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toutes les provinces devenait le moyen de o cation indispensable pour la prédication et la diffusion rapide d'une doctrine. Cette langue universdU était donc comme 1« véhicule providentiel de la rtiigion aniverselie.
Mais il ne faut pas oublier que l'Empire romain était à peu près tout l'univers dans la géographie de cette époque. L'universalisme de la politique, de la langue et de la religion n'avait par suite qu'une valeur relative. L'objection reste donc avec toute sa force contre la forme romaine du Catholicisme comme forme exclusive de la religion universelle.
Car si Dieu avait voulu imposer à tous les hommes cette forme religieuse il aurait, ce semble, achevé, sans qu'il lui en coûtftt davantage, la réunion, non du monde méditerranéen, mais du monde entier sous la domination de Rome.
— L'histoire de l'Eglise nous rapporte cependant que la prédication de l'Evangile dépassa les limites du monde romain, dés les temps apostoliques. Thomas, par exemple, prêcha jusqu'aux Indes où le suivit Barthélémy. C'est ainsi, dit Léon Dulien, que Jésus rencontra Boudha.
— La rencontre des deux plue pures lumières que Dieu ait données aux hommes pour les guider I ajouta Joseph Renold.
— Si la fusion de ces deux lumières ne put s'opérer. „
— 11 n'y eut pas fusion, Monsieur Dulien, parce
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a'y eut pas rencontre, soub l'ère apostolique ux grandes religions de l'Orient et de l'Occident, ue les Romains parlaient des Indes, ils parprobablement de l'Arabie méridionale, ils ne dent pas le nom d'Indes au pays que nous appeujourd'hui l'Hindoustan.
s la question qui nous occupe échappe à ces igences. Si la religion catholique c'est-à-dire rselle n'était, comme beaucoup le croient en- ]u'un système de théologie et de politique; si, justifier son nom, elle devait se faire accepter e le culte unique de l'humanité ; si elle ne représentait enfin que l'œuvre du passé, on aurait sans doute quelques raisons de parler de la faillite du catholicisme, et les âmes vraiment religieuses n'auraient qu'à suspendre leurs regrets « aux images trompeuses d'un âge d'or qui ne fut jamais. »
Le Catholicisme n'a jamais fait l'unité religieuse, et DOS prévisions humaines n'augurent pas un sort meilleur pour l'avenir.
Mais le catholicisme évangélique est avant tout un Esprit, l'Esprit vivant de Dieu soufflant sur le monde et réunissant les hommes, malgré toutes les barrières confessionnelles, dans un fraternel amour et dans la pratique généreuse du devoir. Avoir l'esprit cathohque, c'est avoir l'esprit universel, cet sprit du Maître disant à ses disciples : Allez et enseinez toutes les nations. Et ceux-là sont de vrais atfaoliques qui travaillent, comme dit notre ami
IW OMBRE ]
Lofitmol, non paa à im^ même forme religieuse, i hommes l'assemblée des préparent peut-être le ca je veux dire : la commu bonne volonté.
— Ma joie est ^aodt trouver sur les lèvres d'u l'appel prophétique à la gis, élargis ta tente, agran ne retiens pas, allonge tei ton libérateur est le dieu mule du catholicisme de fait que résumer la pure
J'ose pouitant vous le Cette belle doctrine qui séparation entre les cro sions, cette large doctrim non seulement le passé di formule théologique : « salut I), oui, mon ami, i lisme chrétien traduit-ell de l'abbé Labruyère ?
— Ces deux fois n'en f mol. Vous ne voudriez pi contraire.
Ma théorie de l'univei croyez-le bien, un expédient de polémique, une inter-
prétatioa individueUe et arbitraire. Elle i sur la célèbre et très ancienne distinctioa c de Vâme de l'Eglise. Le corps c'est l'Egliae réunion des personnes qui font profession de la foi catholique, bien que souvent elles tent par leur conduite. L'âme, c'est l'Eglisi la réunion des hommes de bonne volonté, cœur et de conscience. C'est l'Eglise où p mêler en une seule ftme.sans distinction d nion, les âmes de tous ceux qui prient sur 1 tous ceux qui, par des regrets ou par les I d'une pensée inquiète, ou par les appels de france cherchent Dieu dans l'amour des h la pratique du devoir.
Est sauvé quiconque appartient à cet illimitée d'âmes religieuses. Telle est la bi doctrine qui doit servir à l'interprétation d me fameuse: « Hors de l'Eglise point de sal peut corriger toutes nos théories moyenâ] l'intolérance en matière de religion. No!
catholiques sont, après tout, bons princes, tent la bonne foi à toute conscience sii religieuse comme l'excuse légitime de son c'est justice, comme disent Afessieurs de li Si la foi, en effet, est le plus grand don d bonne foi est le plus grand mérite de l'hoi
— On peut donc conclure, ajouta M. Léi que l'homme est sauvé par sa bonne foi e que par sa foi.
BOLB l'Étoile bleue
, nous avons, continua M. LoCtniD], la théorie. ise universelle.
