SCENE IV AGÉXOn, TRUGUELI.N
(Ils sont vêtus en bergers, avec de grandes limousines. — Agénor paraît le premier, à la grand'porte, où il arrive en se tournant et appelant Truguelin restéenco--e invisible.)
Pst! Par ici, s'il vous plaît.
C'est bien dans cette cour, où je suis, qu'on parlait.
TRUGUELIN, accabié de sommeil et qui bâille en parlant.
Croyez-vous, .\génor?
AGÉ.NOR
J'en réponds, Excellence.
TRUGUELIN
Chut!
AGÉNOR
Oui, c'est vrai, pardon. Chut! Mystère et silence! L'incognito! D'ailleurs, c'est bien le diable si, Déguisés par Dibus, et tels que nous voici, On nous reconnaît ! Puis, pour que l'on nous soupçonne,. Il faut un soupçonneur au moins, et, plus personne! Les gens qui parlaient là, tout à l'heure, en allés! Peut-être ces pays sont-ils ensorcelés?
En somme, le Bibus m'a tout l'air d'un vieux drôle,
Et qui, j'y réfléchis, nous fait jouer un rôle Singulier, bien peu digne et de vous et de moi,
TRUGUELIN, bâillant.
Ah!
AGÉNOR
Car il nous envoie en avant, seuls, pourquoi? Pour sonder, pour pousser une reconnaissance Touchant l'opinion qu'on a de son absence. Soit! Or, puisqu'on ne voit...
TRUGUELIN
Assez ! J'ai trop sommeil.
AGÉNOR
Personne.
TRUGUELIN, tombant par terre, accablé.
Ah!... dormir!...
AGÉNOR, montrant la charrette.
Mais, à l'abri du soleil.
Fourrez-vous là-dessous. Je monterai la garde...
TRUGUELIN, se fourrant sous la charrette.
Croyez-vous, Agénor?
AGÉNOR
Je crois.
TRUGUELIN
Nul ne regarde?
AGÉNOR
Nul. Cachez-vous, d'ailleurs, dans ce second manteau.
(Il ôte sa limousine et lui en couvre la tête.)