DU DROIT DE PROPRIÉTÉ
on a enlevé ces biens à leurs légitimes possesseurs, on les a donnés à des individus qui les ont dispersés en bien peu de temps, et alors on a 'VU la plaie hideuse du paupérisme dans la société ; alors on a vu la guerre entre le riche et le pauvre, parce que la source où puisait le pauvre était tarie.
Ces religieux qui viennent au secours des misères humaines ne demandent que leur nourriture, et quand ils meurent, le produit de leur travail reste pour les pauvres. Leurs biens sont donc réellement le bien des pauvres, des orphelins, des malades, des pestiférés, et il est étonnant qu'on ait réussi à faire croire qu'en les dépouillant on feiait le bonheur de la société.
Mais l'Etat, quelle est donc sa mission ? C'est de protéger les citoyens, de maintenir l'ordre, de défendre la propriété, de proléger le pays contre les invasions. Il faut des moyens pour cela : l'Etat a donc le droit d'imposer des taxes pour former un trésor, et les citoyens ont le devoir de les payer. Peut-il imposer des taxes absolument comme il le voudra? Non, mes frères, il ne peut imposer que les taxes nécessaires ou grandement utiles, et s'il en impose d'inutiles, il est coupable.
Dans quelque degré que vous preniez part au gouvernement du pays, représentants du peuple, ministres, vous devez administrer les biens de l'Etat comme ferait un bon père de famille. Ceux qui, par favoritisme, prodiguent le bien de l'Etat, créent des places inutiles, ceux-là prennent une grande responsabilité devant Dieu. Ils seront bien elîravés d'entendre un jour le juge éternel leur dire : Rends-moi compte de ton administration ! As-tu toujours cherché l'avantage de la communauté?
Mes frères, dans quelque position que vous soyiez, ne faites jamais à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît à vous-mêmes. Quand donc on en vient à considérer le bien de la cité, le bien de l'état comme une proie qu'il s'agit de saisir et de partager, on est tombé dans une terrible et fatale erreur.
Il y a d'autres personnes morales que celles qui viennent d'être énumérées, par exemple les sociétés de commerce, les sociétés de chemins de fer, etc. Celles-ci, pour exister, ont besoin d'être reconnues par l'Etat, Elles sont différentes des trois autres : l'Etat peut limiter leurs droits, car elles viennent de lui.
Mais en est-il de même pour la Famille ? pour l'Eglise? Non, je vous l'ai déjà démontré.
358 CEUVHES ORATOIRES DE M*^'' LAFLÈCniî
Quant à l'Eglise, son droit de propriété a quelque chose de particulier : c'est un droit sacré. Lorsque Dieu dit : Ma tnaison est une maison de prière, il désigne nos temples. I,es (idèles ont l'administration de leurs biens, mais ce qui est à l'Eglise s'appelle le bien du Christ ; le pape en est le premier administrateur; les évêques et les prêtres les administrent sous sa direction dans les différents diocèses et dans les ditTérentes paroisses. Si on prend ces biens, non seulement on commet un vol, mais on fait encore un sacrilège ; on prend le bien de Dieu.
Examinons maintenant les doctrines maçonniques touchant le droit de propriété.
N'admettant pas l'autorité de Dieu, les francs-maçons ne diront pa» que le droit de propriété vient de lui, ils disent qu'il vient du peuple. Il y a cependant une certaine divergence entre eux sur ce point : les uns font venir ce droit de César, du chef civil de la nation, les autres le font venir du peuple et tombent dans le socialisme, car ils admettent sans restriction que tous les hommes ont des droits égaux.
Ces principes abominables firent trembler la société française en 1848; on vit sortir des Loges une foule avinée qui hurlait : Partagez également les propriétés, donnez-nous notre part ! Notre Saint-Père le Pape disait dans son encyclique Quod apostolici muneris : « Quant à la tran- « quillilé publique et domestique, la sagesse catholique y a encore très « prudemment pourvu par les idées qu'elle adopte et qu'elle enseigne « sur le droit de propriété et sur le partage des biens qu'on a amassés « pour la nécessité et l'utilité de la vie. Car tandis que les socialistes « présentent le droit de propriété comme étant une invention humaine, « et répugnant à l'égalité naturelle entre les hommes, et que dans leur « convoitise d'arriver à la communauté des biens, ils prétendent qu'on « ne saurait supporter la pauvreté patiemment, et qu'on peut impuné- « ment violer les possessions et les droits des riches, rEglise,avec beau- < coup plus d'utilité et de sagesse, reconnaît que l'inégalité existe entre « les hommes qui naissent naturellement dissemblables par la force du (( corps et de l'esprit, et que celte inégalité existe aussi dans les biens « qu'ils possèdent, et Elle veut en outre que le droit de propriété et de H domaine, qui vient de la nature même, soit maintenu intact et invio- « lable dans les mains de ceux qui possèdent ; car Elle sait que le vol «et la rapine ont été défendus par Dieu, auteur et vengeur de tout « droit, au point qu'il n'est pas môme permis de désirer le bien d'au- « trui, et que les voleurs et les ravisseurs sont exclus, comme les adul- « tères et les idolAtres, du royaume des deux •».