B théorie de nos plus anciens docteurs, celle Lin, des Clément d'Alexandrie, et des Augusao8 modernes théologiens enseignent, à leur îuta l'abbé Labruyère, que ceux qui ont véca rivent encore d'une vie toute de raison sont ous la bienfaisante influence de l'esprit
'est trop de bonheur en un jour, puisque 1 sans dogmes ou paien sans dieui, je me re enfin citoyen de l'invisible et universelle Car, je suis de ceux qui ont franchi les murs jite enceinte confessionnelle pour vivre dans uvert en pleine lumière, regardant au loin et tour de moi, voyant avec mes propres yeux, it avec mes propres oreilles et suivant la lumblement mais résolument, quoique ardue aire que soit la voie où elle conduit. Je suis de l'invisible et universelle Eglise... répéta !ph Renold.
ii, mon ami, observa l'abbé Labruyère, vous me Eglise assez grande pour s'ouvrir indis- ,ent à tous ceux qui cherchant Dieu et son ie rencontrent dans une communauté supéi'aspirations et de prières.
— Qu'est-ce que Dieu, murmura tristement notre lilosophe, et comment obtenir droit de cité dans )tre Eglise universelle si l'on ne croit point en Dieu
en Jésus-Christ son premier né ?
— Ne faisons pas à Dieu, mon cher ami, l'injure i le définir. Qui donc a dit que chaque fois que Dieu t défini, il est fini. Les secrets de l'essence divine int insondables. L'homme a malheureusement labitude d'envisager tout ce qui est en dehors de i par rapport à lui-même. Il a donné à Dieu une lagination semblable à la sienne, une providence léquate à ses désirs, une justice et une bonté qui ront dire encore bien longtemps que si Dieu a créé [lomme à son image, l'homme aussi à créé Dieu à i taille.
Qu'est-ce que Dieu ? Les uns le cherchent dans elui qui fait lever son soleil sur les bons et même ir les méchants ; les autres, croyant au contraire a'il ne s'occupe que des dévots qui le servent, l'assoent à toutes leura ambitions pieuses. A lui la guéson des maladies, à lui le soin d'assurer la victoire 98 candidats de l'Union libérale et des candidats au accalauréat. II règle tout, il décide de tout.
Qu'est-ce que Dieu ? Monsieur Renold, c'est en
aimant tout ce qui est vrai, bon et beau que vous découvrirez l'autel du Dieu inconnu, c'est en croyant à la conscience que vous aurez foi en l'existence de la réalité invisible que cette conscience pressent comme l'éternelle justice et qu'elle révèle comme l'éternelle vie.
La prière humble du publicain, le geste pieux des liturgies saintes préparent l'acte de foi, un jour vient où le cœur ne dément plus les paroles que murmurent les lèvres. Et déjà, l'on est chrétien. Monsieur Renold, on est membre de cette Eglise universelle, quand sans croire encore au Père on se conduit, ainsi que vous le faites, comme si l'on y croyait.
— Beaucoup, Monsieur l'abbé, croient encore au Père, dit M. Loëtmol, qui ont perdu la foi en la divinité de son Fils Jésus. Le croyant qui, arrivé au doute et conduit par le doute aux études critiques, voudra raffermir sa foi en vérifiant ses titres ne fera jamais que s'agiter et peiner dans le même cercle vicieux. Trop de faits acquis à l'histoire arrêteront, aux premiers pas, le retour de la croyance. Comment reconnaître à Jésus-ChrUt une divinité que les premiers chrétiens n'admirent pas ? Comment croire à la résurrection de Jésus dont ces mêmes chrétiens ne surent rien ? Il n'est pas douteux qu'il faille entendre les choses comme les premiers chrétiens les ont entendues.
— Vous me permettrez, Monsieur Loëtmol, de ne pomt tenir encore pour acquis à l'histoire des faits
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jsquels la critique discute toujours. Variables du sont les règles de la critique, celles-ci valent ce vaut le jugement de celui qui les applique, it à l'histoire, souffrez que j'ose vous le rappeler, d'un chez nous ne la voit pas encore dansl'Evank titre d'histoire proprement dite, mais plutôt ne un cadre dans lequel se dÉveloppe, du com- ^eInent à la fin, un enseignement moral et relii. Je n'éprouve, d'ailleurs, aucune peine à recon- « que les preuves traditionnelles de la divinité hrist : vérité des prophéties, grand nombre des des, diffusion rapide du christianisme, témoie des martyrs, seraient actuellement sans effet le raffermissement de votre foi. Mais la croe est une œuvre de la volonté et du cœur autant ie l'intelligence. Qu'importe, au fond, l'élément lectuel ou moral qui la détermine, si le résultat nu est le même. Les philosophes de l'antiquité recommandent de chercher la vérité « avec une bien préparée, soigneusement purifiée»; c'est 1 dire, et Dieu me garde de vous donner des con- Laissez-moi toutefois vous inviter à vivre ne Jésus pour l'aimer. Et le jour où vous aimelésus, l'heure du réveil religieux sera proche, entendrez le Verbe qui répondra à toutes vos tions, le Verbe qui sera la formule adéquate de î pensée entière. Et sur l'autel élevé dans votre r au Père qui est aux cieux, il y aura, je l'espère, place pour le Fils qui souffrit de nos douleurs