LES CANADIENS T>ES VIEUX PA YS
(A M. l'abbé Lebel.)
Loin de notre rive fleurie Qu'un sang généreux féconda, Quand vous re\ errez la patrie Chère aux Français du Canada, Vous direz à Jacques Bonhomme, Au nez des badauds ébahis, Que Jean-Baptiste le surnomme "Le Canadien des Vieux pays."
L'idée a bien cinq ou six lustres.
Elle eut pour père un député.
Nous en avons, des plus illustres, Dont chaque mot est répété.
Je n'invente rien; mais j'admire Ces cinq mots qui, du cœur jaillis Feront rêver, s'ils font sourire Les Canadiens des Vieux Pays.
A vos frères, qui sont les nôtres, Dites que, loin de pactiser Avec le clan des faux apôtres Qui voudraient nous défranciser, Nous résistons comme un seul homme, Peuple cédé, mais non conquis, Parlant encor le français comme Les Canadiens des Vieux Pays.
Dites-leur que l'âme française Survit près du fleuve géant; Qu'elle s'évanouit à l'aise Dans le bassin du Saint-Laurent; Que nous avons, honneur insigne.
Cent fois par le Destin trahis, Fait preuve d'un courage digne Des Canadiens des Vieux Pays.
Nous regretterons votre absence.
Nous voudrions suivre vos pas, Revoir le beau pays de France Dont le souvenir ne meurt pas. A nos séances fraternelles Vous reviendrez, comme jadis, Et nous donnerez des nouvelles Des Canadiens des Vieux Pavs.