DU DROIT DE l'ROPKIÉTÉ 359
Dans son encyclique Ilumanum genus, Léon XIII parlant de l'origine de raulorité, montre que les Irancs-mai.'ons la font venir delà multitude, puis il conclut de la manière suivante : « Or, que ces doctrines « soient jjrofessées par les francs-maçons, que tel soit pour eux l'idéal a d'après lequel ils entendent constituer les sociétés, cela est presque « trop évident pour avoir besoin d'être prouvé. Il y a déjà longtemps « qu'ils travaillent ouvertement à le réaliser, en y employant toutes « leurs forces et toutes leurs ressources. Ils feraient ainsi le chemin à « d'autres sectaires plus nombreux et plus audacieux qui se tiennent « prêts à tirer de ces faux principes des conclusions encore plus déles- « tables, à savoir le partage égal et la communauté des biens entre les « citoyens, après que toute distinction de rang et de fortune aura été « abolie »,
Quand on abandonne le sentier catholique, mes frères, on arrive à ces absurdités.
Pour chercher Ih source du droit de propriété, il faut remonter à celui dont le Psalmiste a dit : Ootnini est terra, et plenitudo e/us, orbis terrarum et universi qui habitant in eo ; la terre et tout ce qu'elle contient est au Seigneur. Oui, toute la terre et tous ceux qui l'habitent sont à lui (Ps. xxui, 4), C'est Dieu qui est le maître suprême; or il a voulu que les individus, el que des personnes morales comme l'Eglise et l'Etat, eussent le droit de propriété ; cela s'est fait, mes frères, parce qu'il l'a voulu : omnia quœcmnque voliùt fêcit.
Avant de teraiiner, mes frères, je veux vous rappeler que la provenance des biens de l'Eglise est ordinairement des plus saintes, des plus touchantes. Un chrétien arrivé à l'heure terrible de la mort se trouve les mains vides de bonnes œuvres, et pour le salut de son âme, il veut se faire des amis parmi les pauvres ; il confie ses biens à l'Eglise, pour qu'elle les répande par l'aumône.
Un riche n'a pas fait de ses biens l'usage qu'il en devait faire ; à l'heure de la mort, la lumière se fait dans son âme, il lègue une partie de ses richesses à l'Eglise, afin qu'elle fasse en sa place le bien qu'il aurait dû faire lui-même.
L'Etat doit reconnaître ces dispositions, il doit respecter les dernières volontés d'un mourant, il doit s'incliner devant les droits les plus sacrés que l'on puisse trouver sur la terre.
L'Eglise n'est pas une mineure, l'Etat ne doit pas la tenir en tutelle: il faut qu'elle ait la libre administration de ses biens, quels qu'ils soient.
3G0 œUVRES OHAÏOIRES DE Ri^" LAILÈCHE
Hélas ! vous savez ce qu'on a fait en France, en Espagne, et dans la I-lupart des pays de l'Europe : on a dépouillé l'Eglise, l'Etal s'est emparé de loul ; mais 0!i a vu le paupérisme marcher à la suite de ces spoliations.
Les biens mômes de la Propagande, les aumônes des chrétiens de tout l'univers, au moyen desquelles ou envoyait des ambassadeurs de Jésus- Christ aux peuples infidèles, ont excité la convoitise du gouvernement italien.
En voyant noire Saint-Père le Pape injustement dépouillé de ses étals et prisonnier dans son propre palais, les ordres religieux dépouillés et chassés de leurs asiles de paix, tous les trésors de l'Eglise aux mains des contempteurs du Christ, on demande quelles entreprise» funestes nos ennemis ont encore à tenter !
Pleurons sur les malheurs de notre temps, mes frères; fuyons les doctrines perverses qui ont amené un si déplorable état de choses ; et, nous appuyant sur les vrais principes, efîorçons-nous de conserver fort et sans mélange le sentiment catholique au seiii de noire chère patrie. Ainsi soit-il.
XV. Organisation de l'Eglise et organisation de la Franc-Maçonnerie.
Beatus vir, qui non ohiit in consilio impiorum, et in via peccatornm non stetit, et in cathedra pestilentiœ non nedit.
Heureux l'homme qui ne s'est point laissé aller au conseil des impies, qui ne s'est point arrêté dans la voie des pécheurs, et qui ne s'est point assis dans la chaire de pestilence. Psalm. 1, 1.
Mks frèhks.
Nous lisons ces paroles dans le premier psaume de David. Dans ce psaume, le RoiProphèlè nous indique clairement la double société dont nous a parlé le pape : d'un cAlé les enfanti de Dieu, de l'autre le royaume de Satan. Vous avez remarqué l'opposition qui existe entre ces deux sociétés : la Religion a pour principe fondamental la Révélalion ; la F'ranc-Maçonnerio s'appuie uniquement sur la raison humaine, sur le Naturalisme ; le bonheur que la Religion nous promet se trouve au delà de la vie présente ; l'idéal du bonheur promis par la Franc-Maçonnorie se trouve sur la terre, et consiste dans la basse satisfaction des sens. Nous avons examiné ces doctrines si directement opposées, et nous
DE l'ÉGLISK et de LA FHAKC-MAÇONNERIK [HA
croyons avoir loijché Ions les points principaux ; il nous reste maintenant à voir l'organisation de ces deux sociélés, la manière dont elles se présentent aux regards. En étudiant leurs doctrines, nous avons examiné la partie intime de ces sociétés, en étudiant ieurorganisalion, nous verrons leur extérieur, ce qui nous sera fort utile pour pouvoir les reconnaître du premier coup d'œil, et discerner immédiatement celle des deux, à laquelle il nous est bon d'appartenir.
