DEV ANT L'IMMENSITÉ
Eclairé par les feux du dôme constellé,
Lorsque, seul devant Dieu, l’homme inspiré s’attarde À contempler au Ciel quelque point isolé,
Astre d’or ou faisceau de iumière blafarde,
Son regard de voyant y rencontre bientôt
Mille regards chargés d'angoisse, d "espérance
Ou d’aspirations, car chacun veut, là-haut,
Dans un rayon d'espoir apaiser sa souffrance.
Devant l'infinité des orbes infinis,
L'orgueil humain perd sa superbe audace :
De l'inégalité les rangs mal définis
Disparaissent, mêlés dans la commun: classe.
Pour tous, pâtre ou rêveur, savant qui se morfond À scruter du Ciel bleu l’immensité profonde, L’abîme universel reste un gouffre sans fond
Où la science en vain a promené sa sonde.
DEVANT L'IMMENESITÉ.
Inépuisable objet de méditation
Qui nous entraîne en des rêves sublimes
Où peut errer sans fin l'imagination,
Le Ciel reste toujours l’abime des abîmes :
Abîme où se repait la contemplation,
Abîme de grandeur et de profonds mystères, Abîme où l’on pressent l’agglomération
De mondes inconnus et d’invisibles sphères.
Le Ciel est l’image sensible
De tout l’Inconnu susceptible
D'être par nous imaginé, C’est l'éternel témoin de l’humaine impuissance, La Sphinge qui, malgré l'effort de la Science, Garde encor maint secret que nul n’a deviné.
Les ellipses qu'au Ciel décrivent les comètes, A travers un fouillis d'étoiles, de planètes, D'astres étincelants, Encerclent, au-delà des lointaines pléiades, D .mmenses horizons ornés de myriades De soleils rutilants.
COELI ENARRANT. 27
La lactescente voie où tremblotent, frileuses,
Les discrètes lueurs des blanches nébuleuses,
Neige ayant pour cristaux des gerbes de soleils,
Retombe en purs flocons sur les cîmes astrales
Dont les névés sont pleins de lumières spectrales Qui dorent les couchants vermeils.
Quand s'offrent À nos yeux les confins de l’espace,
Lorsque, dans le lointain, la lumière s’efface Devant les meilleurs instruments,
Nous restons interdits, au seuil des grands mystères,
Cherchant à deviner les innombrables sphères D'inénarrables firmaments.
Quand l’homme, Poursuivant ses études stellaires Dans l’enchevêtrement des systêmes solaires.
A cru faire un grand pas, Perdu dans l’Infini qui se conçoit à peine, Il rencontre, au-delà de la borne lointaine, Le néant... qui n'existe pas.
DEVANT L 1MwaNerTÉ.
————— en mens
La science, devant ces colonnes d’Hercule À beau de l'horizon, qui sans cesse recule, Scruter chaque recoin ; L'orgueil humain appelle en vain la fantaisie À son aide, Dieu dit, même à la poésie :
Tu n'iras pas plus loin.
Nous gravitons, suivant l'orbite limitée
De nos conceptions; mais notre âme exaltée Par nos vœux infinis,
Voit au Ciel ] ‘Ultima Thule’’ de l'espérance,
L’esile du bonheur, l’éternelle Jouvence
Des mondes rajeunis,
frs
CCËLI EN ARUANT.