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I. Introduction

Parmi les problèmes d’après-guerre, il en est un qui semble présenter un regain d’intérêt, c’est celui qui se rapporte à Y éducation de la jeunesse .

Comment en serait-il autrement ! N’est-il pas clair, à ceux qui voient un peu plus loin que le temps présent, que toutes les mesures qui sont préconisées, tant au point de vue économique que politique, n’auront une action favorable et profonde sur l’avenir des peuples que dans la mesure où les générations qui montent vers la vie sociale auront ou non été préparées à comprendre et surtout à vivre cette vie?

Le mouvement en faveur de la rénovation de l’école en devient actuel, il est à l’ordre du jour; il importe de profiter de ce moment-ci, où les valeurs sont secouées, où les opinions de réaction et de misonéisme sont en baisse, pour tenter un effort sérieux en vue de faire faire un pas important à la solution de ce vaste problème.

Nous ne pouvons envisager ici la question dans toute son ampleur, il y faudrait un volume et les travaux récents de Dewey ,

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Ferrière et d’autres disent fort bien en quoi le régime existant est défectueux et ce qu’il faut y changer (1).

Les réformes à accomplir sont nombreuses; parmi elles, il en est d’essentielles ; mais elles demandent le renversement complet des idées actuelles en matière d’emplacement et de construction des bâtiments scolaires. Il faudrait notamment désaffecter un grand nombre d’écoles existantes pour les reconstruire dans des endroits plus appropriés.

Or, comment espérer que cela soit possible sur une large échelle, alors qu’on ne trouve même pas à satisfaire à un besoin plus immédiat, sinon plus important, à savoir le besoin de logement de milliers de familles?

Tout en maintenant donc que c’est là une condition très importante de succès, nous nous trouvons actuellement devant l’impossible, devant une utopie : nous ne pouvons songer à transporter d’emblée toutes les écoles dans leur cadre naturel, comme ce serait souhaitable.

Et en attendant, devons-nous rester indifférents, devons-nous nous immobiliser, impuissants et inertes? N’y a-t-il rien à faire qui soit réalisable dès aujourd’hui et qui constitue en même temps un acheminement vers les progrès désirés?

A notre avis, cela n’est pas douteux et les

(1) Ferrière : Transformons V Ecole. Voir bibliographie. John Dewey : V École et V Enfant. Voir bibliogr.

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observations que l’un de nous a poursuivies depuis bientôt vingt ans dans des milieux divers (Institut pour anormaux, classes pour enfants arriérés, école pour enfants réguliers) nous permettent d’affirmer que déjà dès maintenant et en dehors des mesures radicales inapplicables en ce moment d’une façon générale, il y a lieu de rendre le séjour obligatoire de l'école plus fructueux à un plus grand nombre d’écoliers. Dans ce but, nous proposons une série de mesures dont l’application systématique donnera des résultats appréciables et préparera l’avènement de l’évolution plus radicale que tous nous souhaitons.

Ces mesures consistent notamment :

1° A soumettre les enfants à un triage préalable basé sur la confrontation des données recueillies par les autorités scolaires et du résultat de l’examen physique et psychique. (Ceci en attendant l’établissement de critères uniformes pour l’estimation du rendement des élèves , des classes et des écoles .)

2° A homogénéiser les groupements existants et à créer dans la suite :

a) Des sections parallèles pour enfants faiblement doués ou arriérés , là où le nombre des écoliers le permet, mais en y groupant des enfants pouvant être soumis au même régime ;

b) Des classes spéciales pour enfants anormaux.

3° A ne pas dépasser les nombres de 30

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pour les classes ordinaires , de 20 pour les classes parallèles et de s’en tenir à 12 pour les classes d'anormaux vrais .

4° A examiner sérieusement et sans parti pris :

a) En quelle langue doit se faire la première éducation scolaire;

b) Si l’enseignement d’une seconde langue doit être imposé à tous les enfants et à partir du même âge (ceci s’applique surtout à la partie bilingue de la Belgique).

5° A modifier le programme de manière à tenir compte de l’évolution des intérêts, du mécanisme de la pensée chez l’enfant, des conditions locales, des capacités de la majorité par l’adoption d'un programme d'idées associées .

6° A modifier lès procédés d’enseignement dès le premier degré (six ans), en y appliquant la méthode des centres d'intérêt .

7° A donner la préférence aux exercices et à la discipline qui favorisent l’individualisation et l’activité personnelle.

Parmi ces transformations, nous envisageons d’abord celle qui vise l 'organisation scolaire générale ( classement des écoliers normaux, arriérés et anormaux); nous nous arrêterons ensuite plus particulièrement à celle du programme et nous toucherons en même temps à quelques points de méthode qui s’y trouvent logiquement rattachés.

Depuis hier, une révolution profonde s’est accomplie, ...

Mais l’école est restée la même, ...

Et c’est la crise.

G. JOURET.

( Humanités primaires.)

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