Le Psalmisle commence par le mol Beatics, bienheureux; en effet, le désir du bonheur occupera toujours l'esprit de l'homme, et les elîorts qu'il fait pour arriver à ce bonheur rempliront toujours son existence. II donne deux causes au bonheur de l'homme : la première négative et la seconde positive. La première consiste à ne pas fréquenter les impies : Beatus vir qui non ahtit in consilio impioruni ; c'est déjà un bonheur d'éviter la société des méchants, de fuir les conseils des méchants, de ne pas se faire docteur au milieu des méchants ; l'homme qui s'en tiendrait à cela, cependant, n'aurait qu'une vertu négative. Heureux véritablement l'homme qui, ne se contentant pas de cela, met toute son affection dans la loi du Seigneur, et médite jour et nuit cette loi sainte, sed in lege Domini voluntas ejus, et in lege ejus meditabitur die ae nocte. Ainsi le véritable bonheur, c'est la loi de Dieu qui le donne; l'homme qui a la volonté de la mettre en pratique aura la plus grande somme de bonheur dont on puissejouir ici-bas, et il arrivera au bonheur éternel.
Examinons donc aujourd'hui l'organisation des deux sociétés qui prétendent donner le bonheur à l^homme par des moyens opposés, afin que nous puissions reconnaître celle des deux qui cherche à nous tromper, et qui est notre grande ennemie sur la terre. Examinons d'abord l'organisation de l'Eglise, et ensuite celle de la Franc-AIaçonnérie.
Mes frères, il existe dans le monde une société qui porte le nom d'Eglise : elle n'est pas connue seulement de ses propres enfants ou des membres qui la composent, mais aujourd'hui tous les honunesqui sont sur la terre en ont entendu parler : c'est un fait immense, universel et divin, qui remplit l'histoire depuis près de deux mille ans. Celte Eglise est une société d'hommes unis entr'enx par la profession d'une même foi, par la participation aux mêmes sacrements et par la soumission à un même chef visible. Elle n'est pas limitée dnns son expansioii : tout le genre humain, tous les pays quels qu'ils soient doivent entrer dans son sein; elle n'est pas limitée par les autres autorités humaines : les
36i ŒUVRES ORATOIRES DE M^' LAFLÈCHE
empereurs et les rois doivent lui obéir comme les simples particuliers; de sorte que son autorité n'a pas d'égale sur la terre.
Cette société existe d'après le principe monarchique: son chef se nomme le Pape, ou le Pontife Romain, ou le Souverain Pontife, et il exerce un pouvoir qui est reconnu dans toutes les parties de l'univers. Tout particulier de n'importe quel pays, tout sujet de n'importe quel roi, s'il a été baptisé, est sujet du Pape et doit lui obéir. Sous ce chef il y a des chefs subordonnés qui sont les Evêques ; mais lesévêques n'ont pas une juridiction universelle comme le chef qui les a établis ou consacrés : ils ont une juridiction limitée à une portion de pays qu'on appelle un Diocèse. Dans les pays nouveaux il y a les Vicaires Apostoliques, dont la juridiction, quant au territoire, est limitée d'une manière moins précise, mais dans l'état régulier des choses, chaque évêque a une étendue de terre sur laquelle il a autorité, et à laquelle il donne les soins du ministère pastoral.
L'Evoque partage son diocèse en paroisses, et met à la tète de chacune un Curé qui doit donner à chaque fidèle les moyens de se sanctifier. Les Curés se font aider dans leur charge par des Vicaires.
Voilà donc comment est organisée l'Eglise Catholique ; tout le monde peut étudier cette organisation qui n'a rien de secret. Le pape actuellement régnant est Léon XIII, celui qui l'a précédé se nommait Pie IX, et nous pouvons remonter ainsi de pape en [)ape, avec la plus grande facilité, jusqu'à Jésus-Christ qui vivait sur la terre il y a 1885 ans.
Le premier pape s'appelait d'abord Simon. La première fois que Jésus le vit, il lui dit: Vous vous appelez Simon, mais désormais vous vous appellerez Pierre, et il ne lui en dit pas davantage. Quand Pieire eut confessé solennellement la divinité de notre divin Sauveur en disant : Vous êtes hi Christ, le tils du Dieu vivant, Jésus lui dit alors pourquoi il avait changé son nom : Tu es Pierre, lui dit-il, et sur celte pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Voilà le fondement de l'Eglise, il est bien connu de tous, et celui qui a posé ce fondement l'est encore davantage. Jésus-Christ, le fondateur de l'Eglise, est né dans la Judée. Il avait été annoncé dès l'aurore du genre humain, et ce lut, après la chute d'Adam, le motif de consolation que Dieu donna à notre pauvre terre. Les Patriarches et les Prophètes ont ensuite prédit qu'il naîtrait chez les Juifs, et ils ont précisé le lem|)s et les circonstances de cet événement. Ce Messie promis depuis longtemps à la terre naquit d'une vierge nommée Marie, au temps tixé
DE l'église et de LA FRANC-MAÇONNEHIE 36jJ
par les prophètes ; il donna des preuves irréfragables de sa divinité, et il annonça qu'il venait établir le règne de Dieu.
llélas! le règne de Satan était établi depuis longtemps sur la terre, et l'humanité gémissait sous ce joug affreux. Jésus-Christ vient rétablir le règne de Dieu, et la premièro condition qu'il pose pour cela, est que l'on fasse pénitence. Il prêche pendant trois ans, il fait les œuvres admirables que les prophètes avaient annoncées : il redresse les boiteux, il donne l'ouïe aux sourds et la vue aux aveugles, et quand il a accompli tout ce qui avait été prédit de lui, il fonde une société qu'il appelle son Eglise. Il choisit pour cette œuvre ce qu'il y a de plus faible aux yeux dos hommes : douze pécheurs ignorants et sans aucune influence au milieu de leur peuple. Et pourquoi choisit-il ainsi des hommes de rien pour les mettre à la tête de son église? Pour prouver à tous les liommes qu'elle est l'œuvre de Dieu.
