A M. LOUIS FRÉCHETTE
Avant que votre Muse eut franchi l'Atlantique Et porté votre nom au Parnasse français. Vos strophes, respirant l'ardeur patriotique, Avaient déjà flétri maint coupables excès.
Avant qu 'eut retenti la note sympathique Qui du docte Institut vous ménagea l 'accès, Vous aviez tonné ferme, et la louche critique N'a pu vous pardonner votre éclatant succès.
Inapte à vous broyer sous le poids du silence, L 'Envie a contre vous armé la Violence ; Mais, couvrant les clameurs des conspirations,
Votre lyre, vibrante, énergique ou plaintive, Harmonieux écho d'une âme sensitive, Claironne lé rappel des nobles passions.
A Mme WILLIAM FLETCHER
La montagne aux flancs escarpés De vives couleurs se festonne ; Les feuillages en sont jaspés, L 'air est plus frais : voici l 'automne.
Echo des soupirs échappés Au malheureux, la brise entonne Des refrains stéréotypés Sur un air vieillot, monotone.
Et nous perdons notre latin A chercher pourquoi le destin Veut que notre état se transforme.
Tout vieillit, tout change, et c'est mieux Rien ne serait plus ennuyeux Qu'un sort à jamais uniforme.
Hull, 29 septembre 1897.
Au Pape-Poète.
Double sonnet écrit à l'occasion du Jubilé de Léon XIII.