I. De l'autorité des documents pontificaux
Ergo fîdes ex auclitu, auditus autem per verbum Christi.
M La foi vient donc de ce que l'on a entendu, et l'on a entendu parce que la parole de Jésus-Christ a été prêchée. » Rom. X, 17,
Mes frères, Le pontife de Rome vient de parler encore une fois à la Ville et à l'Univers. Comme toujours, de tous les points de la terre on a porté attention à sa parole : les uns l'ont écoutée pour s'y soumettre hum^ lîlemenl, les autres pour la repousser et la maudire, mais personne n'y est resté indifférent. Nous sentions un grand besoin de cette parole : le mal est organisé aujourd'hui comme il ne l'a été à aucun des âges de l'Eglise ; l'erreur a des moyens de propagation les plus puissants et les plus nombreux dont elle ait jamais joui : les forces catholiques attendaient donc un mot de ralliement, une direction, un jet de lumière, car le combat est terrible et les ténèbres sont profondes dans bien des âmes.
C'est Jésus-Christ qui nous parle par la bouche du Pontife Romain ; celui qui est la voie doit nous diriger, celui qui est la vérité doit enseigner, celui qui est la vie doit se communiquer sans cesse.
Dans nos temps si troublés, il y a une société qui s'enveloppe de ténèbres, qui se couvre du manteau de l'hypocrisie, et qui cherche à s'introduire partout, même au sein des familles chrétiennes, pour faire la
guerre à Dieu et à son Christ; on appelle cette société la Franc-maçonnerie.
C'est contre cette société perfide que le Saint-Père vient de jeter le cri d'alarme. Il veut que nous la dénoncions, que nous la fassions connaître telle qu'elle est, afin qu'elle soit haïe et méprisée de toutes les âmes honnêtes. Mais de plus il veut que nous fassions connaître l'Eglise Catholique, afin que les chrétiens apprennent à aimer l'épouse de Jésus- Christ, et qu'ils ne cherchent pas ailleurs les secours et les consolations dont ils ont besoin. Cette encyclique désignée sous le nom deHumanum Genus est datée du 20 avril 1883.
Le 10 mai de la même année, la Sacrée Congrégation du Saint-Office adressait aux Patriarches, Primats, Archevêques et Evêques, par ordre de Sa Sainteté, une instruction leur traçant la manière dont ils devaient exécuter les prescriptions de VEncycUqne Humanum Ge7ius. « L'intention de Sa Sainteté », y est-il dit, « est que l'Encyclique soit publiée avec le plus grand zèle, afin que tous les chrétiens comprennent quel terrible poison circule parmi eux, quelle perte menace eux et leurs enfants, s'ils ne prennent pas les précautions opportunes. »
Enfin, dans une lettre du 28 septembre dernier, adressée à Mgr l'Archevêque de Québec, le Préfet de la Sacrée Congrégation de la Propagande faisait connaître la résolution suivante du Saint-Office : « La même Sacrée Congrégation du Saint-Office m'a chargé de vous communiquer sa résolution contenant les dispositions que Vous et Vos Vénérables Collègues devez observer ; savoir : que tous les évêques fassent exécuter ce que NotreTrès Saint-Père le Pape ainculquédans l'Encyclique /^/î^manww Genus et ce qui est propor-é dans l'instruction de la Suprême Congrégation du Saint-Office du 10 mai 1884. » Ces injonctions répétées nous font bien voir combien se méprenaient ceux qui ont prétendu que l'Encyclique n'urgeait pas dans notre pays, à raison du peu d'infiuence, disaient-ils, qu'y exerce la société des francs-maçons.
Nous avons déjà commencé à accomplir les désirs du Souverain Pontife par une lettre Pastorale qui a été lue dans toutes les parties du diocèse ; mais pour entrer plus amplr'ment dans les intentions de noire auguste Chef, nous avons résolu Je commenter du haut de cette chaire l'admirable Encyclique Humanum Genus.
Avant de commencer nos Conférences, cependant, il faut examiner quelle est la nature et quelle est l'autorité du document que nous voulons vous expliquer. Quelle foi mérite-t-il auprès des chrétiens?
Nous allons établir l'autorité de renseignement de l'Eglise, ensuite