ILLUSTRISSIME ET RÉVÉPENDISSIME SEIGNEUR ET FRÈRE
D'après ce qtie nous a exposé Votre Grandeur au sujet du Brogramme dit CatJioUque, qai a pour but de diriger les élections politiques dans votre Province, les Eminentissimes Pères, Inquisiteurs Généraux avec moi, ont vu avec étonnement et doideur que des contestations et des divisions, rendues publiques par les journaux, ont existé et existent encore entre vous et les autres évoques.
Vous comprenez facilement tout l'étonnement et le préjudice qu'une telle conduite est de nature à produire parmi les fidèles, piusque les évoques devraient, au contraire, par la conformité de leur doctrine et de leurs actes, guider, pour le bien de la religion et de la société, les fidèles eux-mêmes dans une œuvre de si grande importance. Et les mêmes Eminentissimes Pères n'ont pas cru devoir approuver votre conduite, peut-être trop précipitée, en condamnant dans les journaux le Programme concernant les élections politiques : conduite qui a été la source de tant de divisions.
Mais, pour empêcher ce mal et pour éloigner toute occasion et tout motif de désordre, les mêmes Eminentissimes Pères, en vertu de leur autorité et au nom du Saint-Siège, défendent strictement à Votre Grandeur et aux autres Evêques de la Province de ne rien publier qui laisse soupçonner une division ou une divergence d'opinion entre vous.
De plus, ils ont pensé devoir imposer silence à chacun de vous sur le Programme Catholique en question et sur tout ce qui peut s'y rattacher. Mais que tous les évêques, afin de procurer parmi les fidèles l'accord des esprits au sujet des élections politiques, se conduisent d'après ce qui a été sagement et prudemment réglé et ordonné dans les Conciles provinciaux.
Vers l'Abîme. o
Enfin, cette suprême Congrégation espère que, vu le zèle dont Votre Grandeur et les autres évoques sont animés, le désaccord qui a paru, jusqu'à ce jour, disparaîtra complètement, et que, dans la direction des fidèles, pour tout ce qui regarde l'administration des diocèses, on ne remarquera plus en vous tous qu'une seule et même manière d'exposer la doctrine sacrée.
En attendant, je prie Dieu de vous garder en toute prospérité et bonheur.
De Votre Grandeur Le très dévoué,