SCÈNE VII Les Mêmes, BIBUS, LE PRINCE
Par la grand'porte arrivent Bibus et le prince, celui-ci vêtu en jeune paysan.) BIBUS
Tenez, les voyez-vous?
Ils sont là. Mais que diable y font-ils, les vieux fous?
(Montrant successivement Truguelin et Agénor.)
Celui-là s'embarbouille, et lui se débarbouille. L'un a l'air de Jocrisse et l'autre de Gribouille. Hein! Que faites-vous'>
AGÉNOR
Moi, je m'emplis de cette eau.
TRUGUELIN
Moi, je m'éveille.
AGENOR
Mais toujours incognito.
N'ayez pas peur, Bibus, j'étais en sentinelle.
BIBUS Buvant?
AGÉNOR
Je ne buvais rien que d'une prunelle.
TRUGUELIN
Où suis-je?
LE PRINCE
Où sommes-nous, oui?
BIBUS
Ça crève les yeux.
Une ferme ! El le bout du voyage.
LE PRINCE, s'asseyant sur la margelle.
Ah! tant mieux!
BIBUS
Bon! La route vous a paru longue!
LE PRINCE
Non, brève, Plutôt. Il me semblait cheminer dans un rêve. Je voyais du nouveau surgir à chaque pas. Vous me parliez gaîment. Je ne m'ennuyais pas. Votre âme est curieuse et la nature est belle. Mais mon corps aux efforts physiques se rebelle. Je me sens les pieds lourds, les reins faibles. J'ai mal A la tête. Cet air des champs trop aromal, Cet excès de couleur, d'espace et de lumière, Dont ma délicatesse est si peu coutumière, Tout cela, mon ami, me lasse étrangement.