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LES SUITES DU MEMOIRE

De tout ce qui précède ni l'archevêque de Québec, Mgr Taschereau, ni les directeurs du Séminaire de cette ville, ni surtout les professeurs et recteurs de l'Université Laval du même lieu ne pouvaient être réjouis, et c'est maintenant qu'un Boileau sévère culbuterait son encrier' avec de justes raisons et d'incessants transports.

Croyez-vous qu'on se rendra à l'évidence des faits et qu'avec sincérité on attendra les décisions souveraines ou qu'on s'apr pliquera à aplanir les difficultés à la satisfaction du droit méconnu jusque-là pour le repos de l'Eglise et en vue du salut des âmes !

Ce sera, à l'archevêché et chez ses inspirateurs et souteneurs le moindre souci. Jugez-en plutôt par la correspondance qui fut échangée au sujet de ce Mémoire qui aurait dû. éclairer et convaincre jusqu'à la résignation. La conduite dé Mgr Taschereau paraîtra plus qu'étrange et celle de l'Université en quelque sorte révolutionnaire. Mais laissons la parole à Mgr Laflèche.

I. — Le premier de juin dernier, écrit-il, quatre jours seulement après mon retour de Rome en mon Diocèse, M. le Grand-Vicaire Cyrille Légaré, de Québec, m'adressait une lettre dans laquelle il me demandait au nom de ses confrères de: l'Archevêché, et sur l'avis de l'Archevêque, en vertu de la justice et d'un droit rigoureux, compte de certaines paroles!

contenues dans l'Appendice de mon Mémoire qu'il avait déjà entre les mains l.

Voici cette lettre :

Lettre du T. R. Mes. Légaré, V. G. de l' Archidiocèse de Québec à Mgr Laflèche.

A Sa Grandeur Mgr L. F. Laflèche, Evêque des Trois- Rivières. Québec, Ier Juin 1882.

Monseigneur,

jDans un « Appendice » que Votre Grandeur a publié à Rome et qu'elle a ajouté à son « Mémoire sur les difficultés religieuses en Canada », on lit la phrase suivante :

« Nous croyons également que l'influence des prêtres libéraux de t Archevêché et de V Université Laval contribue beaucoup à entretenir Mgr V Archevêque dans cette timidité et cette condescendance si préjudiciable à l'Eglise. » Page 22.

Au nom de mes confrères de l'Archevêché et sur l'avis de Sa, Grandeur Mgr l'Archevêque, je sollicite auprès de Votre Grandeur la permission de Lui demander :

1° Quels sont les prêtres libéraux de l'Archevêché désignés dans « V Appendice »? f ■

2° Quelle note Votre Grandeur attache-t-elle à ce mot de « libéraux »? Evidemment cette qualification est accusatrice.

3° Sur quelles paroles, quels actes, quels écrits ou quels faits, Votre Grandeur s'appuie-t-elle pour dénoncer comme libéraux ces prêtres de l'Archevêché?

En justice, Monseigneur, nous croyons avoir un droit ri-

1. On sera surprie de cette information rapide. Qu'on se rappelle qne Mgr Zetelli veillait à Rome, que le dossier était entre ses mains, «t qu'il avait pris sur lui d'arrêter ceci, île divulguer cela, selon les convenances de ses clients parmi lesquels comptaient Mgr Taschereau et l'Université Laval.

gourcux à recevoir des explications de Votre Grandeur sur toutes ces questions. Nous osons donc espérer qu'Elle voudra bien nous les donner pour notre propre satisfaction et celle du public.

J'ai l'honneur d'être, Monseigneur, do Votre Grandeur le très respectueux serviteur,

Cyrille E. Légaré. V. G.

On voit de prime-abord qu'au lieu de s'intéresser à la pause générale de l'Eglise du Canada, et à la pénible situation faite au clergé et aux fidèles de la Province, on travailla immédiatement à Québec à ramener les graves questions qui faisaient l'objet de ce Mémoire aux étroites dimensions d'une affaire personnelle.

Cette lettre était plus qu'étrange.

On est étonné d'y voir un Grand-Vicaire citer à son tribunal un Evêque, pour lui, faire rendre compte des informations que la charge pastorale l'oblige à communiquer au Saint- {Siège, et donner pour motif de sa prétention sa satisfaction propre et celle du public ! !

Si M. le Grand-Vicaire avait quelque réclamation à faire sur certains détails du Mémoire ou de l'Appendice, et même sur le fond de ces documents, son chemin était tout tracé, c'était de s'adresser à Rome.

•Cette lettre parut donc tellement contraire non seulement aux règles canoniques, mais aux simples convenances que la réponse du silence devait être naturellement la plus à pro pos en aussi triste occurrence.

II. — Un peu plus tard, le 16 juillet, l'Archevêque de Québec, à son tour, me (prévenait, qu'à la demande du Recteur de l'Université Laval, et en son propre nom, je serais appelé au mois de septembre suivant à répondre, devant le Conseil de Haute Surveillance de l'Université, des accusations portées dans mon « Mémoire sur les difficultés religieuses en

Canada » contre l'enseignement universitaire, et spécialement contre l'enseignement théologique donné dans son Séminaire» diocésain, et. qu'en conséquence je devais préparer pour cette époque la production de mes preuves et de mes témoins.

Ci-suivent les lettres de l'Archevêque et du Recteur reproduites in extenso.

Lettre de Mgr l'Archevêque de Québec à Mgr Lajîèche, Evêque des Trois- Rivières.

Québec 16 Juillet 1882.

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