‹ Vers l'idéal [microforme]Chapitre 5 sur 87 · LA ER · texte numérisé non relu

LA ER

Sur l’aréneux croissant d’une plage bénie, Humble épave dy sort, je viens me reposer.

J'aime de l’océan la plaintive harmonie ;

J'aime le flot qui meurt en un bruit de baiser. J'aime aussi la clameur de la vague bruyante, La rauque voix qui gronde au sommet des récifs, Le liquide volcan à la crète fuyante, Tressautant, secoué de spasmes convulsifs.

Mer, sublime atelier, laboratoire immense, Des transformations tu sonnes le rappel.

De futurs continents tu portes la semence :

Le polypier, l’atoll, l’ilot et l’archipel.

Ton flot ronge le fiord, submerge la lagune, Entame le silex, effrite le granit.

Il démolit le roc et, construisant la dune, Marque le nouveau terme où ton règne finit.

J'aime ta voix sonore et j’aime ton silence»,

Tes accès de fureur ct ta sérénité.

J’aime à monter l’esquif qui sur toi se balance Quand ton calme sourit à ta propre beauté.

Lorsque, comme un miroir, ta surface est unie J'aime à voir rougeoyer ton horizon vermeil

‘ Dans un rayonnement de splendeur infinie, Reflet d’aube on déclin flamboyant du soleil.

| J'aime à voir, quand la lune éclaire lu nui: sorubre,

Le navire qui trace un sillage argenté:

j Je plonge mon regard dans la glauque pénombre De ta phosphorescente et mobile clarté.

Ton clapotis léger, me bercant de doux rêves, Murmure à mon esprit d’harmonieux propos, Quand je viens comparer, sur tes inertes grèves, L'éterne]l monvement à l'éternel repos.

Eng

COELI ENARRANT. 33

À contempler le Cie] quand j'ai lassé ma vue.

Mes yeux, ivres d’azur mais non rassasiés,

Aiment à promener sur ta vaste “tendue

De longs regards extasiés,

A l’horizon, borne irréelle de deux mondes, S'embrassent deux immensités :

L'immensité d'azur que reflètent les ondes

Et celle des flots indomptés,

dre, Celle de l'océan, immensité tangible, Déferle autour de moi, e Moi.

l’humaine fourmi dont l’âme indestructible Eprouve un doux émoi.

J'admire l'élément qui se gonfle, s'écrase,

S’écroûle en mourant à mes pieds.

Je

voudrais emprunter, pour clamer mon extase, La voix des flots tuméfiés.

De nos caducités l’impiacable détresse

Ressort impitoyablement Devant cet Infini d’éternelle jeunesse

Et d’inlassable mouvement.

Aspects Variés de l'Océan.

COELI ENARRANT

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