ACTE BEUXIÊME
XANET
Femme, plus je travaille, et plus je suis dispos. C'est ma santé.
THÉRÈSE
Vraiment! Et la chemise blanche, Hein! Et l'elbeuf de ta culotte du dimanche! C'est aussi leur santé, donc, de loger du foin! Tu crois que ça leur plaît, dis, monsieur le sans-soin?
Allons, la mère, allons, madame la chipotte! Je soulageais les gas.
(Il enfourche et jette daris la grange la dernière botte de foin.)
Tiens ! la dernière botte !
(S'approchant et montrant à Thérèse sa chemise, puis sa culotte.)
Et tu peux reluquer : mon linge et mon elbeuf, Rien de gâté ! Je suis propre comme un sou neuf.
THÉRÈSE
Oui, parlons-en!
(Désignant le vêtement que Xanet a mis ba» tout à l'heure, sur r«ug« éa puits, et qui est tombé.)
Et ça, là, par terre, qui traîne?
NANET
Embrasse-moi donc, va! Tu feras mieux.
(Lui tendant la joue.)
L'étrenne De ma barbe!
JOUVE NETTE, reparaissant au seuil .
Pardon ! je l'ai prise, papa.
NANET, à Thérèse.
Eh bien! prends le restant pour ton meà culpâ.
(Thérèse l'embrasse.)
JOUVENETTE
Vous savez que la soupe est prête.
NANET
Bonne affaire V
PAULIN
Oui. J'ai faim.
(H se dirige vers la maison.)
LUCAS, même jeu.
Et moi, donc!'
(Tous deux entrent dans la maison.) NANET, allant ranger les fourches dans la grange.
Je crois qu'on va lui faire- Un sort, à ta soupe.
THÉRÈSE, à Nanot.
Eh! monsieur range-dernier, Viens-tu ?
(Jouvenette lui a montré lo panier de Nanet, et Thérèse en soulève le couvercle. ) ' NANET, accourant.
Hé! là! Hé! là! N'ouvre point mou panier. J'ai des choses...
Fais voir, dis.
THÉRÈSE, tenant le panier, qu'il veut prendre.
Oui.
NANET
Non, fichtre. Donne !î
(U le lui arrache des mains et le tient clos.)