‹ Vers l'eterniteChapitre 39 sur 41 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Sainte cité, sainte Jérusalem, Sion éternelle, dont l'attente et la bienheureure espérance tiennent tant d'âmes éloignées du péché mortel, et font la secrète émulation des autres, comment parler de vous dans la terre d'exil et chanter vos splendeurs avec une langue de chair?

Un nuage épais pèse sur les secrets de l'autre vie afin de laisser à notre foi plus de mérite, et à notre confiance en Dieu plus de désintéressement et d'abandon(l).

Essayons d'en bégayer un mot, et l'Evangile en main, pénétrons par la pensée dans ces splendeurs des saints où Jésus est entré comme notre

(1) Fides sperandarum subsluntia rerum. (Hebr., xi, 1.) « Nous ne pouvons dignement concevoir la grandeur de cet haultes et divines promesses, si nous les pouvons aucunement concevoir; pour dignement les imaginer, il les faut imaginer inimaginables, indicibles et incompréhensibles, et parfaitement aultres que celles de nostre misérable expérience. »

Montaigne, Essai».

chef, voulant, dit-il, nous préparer une place (4).

C'est là, disent les Ecritures, que sera la pleine lumière pour l'esprit. Là aussi, pour l'âme et pour le corps, le bonheur sans limites.

Un des premiers et des plus vifs besoins que nous ressentions en ce monde, c'est le besoin de lumière intellectuelle et physique. Voir et savoir, double instinct de nature qui nous aiguillonne.

Il n'y a peut-être pas de jouissance plus pure pour un esprit humain que la découverte d'une vérité. Nous l'avons vu, l'impression d'un grand spectacle, le sentiment soudain d'une forte pensée jettent le savant, l'artiste, le cœur délicat dans de véritables transports. Mais l'âme la plus vulgaire et l'esprit le moins cultivé éprouvent aussi, dans une sphère étroite et grossière, ce besoin de connaître et cette satisfaction.

De là ce penchant si violent de la curiosité humaine. De là aussi cette horreur et cette compassion profonde que nous inspire la folie, paralysie de la connaissance et de la raison.

Dans l'ordre physique, si de tous les sens celui de la vue est le plus précieux, c'est parce qu'il participe le plus au privilège de connaître, et

(1) Vado parare vobis locum. (Joan., xiv, 5,)

qu'enfin c'est par iuï, par les yeux, que l'intelligence puise l'occasion d'un grand nombre de ses idées.

Les satisfactions qui nous viennent de ce sens sont au fond les plus aimées et les plus constamment désirées, et comme c'est à la faculté de connaître que sont réservés les sentiments les plus fins et les plus délicats, aussi est-ce au sens de la vue que reviennent les sensations les plus exquises.

On ne goûterait aucune joie si on n'en connaissait l'objet. Mettez un enfant près d'un monceau d'or : que lui importe? Sait-il ce qu'est l'or? Cet ignorant devant une riche bibliothèque, ce jeune homme blasé en présence de la sainte table. Cela ne leur dit rien. Ils ne savent pas ou ils ne savent plus ; la lumière leur manque.

Or, nulle part plus qu'au Ciel, nous ne satisferons, d'une manière merveilleuse et complète, « ce besoin de connaître et ce désir de voir.

À peine la mort, de son doigt glacé, a-t-elle touché le corps, quel'âme subitement dégagée de cette chair où elle était plus ou moins ensevelie, s'élance, sa chaîne brisée, libre enfin et sans poids.

Hors du corps, quelle révélation ! On sort de la nuit noire.

L'âme aperçoit soudain, connaît et comprend avec délices! Voyez-vous, toutes les âmes sont sœurs. C'est la matière, le tempérament et l'abus de la liberté qui faisaient toute la différence ici-bas, et qui en avaient avili un grand nombre, mais quand elles sortent, elles retrouvent leur capacité pour connaître. Alors les yeux des aveugles s'ouvriront (1).

Et si les âmes sont justes, toutes, elles voient (2).