Quand TEglise est fondée, il donne à ces douze pêcheurs des pouvoirs inouïs jusque-là : Tout pouvoir, leur dit-il, m'a été donné au ciel et sur la terre ; or, comme mon Père m'a envoyé, ainsi je vous envoie : allez donc, enseignez tout ce que j'ai enseigné moi même ; celui qui croira sera sauvé, et celui qui ne croira pas sera condamné. Voilà près de deux mille ans que les apôtres de Jésus-Christ sont à l'œuvre, leur parole a retenti dans tous les pays du monde, tous les hommes sont donc en état de voir aujourd'hui l'Eglise établie par le Fils de Dieu.
Quand nous étudions ailentivement l'histoire de l'Eglise, nous trouvons une autre preuve évidente de sa divinité : Les causes qui détruisent les œuvres humaines ne peuvent rien contre elle. Elle a traversé des épreuves terribles, auxquelles nulle socié'é humaine ne pouvait naturellement résister, et elle a toujours surnagé, toujours survécu ; l'assistance spéciale du Maître suprême, son fondateur, est la seule manière plausible d'expliquer son incomparable vitalité.
Quand elle a paru sur la terre, il y avait un pouvoir organisé au milieu de l'humanité : Rome avait son empereur qui régnait sur tout le monde connu, et qui faisait peser sur les peuples un véritable joug de fer. Saint Pierre vient se fixer au cœur de cet immense empire ; pauvre juif, sans fortune et sans instruction, il vient pour renverser ce colosse, pour briser ce joug de fer. Les quatre cinquièmes de l'univers étaient alors réduits en esclavage ; les maîtres avaient droit de vie et de mort sur leurs esclaves, et les tenaient dans une position plus abjecte que celle de la brute : Saint Pierre venait rendre la liberté à ces millions d'esclaves ; avec ses onze compagnons, il entreprenait de réformer et de
sanctifier le genre humain. Après dix-huit siècles, nous pouvons contempler leur œuvre grandiose et colossale, nous pouvons admirer la transformation qu'ils ont opérée.
Quand Dieu envoya les Barbares, ces terribles peuples du Nord brisèrent le grand empire Romain, et alors ils se trouvèrent en face de l'Eglise. Celle-ci fe'a|)pliqua à les civilisfir, à les moraliser; elle fonda des monastères au milieu des forêts, et donna ainsi naissance à la plupart des grandes villes de l'Europe ; elle ouvrit des asiles pour le soulagement de toutes les misères, et établit des écoles pour donner l'éducation aux enfants ; elle apprit à ces barbares que nous sommes tous frères, et qu'il ne faut pas nous détruire les uns les autres ; elle travailla ainsi pendant des années^ et transforma tellement ces peuples qu'elle en fit les peuples civilisés de l'Europe.
Dans ces temps éloignés, des anglais avaient été réduits en esclavage et étaient vendus comme tels dans la grande ville de Rome ; le pape saint •Grégoire voyant ces barbares qui étaient de beaux hommes, annonçant la force el l'intelligence, demanda de quel pays on les avaient amenés : On lui dit que c'étaient des anglais, en latin angli ; non angli sed angeli, répondit-il, ce ne sont pas des anglais mais des anges. Il envoya vers ce peuple si intéressant le saint missionnaire Augustin, et l'Angleterre fut conquise à la religion de Jésus-Christ et à la civilisation. Voilà l'œuvre de l'Eglise.
Les caractères dominants de l'Eglise Catholique sont la Visibilité el l'Unité : c'est une ville bâtie sur une haute montagne, tous les hommes peuvent la voir et marcher vers elle. C'est en effet le bercail où doivent se réunir toutes les brebis: Et fietutitim ovile et umis pastor, il n'y aura plus qu'un troupeau et qu'un pasteur (Joan x, 16).
Saint Jean, en rappelant l'origine divine de Jésus-Christ, l'appelle le Verbe, el il le caractérise ainsi : Erat lux vera qux illuminât omneni hominem venientem in hune mundum, il était la vraie lumière qui illumine tout homme venant en ce monde. L'Eglise a été fundée par Jésus-Christ, sa mission caractéristique est de communiquer la lumière ; elle éclaire les intelligences. Quand Notre-Seigneur envoie les Apôtres, ne leurdit-il pas : Vous êtes la lumière du monde? C'est le premier et le plus pressant besoin de l'homme de connaître la vérité.
