II. Rendement actuel de renseignement
Actuellement, d’après les évaluations les plus optimistes, 15 % à peine des enfants profitent de V enseignement primaire organisé pour tous et obligatoire jusque quatorze ans, soit pendant presque le sixième d’une vie moyenne. Cela signifie que 15 % à peine bénéficient dans toute la mesure désirable des efforts faits par les éducateurs et des sommes consacrées au fonctionnement de l’enseignement primaire.
Des 85 % restants, une bonne partie non seulement ne tire qu’un avantage restreint du passage à l’école au point de vue acquisitions dites indispensables, mais subit même à certains égards un préjudice plus ou moins considérable représenté par des connaissances incomplètes, mal coordonnées, mal assimilées et surtout par des habitudes de distraction, de désintéressement pour l’activité intellectuelle, de dégoût pour l’étude, souvent de paresse et, ce qui est plus grave encore, d’aversion pour le travail en général, sans compter
vers l’école rénovée
les levains de révolte, de découragement, qui résultent des froissements d’amour-propre, des déceptions, subis au cours de la vie scolaire.
Quant aux enseignements secondaire et supérieur, ils ne donnent pas un bien meilleur rendement (1); seulement, comme ils s’adressent à une minorité, ils ont peut-être moins de répercussion sur l’état mental de la masse, bien qu’on ne puisse nier qu’ils exercent indirectement une influence considérable, par l’action qu’opèrent sur une série de jeunes gens, les mêmes causes que celles signalées pour l’enseignement primaire.
Pour le moment, nous nous en tiendrons cependant à ce dernier seul; c’est lui qui s’adresse à la grande majorité des enfants et c’est lui qui est à la base de tout l’édifice éducatif (2).
Que faire pour améliorer la situation?
Dans la vie d’une nation, toutes les formes d’éducation se tiennent et lient leurs effets.