ACTE DEUXIÈME
BIBUS, à part.
La brisque et l'as! Heureux au jeu, pas en amour, Je t'en réponds.
(Jonvenette est sortie et Thérèse lui montre Bibus.) JOUVEN'ETTE
Bonjour, Bibus 1
BIBUS
Bonjour, la belle!
Toujours ces fins cheveux couleur de mirabelle, Et ces yeux, qu'on dirait deux étoiles en fleur!
JODVENETTE
Et vous, père Bibus, toujours vieux cajoleur!
BIBUS
Point! La vérité pure, ou le diable m'emporte!
(A Thérèse.)
Regardez! Est-ce frais! Rose!
Si je me porte Comme un charme, c'est bien à vous que je le dois.
BIBUS, avec un geste de dénégation.
Bouh! bouh!
. THÉRÈSK
Mais si !
JOUVENETTE
J'étais, n'est-ce pas, à deux doigts De la mort! Tu me l'as, dans ma convalescence, .\ssezdit!
THÉRÈSE
Jamais trop pour ma reconnaissance.
Ah!
JOUVENETTE, triomphante, à Bibus.
BIBUS
Vous exagérez! Je n'en ai pas fait tant!
THERESE, s'attendrissant au fur et à mesure qu'elle parle, et, à la fin, éclatant en sanglots.
Peut-on parler ainsi I Quand j'y pense, pourtant!
Dire que j'ai failli la perdre, elle, si rose,
Si fraîche, à quinze ans! Ah! c'est une dure chose.
Allez, Bibus, auprès d'une enfant de quinze ans
De prier comme on fait pour les agonisants,
Et de la voir qui va passer, là, tout à l'heure...
JOUVENETTE, sanglotant aussi et l'embrassant.
Oh! maman!
Mais, bon Dieu, c'est-ilpour qu'on en pleure. Puisque la voilà drue, et gaillarde et d'aplomb.
THÉRÈSE
Grâce à vous!
JOUVENETTE
A vous seul!
BIBUS
Je n'en sais pas si long!
Va, rends grâce surtout à ta mère chérie.