SCÈNE VI
AGÉNOR, TRUGUELlNendormL
AGÉNOR, d'un air navré.
Je ne pourrai jamais.
(Il s'aperçoit qu'elle a disparu de nouveau.)
Eh bien! elle est partie, encor! Pays de rêve, Décidément!
(En reculant, il tombe le derrière dans l'auge du puils.)
Mais quoi! Suis-je bête! Je crève De soif. Voici le puits, dont l'eau me tend les bras. Merci, fraîche oasis au sein des Saharas ! Enfin, je vais donc boire!
(U se met à tirer de l'eau.) TRUGUELIN, s'agitant sous le manteau et appelant d'une voix sourde.
Agénor !
ÀGÉNOR, lâchant la corde du puils et reculant effrayé.
On m'appelle!
Peut-être est-ce l'esprit du puits qui m'interpelle.
TRUGUELIN, à voix aiguë, toujours empêtré dans le manteau.
Agénor!
AGÉNOR
Bon ! De basse il se change en ténor. Il se fâche! Ah ! tant pis! J'ai trop soif.
(Après une nouvelle hésitation, il se remet à tirer de l'eau.)
TRUGUELIN, de plus en plus emberlificoté dans le manteau et d'une voix suppliante.
AGÉNOR, devant le seau tiré, posé sur la margelle du puits.
De l'eau!...
(Il boit à même le seau, comme un cheval.)
Hum! que c'est bon!
(H reboit.)
Suave !
(Il reboil.)
Quel délice!
(n reboit.)