Dans l'exposé que je vous ai fait des doctrines de l'Eglise, vous avez dû être frappés de la manière claire et satisfaisante dont elle répond aux questions les plus importantes q»io l'homme puisse se poser sur la terre. Qu'est-ce que Dieu, lui demanderez-vous ? Elle vous répond;
DE l'église et de la FRANC-MAÇONNERIE c65
Dieu est un esprit infiniment parfait, créateur et maître absolu de toute chose. Celte réponse est nette et précise. Mais dans quel embarras le rationaliste n'est-il pas pour répondre ? Qu'est-ce que Dieu? Il ne le sait vraiment pas. Il vous dira peut-être que Dieu, c'est la Nature. Ou bien il dira, dans un excès de démence, qu'il n'y a pas de Dieu, que Dieu existe dans notre imagination seulement.
Vous demandez: D'où vient le monde? L'Eglise répond clairement : Dieu l'a tiré du néant par sa parole toute-puissante. Certains rationalistes diront que le monde est éternel, que personne ne l'a fait. D'autres diront que le monde n'a rien de réel. Vous voyez bien, mes frères, que ce sont des insensés qui ne savent ce qu'ils disent.
Quand vous parlez de l'homme, l'Eglise nous dit qu'il a été créé à l'image de Dieu. Le rationaliste, lui, prétend que l'homme descend du singe.
Vous voyez la différence qu'il y a entre l'Eglise et les sociétés des impies ; l'Eglise est une société lumineuse, l'homme y voit clairement d'où il vient et où il va ; les autres sont des sociétés de ténèbres et d'erreur.
S'il n'y avait réellement plus d'espoir au delà de la tombe, si l'on pouvait nous dire: Vous allez passer quelques jours sur la terre, vous allez mourir ensuite, et au delà c'est le néant: quel triste sort ne serait pas le nôtre 1 L'Eglise soutient l'homme voyageur en lui montrant un bonheur éternel el infini, mais la doctrine des hommes qui n'ont pas la foi est la plus désolante des doctrines.
Tout le monde peut voir l'organisation de l'Eglise; tout le monde peut discerner ses caractères qui sont la Visibilité, l'Unité dans son chef et dans sa doctrine, l'Apostolicité dans son origine, et la Sainteté dans son enseignement et dans un grand nombre de ses membres.
Le paroissien obéit au Prêtre, le prêtre obéit à l'Evêque, et l'Evéque obéit au Pape; en suivant cet ordre on a le bonheur ici-bas, et l'on marche vers le bonheur éternel. Dieu a dit aux apôtres et à leurs successeurs : Qui vous écQute, m'écoute ; l'autorité divine est doncincarnôe en eux. Ceux qui ont ainsi l'autorité sont les organes de l'Eglise pour montrer le chemin du bonheur.
Tant qu'il y aura des hommes sur la terre, l'Eglise existera, car c'est la cité de Dieu. Le Pape en parle ainsi au commencement de l'encyclique Humaiium getnis : « Après que, par la jalousie du démon, le genre 0 humain s'est misérablement séparé de Dieu auquel il était redevable « de son existence et des dons surnaturels, il s'est partagé en deux
« camps ennemis, lesquels ne cessent pas de combattre, l'un pour la c. vérité et pour la vertu, l'autre pour tout ce qui e-^l contraire à la vertu «et à la vérité. Le premier est le royaume de Dieu sur la terre, à savoir « la vérilable Eglise de Jésus-Christ, dont les membres, s'ils veulent lui « appartenir du fond du cœur et de manière à opérer leur salut, doivent. « nécessairement servir Dieu et son Fils unique de toute leur âme, de « toute leur volonté ».
Nous vous avons fait connaître l'organisation de cette société fondée par Dieu, et qui est la cité de Dieu ici-bas. Nous allons maintenant examiner l'organisation de la Franc-Maçonnerie, et vous allez être frappés de l'opposition qu'il y a entre les caractères de cette société, et ceux de l'Eglise Catholique. Je vous citerai d'abord ce qu'en dit notre Saint-Pere le pape Léon XJIl :
« A notre époque, les fauteurs du mal paraissent s'être coalisés dans « un immense effort, sous l'impulsion et avec l'aide d'une société ré- 4 pandue en un grand nombre de lieux et fortement organisée, la so- « ciété des Francs -Maço7is. Ceux-ci, en effet, ne prennent plus la peine « de dissimuler leurs intentions, et ils rivalisent d'audace entre eux « contre l'auguste majesté de Dieu. C'est publiquement, à ciel ouvert, «qu'ils entreprennent de ruiner la sainte Eglise afin d'arriver, si faire (( se pouvait, à dépouiller complètement les nations chrétiennes des « bienfaits dont elles sont redevables à Jésus-Christ Sauveur. Gémissant M à la vue de ces maux et sous l'impulsion de la charité, Nous Nous « sentons souvent porté à crier vers Dieu : Seigneur, voici que vos en- « nemis font un grand fracas. Ceux qui vous haïssent ont levé la tête. <i Ils ont ourdi contre votre peuple des complots pleins de malice et « ils ont résolu de perdre vos saitits. Oui, ont-ils dit, venez et chas- « sons les du sein des nations ».
« Cependant, en un si pressant danger, en présence d'une attaque si « cruelle et si opiniâtre livrée au christianisme, c'est Notre devoir de « signaler le péril, de dénoncer les adversaires, d'opposer toute la résis- K tance possible à leurs projets et à leurs industries, d'abord pour eni- « pécher la perte éten elle dos âmes dont le salut Nous a été confié ; « puis, afin que le royaume de Jésns-Christ, que nous sommes chargés « de défendre, non seulement demeure debout et dans toute son inlé- « grité, mais fasse par toute la terre de nouveaix progrès, de nouvelles « conquêtes.
