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LA GUIGNOLÉE

Si d'enroués perturbateurs, Troublant vos songes "en chanteurs", Vous font l'effet de visiteurs

Un peu nocturnes, A ces aimables compagnons Ne jetez pas de vieux trognons ; Ne prenez pas des airs grognons

Et taciturnes.

Songez que c'est le Jour de l'An:

Ouvrez à ce choeur ambulant Qui vocalise en grelottant

Sous la gelée; Généreux autant qu'indulgents, Donnez : ce sont de braves gens Qui courent, pour les indigents,

La guignolée.

Polichinelle de renom , Guignol n'a pas donné son nom A cette affaire- là comme on

A pu le croire.

La guignolée avec succès,

A porté, sur le sol français, Un nom bien différent. J'en sais Toute l'histoire.

A gui l'an neuf! criaient jadis De gais lurons, bien dégourdis, Frère des nautomiiers hardis

De l'Armorique.

Confondant la cause et l'effet, Nos Celtes canadiens ont fait Un ' ' dernier cri ' ' bien plus parfait,

Pour l 'Amérique.

Et depuis, chaque Jour de l'An, Nos guignoleurs vont nuitamment, Chanter et mendier gaiment

Pour l'indigence.

Chacun donne sans lésiner, Sans se plaindre et sans bougonner :

Cette manière de donner

Nous vient de France.

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