Et cette fois enfin, elles voient sans ombre, sans nuit qui tombe, comme sans éblouissement ; elles comprennent sans obscurité, sans accablement, sans fatigue, et relativement sans limites,

Videbimus : nous verrons.

Il est vrai, il faut que le Tout-Puissant intervienne. Cette âme déjà surnaturalisée au baptême, sanctifiée par la grâce, il consomme sa bonté pour elle en lui donnant comme une nouvelle vue, en élevant jusqu'à la diviniser son intelligence.

Il l'inonde d'un don particulier qu'on appelle la lumière de gloire (3) ; devant cette âme ainsi gratuitement transfigurée, il écarte les voiles et découATe son infinie clarté (4).

(1) Tune aperienlur oculi cœcorum.

(2) Videbimus.

(3) In lumine tuo videbimus... (Ps. XXXV, 10.)

(4) In lumine tuo videbimus lumen. Id.

Un instant, un clin d'œil a suffi (1); et ce Dieu que le chrétien ne connaissait que par ouï-dire, et dont il n'avait entrevu qu'une pâle image, le voilà !

Ils sont face à face (2).

11 le voit, il le comprend, sans plus aucun intermédiaire, sans aucun moyen, mais tel qu'il est en lui-même dans sa nature éternelle.

Nous le verrons ! notre âme, si elle part vierge de péché mortel, ne sera plus ce qu'elle est maintenant. A peine elle pense à Dieu ; elle se pousse pour aimer et croire. Mais alors nous serons transformés ; ce que notre cœur de chair est indocile à apprécier fera dans ce temps-là toutes nos délices.

Et la satisfaction que procure ici-bas le besoin de connaître et de voir, n'est rien auprès du plein bonheur que donne la vue de Dieu qui apparaît.

C'est un rassasiement (3).

Un rassasiement qui ne laisse pas un vide...

« Celui qui boira de l'eau que je lui donnerai, n'aura plus soif, » dit-il (4).

Et qui pourtant, mystère d'amour, laissera

(1) In momento, in tctu oculi. (I Cor., xv, 52.)

(2) Facie ad faciem. (I Cor., xin, 12.)

(8) Saliabor quum apparuerit gtoria tua. (Ps. XVI, t&.) (4) 4oan., iv, 13.

toujours l'âme aussi neuve, aussi ardente, aussi altérée :

« Ceux qui me boivent, dit-il, en paraissant se contredire, auront soif encore (\ ). »

Rien en ce monde ne donne idée d'une telle ivresse.

On dit qu'un jour un homme aveugle depuis quelques armées fut guéri à Lourdes. L'homme était hors de lui. Il s'échappa dans les champs, dans les allées, se rassasiant du spectacle de la nature, si grandiose dans les montagnes. Quels transports étaient les siens en revoyant le jour !

Et si cet homme devint ainsi fou de joie en retrouvant la vue, jugeons du bonheur que dut éprouver l'aveugle-né de l'Evangile. C'était naître à trente ans que d'apercevoir tout à coup ce soleil vivifiant qui répand sur le monde la couleur et la vie ; cette végétation, ces montagnes, ces murs bénis de la ville natale et le visage des hommes. Oui, ce dut être pour lui quelque chose d'inénarrable que de naître ainsi à la lumière et de voir tout à coup le monde et la nature, comme un divin tableau, se dévoiler à son âme. Ah! si l'on devient ivre de joie en ouvrant les yeux au soleil de ce monde, si c'est un bon-

(1) Eccles., xxiv, 29.

n^ur, une plénitude sans pareille que d'apercevoir soudain, au sortir de la nuit affreuse, les richesses de la terre et l'immensité des cieux, quel enthousiasme ne sera pas le nôtre, en découvrant subitement après la mort le soleil de l'Eternité. Oh ! oui, quand nous verrons votre gloire apparaître, mon Dieu, ce sera une volupté, un élan, une satiété sans exemple.

Nos yeux dessillés nageront dans la lumière en face de cette pure et indéfectible beauté. Quelle clarté! quelle douceur! quel ravissant tableau'.

