SCENE I
ALICE, HENRIETTE, Mu DURAND.
ALICE
Pourquoi m'a-t-il abandonnée Quand des cloches de l'hyménée Le son mélodieux et clair Devait bientôt vibrer dans l’air Et proclamer notre tendresse ?
Entre nous, à ses yeux se dresse Un fantôme habité de noir:
C’est le spectre de son devoir Qui le fascine et qui l’entraîne, Lui fait rompre la douce chaîne.
La chaîne d'or de nos amours ; Maïs moi, je l'aimerai toujours.
Malgré tout, j’admire de Jules Les trop inflexibles scrupules ; Et je veux conserver l'espoir Qu'il peut encor m'épouser sans déchoir.
I est dans un affreux dilemne Entre l'amour cet le devoir, Il en sortira, car il m'aime.
106 VERS L'IDÉAI.
L'amour dissipera le grand fantôme noir Et me rendra mon bien suprême,
HENRIETTE
Triste lyre Qui soupire Des accords inopportuns, Doux murmure, Ta voix pure Chante des amours défunts.
Ton tableau lamentable et triste
Nous montre, tout de noir vêtu,
Le spectre de ton journaliste
Qui chante: Alice où donc est-tu ?
Triste lyre, ete.
Moi, je l'apercois qui conspire Pour rentrer chez nous en vainqueur.
Et l’on m'assure qu'il aspire À ta dot plutôt qu’à ton cœur.
Triste lyre, etc.
ME Duran.
Depuis longtem De l'agrément qu'on a d’être Il veut ton or.
Tou bien-aimé r
De ton amour habilement décu.
À ta caisse Sa tndresse Fera de fréquents emprunts, Quel supplice!
Pauvre Alice Pleure tes amours défunts.
ALICE
Mon cœur est à lui sans réserve, Et ma dot, il l’aura demair, S'il la veut; je la lui conserve Même s'il refuse ma main.
Mais c’est à mon cœur qu'il aspire.
C’est pour lui seul que je soupire, Que m'importe Si l'on conspire Contre son bonheur et le mien?
Je l’aime toujours et quand même, Je sens qu’il m'aime Pour moi-même
Et son amour est mon souverain bien.
L'INTRANSIGEANT
ps Jules s'est aperçu cossu, Dès qu'il l'aura reçu, ira comme un bussu