LE TRAVAIL DE LA MER
Même en son calme plat, toujours elle remue
Et nous sommes conquis par sa mobilité.
L'homme dort, l'oiseau dort sur la branche feuillue : Tout dort, hormis la mer, que nul n’a jamais vue
Immobile en son lit Puissamment cahoté.
Sa respiration, qu'accusent les marées, Gonfle ses pectoraux d’un souffle intermittent :
D'abord, brusque ressauts, vagues démesurées,
Ensevelissement des grèves triturées,
Puis, des flots crépelés faible clapotement.
Féline, elle s’apaise et devient caressante :
Elle lèche les bords Par elle dévastés,
Puis resserre bientôt son étreinte puissante,
Broie, écrase, lacère, et sa voix menaçante
Clame de son courroux les accès redoutés.
Voix de l'Océan.