Nous voyons bien ici la vérité de cette seconde promesse de nos saints livres, que le ciel ne sera pas seulement la lumière pour l'esprit, mais encore le bonheur pour toute l'âme, car s'il est vrai que nous verrons Dieu sans nuage, il ne l'est pas moins que nous le posséderons sans réserve.

Sur cette terre, entre connaître un bien et le posséder, il y a une distance bien souvent infranchissable.

Mais là haut, Dieu ne se montrera pas seulement, il se donnera : « Je serai moi-môme, ditil. votre récompense, votre incomparable récompense (1). »

(1) Met'ces tua magna nimis. (Gen., xv, 1 )

Il est évident que nous sommes nés pour le bonheur; tout malaise nous est à charge; nous aspirons après une félicité qui ne nous trompe pas, qui ne nous manque pas, qui no nous lasse pas, et nous gémissons accablés parce que nous ne trouvons rien de tel en ce monde.

Nous ne sommes pas faits pour ce monde, et cette inclination vers une félicité parfaite n'a point son terme ici-bas dans la vallée des larmes. Le Seigneur nous a créés pour lui ; il est notre fin ; en lui seulement notre âme après les agita tions du siècle trouvera ce qu'elle cherchait et vain sur la terre, la cessation de tout mal, et le bonheur sans borne et sans mélange.

Chrétiens, du jour que Dieu nous a touchés et consacrés par la grâce de son baptême et le don de la foi chrétienne, nous n'avons aucun vrai plaisir à espérer en ce monde.

Mais lorsque, voyant Dieu, l'âme le possédera, ce sera fini : voici la paix, le calme, la cessation des inquiétudes et des douleurs. Ce jour-là n'aura plus de nuit ; la mort y perdra son empire ; plus de deuils, plus de tristesses. « Dieu lui-môme, dit l'Ecriture, essuiera les larmes de ses élus. »

« Réunis en Dieu, dans ce Dieu qu'ils voient, comme dans un paradis d'amour, ils sont bien-

heureux, » dit Jésus-Christ (1). Ils seront les enfants d'un Dieu qui se donnera lui-même en récompense, et l'œil n'a point vu, l'oreille n'a pas entendu ce qu'il a préparé pour ceux qui l'aiment.

« Ils seront consolés alors, inondés des douceurs dont Dieu remplit son ciel (2). »

« Vous les ferez boire à longs traits dans le torrent de vos délices (3). »

« Et tout ce quïls a liront de force vive en eux et de capacité pour le bonheur trouvera son élément, sa nourriture, parce qu'en vous est la source même de tout bien et de toute vie... (4), et qu'alors, vous donnant, vous vous donnerez tout entier, contractant avec les âmes sauvées une union éternelle (5). »

Une réflexion sert à éclairer ce point. C'est que Dieu étant le créateur de toutes choses, nos joies mêmes et nos plaisirs du présent sont l'œuvre de ses mains. Lui-même, il a planté notre oreille pour ouïr des sons harmonieux ; proportionné nos yeux afin qu'ils puissent se réjouir de la lumière et de la beauté ; disposé

^1) Absterget Deus omnem lacrymam... (Apoc, vu, 17.)

(2) Inebriabuntur ab ubertale domus tuœl (Ps. XXXV, 9.)

(3) Et torrente voluptatis tux potabis eos I (Pi. XXXV, 9.)

(4) Quoniam apud te est fons vitse. (Ps. XXXV, 10.) <b) Sponsabo te mihi in xternum. (Os., h, 19.)

notre esprit afin qu'il s'élève en parcourant, comme un roi, le domaine de la pensée.

11 a préparé notre cœur pour aimer, et tout l'intime de notre âme, façonné par lui, vibre comme une lyre au seul mot de bonheur.

C'est lui qui a fait le cœur des mères, le cœur des enfants aimants, le cœur des amis, le cœur des époux.