(( Dans leurs vigilantes sollicitudes pour le salut du peuple chrétien, «Nos IVédécesseurs eurent bien vile rei.onnu cet ennemi ctt|)ilal au
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« moment où, quittant les ténèbres d'une conspiration occulte, ils'élan- « çait à l'assaut en plein Jour. Sachant ce qu'il était, ce qu'il voulait, « et lisant pour ainsi dire dans l'avenir, ils donnèrent aux princes et « aux peuples le signal d'alarmes, et les mirent en garde contre les «. embûches et les artitices préjjarés pour les surprendre. »
D'après un enseignement que nous devons suivre, voilà ce que c'est que la Franc-Maçonnerie, et avec elle toutes les Sociétés Secrètes, car elles ont un but unique, et elles sont pour la plupart en rapport avec la Franc-Maçonnerie, Si je les compare à un arbre, la Franc-Maçonnerie en est le tronc et les autres sociétés en sont les branches.
Le caractère dominant des Sociétés Secrètes, c't>st l'amour des ténèbres. L'Eglise aime la lumière, elle porte la lumière parlout où elle parait ; mais les Sociétés Secrètes se cachent dans l'ombre, elles rampent dans les ténèbres à la façon des êtres malfaisants ; et si nous n'avions eu les révélations faites par un certain nombre des membres de la Franc-Maçonnerie, qui s'étant convertis ei étant sortis de la société en ont dévoilé les secrets, au risque de leur vie, nous ne saurions pas encore à quoi nous en tenir sur son organisation et le but qu'elle poursuit.
La première condition que la Franc-Maçonnerie exige de ses adeptes, c'est le secret. Mes frères, quand on fait le bien on ne se cache point, on ne craint point la lumière du soleil ; mais quand on poursuit un mauvais but, quand on emploie des moyens inavouables, alors on recherche les ténèbres : Celui qui fait le mal, dit Jésus-Christ, hait la lumière.
Ce secret absolu auquel le franc-maçon s'engage parles serments les plus terribles, ne doit pas s'observer seulemeiit à l'égard des profanes, mais encore à l'égard de tous les membres d'un grade inférieur.
La Franc-Maçonnerie comprend deux ordres : la Maçonnerie extérieure ou symbolique et la Maçonnerie occulte ou Maçonnerie rouge. La Maçonnerie symbolique ne comprend que trois grades, qui sont ceux d'Apprenti, de Compagnon et de Maître; mais la Maçonnerie rouge en comprend un grand nombre.
La première forme de la Franc-Maçonnerie est donc la forme symbolique: à tous ceux qui entrent dans cet ordre on ne propose rien d'absolument alarmant pour la conscience : on leur dit que la société où ils entrent est une société de secours mutuel ; qu'il s'agit pour les membres de s'enlr'aider, de se proléger mutuellement au besoin, de se procurer de l'emploi dans les temps de chômage, de favoriser le succès des
membres de la société dans le commerce, et dans les différentes posilions sociales. Voilà bien comment un grand nombre se sont laissé prendre : on leur disait que dans celte société on ne s'occupait pas de religion, et que chacun pouvait librement pratiquer la sienne, et on leur promeltait de grands avantages matériels. Le pape nous dit que ces personnes qui sont entrées dans la Franc-Maçonnerie avec une certaine bonne foi ont cependant péché gravement, parce qu'elles sont inexcusables de ne pas écouter l'Eglise qui leur interdit les sociétés secrètes.
La première obligation donc que la Franc-Maçonnerie impose à ses adeptes, c'est le secret. Le nouveau franc-maçon s'engage à le garder d'une manière absolue ; et s'il avait le malheur de le violer, il se verrait exposé à une vengeance terrible, à la mort même. Peut-on entrer dans une société qui commence par imposer une pareille obligation, sous des peines aussi terribles? Pourrait-on garder un secret, si, comme cela arrive souvent, on compromellait par là le salut de la société civile ?
Jésus-Christ dit à ses apôtres : Allez, prêchez l'Evangile à toute créature, prêchez sur les toits ; il veut que son Eglise soit connue partout, car elle vient donner la liberté aux hommes; mais voici une autre société qui commence par imposer le secret, qui gêne la liberté par des serments horribles, n'est-ce pas l'église de notre ennemi, l'église de Satan ?
Quelle est, en elTet, la direction donnée, même dans la société symbolique? On cherche à faire pénétrer des adeptes de la Franc-iMaçonnerie dans les sociétés littéraires, dans les clubs, dans toute espèce de sociétés : on y répand adroitement l'idée qu'il est mieux de ne pas parler de religion, sous prétexte (]ue la société renferme des membres de dilTérentes croyances, et l'on travaille ainsi à éloigner les âmes de toute croyance religieuse. On cherche ensuite à faire perdre l'amour des joies pures de la famille, en donnant des amusements dans les clubs; et q\iand on a fait ce ])remier pas, on s'applique à démoraliser complètement ces malheureux. Je vous ai déjà exposé ce plan infernal de la Franc-Maçonnerie, mais il importail de le rappeler aujourd'hui à votre mémoire.
