M. DURAND
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Si vous continuez, vous le serez peut-être.
Votre vanité peut jouer un mauvais tour
! A votre sens 110 1}. Renonçant à l’amour.
Au bonheur, à la gloire, à tout ce qu’à votre âge Chacun croit entrevoir dans un lointain mirage, Vous vois expatriez sans !:a moindre raison.
JULES
2 tr in
Le reproche est amer: 1l est hors de saison.
Je vais devenir fou, puisque j’ai la manie De rechercher du Vr:i la sublîme harmonie.
L'INTRA NSIGEANT,
Je ne suis qu'un poseur, ct c'est par vanité Que j'arrache son masque À la duplicité,
Quant à mon sens moral, il est nul à vrai dire, [ a toujours suffi, pourtant Les pactes ténébreux, louch
Servant à corriger les av
, à m'interdire es et clandestins
eugles destins.
Vous parlez de l’amour. Or, voici ma réponse :
Je n’y renonce pas. C'est l'amour qui renonce
À moi, Puisque mon cœur n ‘est pas resté fermé Et qu'on voudrait me rendre indigne d'être aimé, A mes yeux Comme aux yeux de l'ol
Je renonce au bonheur, dites-vous : C'est dans l’ân
Que le bonheur réside : il n’est Pas en dehors
jet de ma flamm
Et ne se conçoit pas d’- {U'on à des remords.
Je n'ai pas renoncé d ntage à ja gloire :
C’eut été ridicule et très peu méritoire.
ML. Duraxp.
De nombreux écrivains, qui n'ont pas vos talents
Occupent aujourd'hui des postes excellents.
e! ILES,
Ils avaient le talent: d'écrire des sornettes :
Ils ont reçu le prix de leurs plates courbettes.
Je dis la vérité comme je la conçois.
C'est assez naturel. Pourtant, je m ’aperçois
Qu'il me faudrait avoir beaucoup plus de souplesse ; Car, plus un écrivain fait preuve de faiblesse Envers les exploiteurs, plus il passe pour fort.
En effet, il lui faut faire un plus grand effort
Pour convaincre, s’il n’est Pas convaincu lui-même. À ce travail ingrat, l’on voit des forts en thème Prosituer leur verve et perdre leur latin,
Tandis que l’homme droit passe pour un mutin, . Pour un perturbateur. pour un être impossible. | On l’accuse d ’orgueil ; il sert bientôt de cible Aux traits envenimés de scribes corrompus Qui vivent aux crochets des courtisans repus, Originalité, franchise, grandeur d'âme, Voilà de l'écrivain ce que chacun réclame.
Et, si ces dons du cœur percent dans ses écrits. Vous pouvez le Compter au nombre des proscrits. Tel est, en résumé, le sort du journaliste, Et je veux que man nom soit rayé de la liste,
L'INTRANSIGEANT
M. Duran.
À la condition de Savoir en sortir, 48 Presse mène à tout.
JULES
oir atteint ce degré int aux piliers de 110
‘est vrai, je dois partir de cynisme tre journalisme,
M. Duran.
Mais pourquoi quittez-vous
Avant d’av Qui conv
votre pays natal ?
JULES,
Pour ne pas voir de près l’é
D'une race qui 1e
Compliqué d’u |
crasement fatal urt d’un accès de gâtisme excès de faux Patriotisme.
M. Duran.
Les hommes sont partout de
préjugés imbus.
Vous trouverez ailleurs d’
aussi eriants abus.
nl és nas
JULES
Mens
ds Gé ds
Mes frères par le ang n'en Seront pas victimes. Ici, ce sont Les nens, héritiers légitimes
u s0l qu'ont dé,riché nos Vénérés aïeux, Que l’on traite en vaincus ,en Parias; ce sont eux Qu'on met en interdit, qu’on méprise et qu’on leurre, J'aime mieux être loin: ce Spectacle m'écœure.
M. Duranp.
Done, vous renoncez au combat,
Ma foi, je vous croyais plus brave :
Vous n'êtes pas un bon soldat ;
Vous fuyez comme un vil esclave.
Si votre zèle est écœuré
De la couardise des vôtres,
Montrez-vous donc plus rassu:
Et plus vaillant que tous les aitres, Tambours, battez, sonnez clairons.
Ran, flan, taratata.
Serrez les rangs, chargez à ford.
Ran, flan, tara tata.
Qui m'aime me suive
En avant!
Et vive
Le vrai héros qui meurt en combattant !
JULES
Je suis un homme dégoûté
Mais je n'ai jamais été lâche,
Car pour la sainte vérité,
J'ai toujours Jutté sans relâche.
Allons, puisque vous y tenez,
Je retourne chez votre gendre.
Si jamais vous m'abandonnez,
Seul, je saurai bien me défendre.
(Ensemble.)
Tambours baitez, ete.
(Le rideau tombe.)
L'INTRANSIGEANT