUM GKNUS » DE LÉON XIII, EN 1885