Que ne fera-t-il pas pour ses élus ? N'est-il pas évident qu'il mettra à les rendre heureux sa toute-puissance et son incommensurable bonté ? Ce sera, il est vrai, d'une autre manière, d'une manière spirituelle et suréminente.

Il l'a promis d'ailleurs, et ce qu'il fait pour eux, saint Paul ravi au troisième ciel l'a aperçu un moment. Dieu même épuise la langue hébraïque pour lui faire rendre tout ce qu'elle peut de riches et attrayantes comparaisons.

Terre de bénédictions, jardin de délices, collines, vallées éternelles où coule un fleuve de vie, où tout sourit, où tout renaît sans cesse, où tout chante, où les élus forment des chœurs joyeux (i), où tous retrempés dans la vie tressaillent de joio... (2) où se déroulent les pro-

(t) Laetabitur virgo in ckoro, juvmes et sene$ simul. (Jer., (ïj Exultabitis lartitia inenarrabilx et glorificaia. (I. Petr., i, 8.)

cessions célestes dans l'allégresse et dans la paix, à travers ces sites éternels que l'œil humain n'a point vus (1), où les vierges vêtues de blanc, enfants de Jésus et de Marie, suivent l'Agneau partout où il va. — Où la nature, de nouveaux cieux, une nouvelle terre, un monde qui met ses habits de fête, sourit aux enfants du Seigneur et chante la paix et l'ivresse des élus (2). Oui, même ce mot d'ivresse (3), qui veut dire péché grave sur la terre de misères, l'Ecriture l'emploie figurativement. C'est un banquet que la vie éternelle, un festin. « Là, dit Jésus, je boirai avec vous du fruit de la vigne. »

Le corps même des élus, relevé de la poussière, retrouvera sa jeunesse et ses forces, les rides disparaîtront avec les peines ; il rayonnera d'un doux éclat comme celui de Jésus ressuscité (4). Il aura, comme lui, une agilité merveilleuse pour se

(1) In laetitia egrediemini et inpace deducemini.

(2) Montes et colles canlabunt coramvobis. (Is., iv, 12.)

(3) « Là-haut une vive splendeur naît de la joie, comme chex nous le rire. »

Dante, le Paradis, chant IX.

(4) « S'il faut un corps à notre âme qui est née pour lui être unie, la loi de la Providence veut que le plus digne l'emporte; et Dieu rendra à l'âme son corps immortel, plutôt que de laisser l'âme, faute de corps, dans un état imparfait... Si l'âme a besoin d'un corps pour vivre dans sa naturelle perfection. Dieu lui rendra plutôt le sien que de laisser défaillir son intelligence par ce manquement. »

liusbUii, Connais aance de Dieu,

transporter subitement en tous lieux. Vif, subtil, il sera désormais absolument inaccessible à la douleur.

11 sera enfin dans la patrie, dans la patrie où se retrouvent toutes les belles âmes. Là est la douce et très sainte Vierge Marie, là nos saints amis et patrons, là les saints martyrs, les apôtres, là une mère, un frère, une sœur, un ami parti avant nous.

Leur gloire n'est pas égale, leur clarté n'est pas la même, car il y a bien des demeures et des degrés différents dans cette maison du Père des cieux. Plusieurs y ont une gloire particulière que nos théologiens appellent une auréole. Ce sont les martyrs qui ont immolé leurs corps, les vierges qui ont porté le lis symbolique et les docteurs qui ont terrassé les mensonges.

Mais cependant, pour tous c'est également la patrie, une ville sans défense et sans gardes, une bienheureuse demeure, la vision de paix révélée à saint Jean : J'ai vu, dit-il, la sainte cité Jérusalem, ornée par Dieu comme une fiancée au jour des épousailles ; je l'ai vue avec ses belles murailles de sîristal et ses douze portes de pierres fines, son sol fait d'un or fin et pur. Elle est fondée sur le saphyr, le topaze, l'hyacinthe et l'améthyste.

Point de temple, Dieu y est partout; c'est T Agneau qui porte la lumière.

