‹ Vers la joie; conte bleu, en cinq actes, en versChapitre 46 sur 107 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

BIBUS, à part.

La brisque et l'as! Heureux au jeu, pas en amour, Je t'en réponds.

(Jonvenette est sortie et Thérèse lui montre Bibus.) JOUVEN'ETTE

Bonjour, Bibus 1

BIBUS

Bonjour, la belle!

Toujours ces fins cheveux couleur de mirabelle, Et ces yeux, qu'on dirait deux étoiles en fleur!

JODVENETTE

Et vous, père Bibus, toujours vieux cajoleur!

BIBUS

Point! La vérité pure, ou le diable m'emporte!

(A Thérèse.)

Regardez! Est-ce frais! Rose!

Si je me porte Comme un charme, c'est bien à vous que je le dois.

BIBUS, avec un geste de dénégation.

Bouh! bouh!

. THÉRÈSK

Mais si !

JOUVENETTE

J'étais, n'est-ce pas, à deux doigts De la mort! Tu me l'as, dans ma convalescence, .\ssezdit!

THÉRÈSE

Jamais trop pour ma reconnaissance.

Ah!

JOUVENETTE, triomphante, à Bibus.

BIBUS

Vous exagérez! Je n'en ai pas fait tant!

THERESE, s'attendrissant au fur et à mesure qu'elle parle, et, à la fin, éclatant en sanglots.

Peut-on parler ainsi I Quand j'y pense, pourtant!

Dire que j'ai failli la perdre, elle, si rose,

Si fraîche, à quinze ans! Ah! c'est une dure chose.

Allez, Bibus, auprès d'une enfant de quinze ans

De prier comme on fait pour les agonisants,

Et de la voir qui va passer, là, tout à l'heure...

JOUVENETTE, sanglotant aussi et l'embrassant.

Oh! maman!

Mais, bon Dieu, c'est-ilpour qu'on en pleure. Puisque la voilà drue, et gaillarde et d'aplomb.

THÉRÈSE

Grâce à vous!

JOUVENETTE

A vous seul!

BIBUS

Je n'en sais pas si long!

Va, rends grâce surtout à ta mère chérie.

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