La Maçonnerie symbolique est comme un masque, au moyen duquel on cherche à entraîner les 'imes simples et sans défiance ; c'est une enseigne anodine, pour appeler dans les rangs de la société le plus grand nombre d'hommes possible ; ceux qui ne montrent pas les dispositions
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.requises seront tenus dans ce vestibule de la vraie Maçonnerie, et ils ne verront que des masques.
Dans la Maçonnerie rouge ou occulte, on dévoile le véritable but de la secle, savoir la destruction do l'ordre social et de l'ordre religieux ; mais on y va prudemment et par degrés, pour ne pas effrayer les nouveaux venus. C'est ici la vraie Maçonnerie : celle qui agit, celle qui «ombat, celle qui dirige et qui commande ; elle se sert des dupes qu'elle tient dans la maçonnerie symbolique.
Je vous ai dit que le premier caractère de la Franc-Maçonnerie est le secret inviolable qu'elle impose à ses membres ; le second est l'obéissance absolue qu'elle exige ; ses membres jurent une obéissance aveugle à tous les ordres qui seront donnés par les chefs, sans qu'on sache même quels sont ces chefs et quels ordres ils peuvent donner.
Et ce sont les francs-maçons qui viennent reprocher aux ordres religieux l'obéissance qu'ils exigent de leurs membres ! Mais les religieux ont une règle connue d'avance, d'après laquelle tout l'ordre se dirige; ils savent qui leur commande, et celui qui leur donne des ordres a luimême embrassé la vie parfaite. L'obéissance qu'on demande n'est pas 30U8 peine de mort ; supposé qu'on leur commande quelque chose qui répugne à leur conscience, ils peuvent en appeler à une autorité supérieure ou sortir de l'ordre. Le franc-maçon, au contraire, reçoit des ordres, il ne sait d'où, et on lui dit cruellement : Obéis ou meurs. Et ce sont ces hommes qui déblatèrent contre le despotisme de l'Eglise V Mes frères, s'il y a encore un peu de liberté dans le monde, c'est à l'Eglise que nous la devons; mais la Franc-Maçonnerie c'est le Despotisme incarné. Souvenons-nous que le franc-maçon fait serment d'obéir à n'importe quel ordre qu'il recevra de ses chels, même l'ordre d'assassiner ?on bienfaiteur ou son père.
Dans la grande Révolution, le peuple français se souilla du sang de son roi ; eh bien ! Louis XVI avait été condamné à mort quelques années auparavant, dans une loge maçonnique. On donna ensuite l'ordre d'exécuter cet arrêt : la secte avait choisi ses bourreaux.
Le troisième caractère de la Franc-Maçonnerie, c'est l'Universalité ; elle est répandue dans tout l'univers, et elle est une, comme des francamaçona haut placés l'ont aftirmé plus d'une fois. Il lui faut ces deux caractères d'universalité et à'u?iité, car elle est une contrefaçon de l'Eglise Catholique; mais, mes frères, la Franc-Maçonnerie ressemble à '.l'Eglise comme la nuit ressemble au jour. Le jour, en effet, est l'image
frappante de l'Eglise : on y a la lumière du goleil, on y marche sans crainte et sachant toujours très bien où l'on va. La nuit avec ses hor- 1 rcurs est l'image non moins frappante de la Franc-Maçonnerie. La Franc-Maçonnerie est enveloppée de ténèbres plus épaisses que celles d'une nuit sans étoile, on y marche toujours dans l'incertitude et la crainte. Les ordres les plus terribles arrivent : d'où viennent-ils? On ne lésait pas. Qui donnera les ordres demain? quels ordres seront donnés? On ne le sait pas. Les francs-maçons ne savent pas eux-mêmes où demeurent leurs chefs: ce sont des inconnus dont ils ne verront jamais le visage, et nous avons toute raison de croire que ce sont, pour la plupart, des juifs.
Il est important que nous vous parlions de ces choses, mes frères : uo auteur bien renseigné, Saint-André, dans sou ouvrage intitulé Francs-Maçons et Juifs, donne la liste des loges maçonniques dans les différents pays du monde et à des époques difîéientes, or, nous voyons, par ces listes, que le Canada, en 1863, comptait 130 loges: c'était beaucoup pour un pays si petit; mais en 1879 il en comptait 535, et cela d'après les documents maçonniques. N'est-ce pas une augmentation alarmante?
On dira peut-être que la Franc-Maçonnerie anglaise et américaine n'est pas aussi perverse que celle du continent européen ? Mes frères, la Franc-Maçonnerie est une, le pape lui-même nous en avertit, elle a partout les mômes principes, seulement elle ne les montre au grand jour qu'autant qu'elle le |>eutsans danger. .Vu lieu de cher«;her à nous faire illusion, écoulons plutôt les graves paroles d'un évêque américain, Mgr Martin évêque de Natchiloche. Après avoir parlé des persécutions que l'Eglise éprouve dans tous les pays du monde, il s'écrie avec autant d'éloquence que de vérité :
0 Eu présence de celte persécution d'une universalité jusqu'ici inouïe, « de la simultanéité de ses actes, delà similarité des moyens qu'elle emu ploie^ nous sommes forcément amenés à conclure rexi>lence d'une « direction donnée, d'un plan d'ensemble, d'une forte organisation qui « exécute, d'un but arrêté vers lequel tout tend. Oui, elle existe celte « organisation avec son but, son plan, et la direction occulte à laquelle « elle obéit ; société compacte malgré sa dissémination sur le globe; a société mêlée à toutes les sociétés sans relever d'aucune ; société d'une « puissance au-dessus de toute puissance, celle de Dieu exceptée; « société terrible qui est pour la société religieuse, comme pour les to- (( ciétés civiles, pour la civilisation du monde, non pas seulement un
DE l'ÉGLISK et de LA FH ANC-MAÇONNERIE 371
« danger, mais le plus redoutable des dangers; société tant de fois anat ihématisée, et mille l'ois digne de l'être. Aveugle qui ne le voit pas, c et malheur à vous de ce que beaucoup qui pouvaient et devaient voir « ou n'ont pas vu, ou ont vu trop tard. Le nom générique qu'a em- « pninlé cette secte exécrable est sur toutes les lèvres : Franc-Maçon- « nerie; le nom qu'elle tient de sa nature et de son auteur, c'est des- < truction.