L'Agneau mystique, nous le verrons enfin, ce divin Maître que nous aimons tous ; nous le verrons non plus seulement avec cette riante majesté, ce calme, cette beauté mâle et douce, ce regard si bon, cette voix, cette éloquence contenue, émue, irrésistible de l'Evangile ; mais tout cela transfiguré et glorifié dans la lumière du ciel; peut-être comme nous le montre l'Apocalypse, vêtu d'une longue tunique blancbe avec une ceinture d'or sur la poitrine, des cheveux et un front qui ont l'éblouissant éclat de la neige, des yeux pleins de flammes !

Ah! que le voile se déchire, et que nous puissions contempler un instant de nos yeux de chair ce magique tableau du concile des saints; comme dans l'ouragan, le ciel, tout gros do nuages, s'entr'ouvrant tout à coup, l'œil ébloui plonge un instant clans l'immensité des cieux, et c'est à peine s'il en peut supporter la splendeur.

La voyez-vous cette grande assemblée du Christ, cette foule immense que personne ne peut compter, de toute nation, de toute tribu, de toute langue, qui, debout devant le trône et devant le divin Agneau, revêtus de robes blanches, avec des palmes en leurs mains, chantent

l'hvmne éternelle avec des accents harmonieux. « Ils jettent, dit saint Jean, un grand cri : Gloire, pour nous avoir sauvés, soit rendue à notre Dieu, qui est assis sur le trône, et à l'Agneau ! et l'armée des saints anges, toute étincelante de lumière, baisent la terre devant le trône, adorent Dieu et reprennent en chœur : Bénédiction, gloire, sagesse, honneur, puissance et force à notre Dieu dans les siècles des siècles ! (1) » Il est vrai, ce ne sont là que des comparaisons, que des figures, car les mots de la terre ne savent pas exprimer les choses de l'autre vie; mais pourtant, ces images, Jésus les a choisies comme les plus propres à consoler nos cœurs; les prophètes n'ont pas hésité à s'en servir. Saint Jean et saint Paul, qui ont entrevu les beautés du ciel, nous les peignent sous ces traits sensibles. Nous ne voulons point ici d'autres guides que les auteurs mômes de notre foi, et confiant dans votre parole, ô mon Dieu, nous nourrissons

(1) « Gomme un luth et une harpe de leurs cordes nombreuses forment un doux accord pour celui-là même qui ne distingue pas chaque note, — ainsi des lumières qui là m'apparurent se forma sur la croix une mélodie dont j'étais ravi, sans même comprendre leur hymne. Je sentis bien qu'elles renfermaient de hautes louanges, car ceci m'arrivait : « Ressuscite et sois « vainqueur! » Mais c'était comme à quelqu'un qui ne comprend pas et qui entend. — J'étais tellement énamouré, que jusquelà chose ne fut qui m'eût attaché avec de si doux liens. »

D aktb, le Paradia% chant XV.

notre esprit, notre imagination et notre cœur du divin aliment que vous lui avez présenté vousmême.

Et si enfin, malgré toutes ses promesses, nous ne comprenons pas le ciel; si ces images ne nous disent rien; si cet avenir tel que nos saints livres nous l'esquissent ne nous sourit pas, ali! n'importe ! il nous suffit de savoir que c'est vous, mon Dieu, qui avez promis de nous récompenser. Incapables de deviner quelle est cette récompense, pourtant Seigneur, nous avons une aveugle confiance dans celui qui la donne (1). Je sais qu'il veut me rendre heureux, et j'attends fermement et paisiblement l'effet de sa promesse et les biens qu'il me réserve.

Oui, Seigneur, nous espérons en vous ; nos yeux sont avidement fixés sur vos mains ; nous soupirons ardemment .ers ces bien-aimées demeures où l'on vous aime. Puissions-nous toujours guider notre vie sur cette espérance et nous endormir un jour en paix dans votre sein pour nous éveiller aussitôt à la vraie vie, dans la terre des vivants!

(1) Scio enim ad credidi. (II Tim., I, 12.)

Page 1