‹ Vers l'eterniteChapitre 7 sur 41 · SURSUM CORDA · texte numérisé non relu

SURSUM CORDA

cité : tout proclame une autre existence, un au-delà, une vie d'outre-tombe.

La raison et la philosophie s'appliquant à la pensée humaine, en étudient le rouage et le merveilleux mécanisme. Mais quoi ? C'est pour conclure à l'existence d'un principe pensant, immatériel, porté à abstraire et à généraliser, simple par nature, bien que complexe dans ses effets : et voilà encore l'âme.

Nous avons une âme.

De cette vérité primordiale découle l'histoire de toutes les religions, tentatives faites pour expliquer les voies de ces âmes.

Nous avons une âme.

C'est la parole de Dieu même, c'est l'immortel enseignement de Celui qui est venu du ciel sur la terre, maître de toutes doctrines, docteur de toutes sciences : « Que sert à l'homme de gagner l'univers, s'il vient à perdre son âme (1) ? »

Mais la condition p. ^sente de cette âme est douloureuse.

0 mon Dieu ! que le terr> ^s présent est lourd ! que la vie a de charges! Nous nous traînons misérablement dans ses ornières, découragés, |jans élan, sans effort. Notre corps, d'un poids de

(1) Marc, vin, S6

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plomb, nous rabat vers la terre. Oh! cette fange aimée! Oh! ces enivrements du péché! Oh! cette fatigue du bien, cette lassitude de l'honnête! Que le devoir est difficile ! Que la vertu parfois est amère et monotone !

L'Idéal nous apparaît par instant, dans des éclaircies du Ciel, radieux, éblouissant, certain. Dans ces courts moments nous voyons Dieu, nous touchons du doigt l'autre vie; la vertu, blanche vision, se dévoile, nous fascine, nous enthousiaste, nous entraîne... et puis, tout d'un coup plus rien ; un épais nuage a passé, la nuit s'est faite sur l'âme. Une humidité profonde nous pénètre et nous glace. Le doute, l'amertume nous envahissent. Tout chancelle ; le sol se dérobe sous nos pieds ; il semble que notre conscience, désemparée, va sombrer dans la tourmente. Seigneur, envoyez votre lumière ! faites glisser sur nos fronts un rayon d'en hautl ne nous abandonnez pas ! nous périssons...

Les temps sont mauvais, l'air est chargé de scepticisme, de négation, saturé d'indépendance folle et de sensualisme éhonté. Peu à peu les meilleurs se sentent gagnés par les influences de ce milieu délétère. Comment réagir? Où retrouver l'air pur, la force, la vie ? Comment priser l'étau de fer qui va se resserrant et oppri

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