L'auteur que j'ai déjà cité, Saint-André, après avoir calculé le nombre des adeptes de quelques autres sociétés, telles que les Nihilistes, les Carbonari, les Féniens, évalue à trente millions au moins le nombre des hommes enrôlés dans les sociétés secrètes en 1879. Et cependant, d'après les auteurs les mieux renseignés, un très petit nombre seulement connaissent le dernier mot de ces sociétés et en ont en main les forces dirigeantes. Toute cette masse d'hommes obéit aveuglément à ce petit nombre, qui en forme le gouvernement despotique et arbitraire.
La Franc-Maçonnerie est donc une immense organisation, avec un conseil central donnant des ordres auxquels les membres doivent obéir d'une manière absolue. Il y a dans l'existence et le développement de ces sociétés un accomplissement de la prophétie de l'Apoca- Iyp»e, où il est dit qu'il viendra un temps où quiconque n'aura pas le signe de la bête ne pourra ni acheter ni vendre.
Que font en effet les francs-maçons? Ils excommunient tout le reste de l'univers, en général ; ils n'achètent que de leurs confrères maçons, ils ne protègent que leurs frères maçons ; c'est à tel point, qu'en France, les Catholiques ont résolu de se protéger entre eux ; on tient des bureaux d'information, et les catholiques s'engagent à ne faire aucun commerce avec ceux dont les noms se trouvent parmi les membres des sociétés secrètes. Détiez-vous de toute société qui a un secret, des serments, et un signe extérieur pour que les membres puissent se reconnaître ; quel que soit le nom qu'elle porte elle est condamnée et anathéinatisée par l'Eglise.
Voici une remarque qui m'a été faite par un protestant bien posé : Monseigneur, me dit-il, la foi aujourd'hui diminue dans toutes les religions. Vous le remarquez parmi les catholiques, et nous le constatons d'une manière évidente parmi les protestants. Vous avez raison, lui dis-je, la loi diminue ; if-ais ?avez- vous d'où cela vient? Il fut surpris de celte demande. Eh bien ! lui dis-je, cela vient de l'action des sociétés secrètes, car ces sociétés ont pour but de détruire la foi. Elles im-
posent à leurs adeptes le silence sur toute question religieuse, elles font publier des journaux sans foi, de mauvais romans, et elles ruinent la foi dans l'âme des chrétiens. J'ai étudié, continuai-je alors, ces sociétés d'une manière particulière, et j'ai conclu que telle «st l'influence qu'elles exercent dans le monde. C'était une chose nouvelle pour ce protestant, il n'avait jamais songé à cela. Mes frères, nous n'avons qu'à jeter un coup d'oeil sur ce qui se passe dans le monde, pour voir clairement que les maux terribles qui ébranlent la société sont dus à l'action de la Franc-Maçonnerie.
En terminant, je vous dirai ceci : 11 ne faut pas aisément soupçonner le mal dans le prochain, mais vous avez votre âme à sauver ; soyez prudent. Heureux Vhomme qui ne a est point laiisé aller an conseil des impies, qui ne s'est point arrêté dans la voie des pécheurs, et qui ne s'est pas assis dans la chaire de pestilence. Préservez-vous donc de ces sociétés abominables que les papes ont condamnées, et que la raison et la foi réprouvent également. Mais mettez-vous en rapport avec les hommes franchement catholiques : les méchants s'unissent par les serments les plus terribles, que les bons s'unissent par les liens de la sainte charité.
Fuyez toute espèce de sociétés secrètes ; il faut des sacrifices pour cela, n'hésitez pas un instant, faites-les de bon cœur, quand bien même votre fortune devrait en souffrir même considérablement. Le serpent sacrifie tout son corps pour sauver sa tête où est le siège de la vie; imitez en ceci du moins la prudence du serpent. Les sociétés sécrètes nous offrent des avantages qui durent un temps et qui passent, l'Eglise vous ofîrent des avantages qui ne passent pas. Que sert à l'homme vous dit Notre-Seigneur Jésus-Christ, de gagner tout l'univers, si, à la fin, il vient à perdre son âme, quid enim prodest homi?ii si mundum universum lucretur a^iimx vero sux detrifuentum patiatur ? (Math. xYi, 26). Attachez-vous donc à la foi de la sainte Eglise, à la pratique de ses commandements, et c'est ainsi que vous marcherez sûrement vers le bonheur éternel que je vous souhaite de tout mon coeur. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.
XITI