‹ Vers l'idéalChapitre 5 sur 76 · LE TRAVAIL DE LA MER · texte numérisé non relu

LE TRAVAIL DE LA MER

L'irrésistible élan des vagues substitue Aux rivages anciens des rivages nouveaux. L'océan indivis retranche ou diminue De ses possessions la mobile étendue Et façonne à son gré repères et niveaux.

Son sein mouvant n'admet ni sillon de charrue, Ni bornes, ni confins, ni murs, ni fondements: La houle, avec fureur, sur l'obstacle se rue, Oblitère la trace un instant apparue Et pousse les débris vers les maëlstroms géants.

La mer, dont les vapeurs alimentent la nue, Aplanit les sommets, désagrège les monts, Prélève sur le sol, qui sans cesse évolue Vers elle, son tribut de rocaille moulue, De glace, de gravier, de sable, de limons.

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